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La Reine Charlotte : Un chapitre Bridgerton
#102 : Quelle lune de miel !

Queen Charlotte : A Bridgerton Story épisode 102

Délaissée, et contrariée par les premiers jours de son mariage au mystérieux et imprévisible roi, Charlotte trouve en Lady Agatha Danbury une confidente et une conseillère.

Popularité


4 - 11 votes

Titre VO
Honeymoon Bliss

Titre VF
Quelle lune de miel !

Première diffusion
04.05.2023

Première diffusion en France
04.05.2023

Photos promo

Lady Danbury (Adjoa Andoh)

Lady Danbury (Adjoa Andoh)

La reine Charlotte (India Amarteifio) est toujours suivie par Brimsley (Sam Clemmett)

La reine Charlotte (India Amarteifio) est toujours suivie par Brimsley (Sam Clemmett)

Brimsley (Sam Clemmett) et Reynolds (Freddie Dennis) fidèles à leur poste.

Brimsley (Sam Clemmett) et Reynolds (Freddie Dennis) fidèles à leur poste.

Lady Danbury (Adjoa Andoh) et Violet Bridgerton (Ruth Gemmell) prennent le thé avec la Reine Charlotte (Golda Rosheuvel)

Lady Danbury (Adjoa Andoh) et Violet Bridgerton (Ruth Gemmell) prennent le thé avec la Reine Charlotte (Golda Rosheuvel)

La jeune reine Charlotte (India Amarteifio) n'est pas franchement ravie de la situation.

La jeune reine Charlotte (India Amarteifio) n'est pas franchement ravie de la situation.

La princesse douairière Augusta (Michelle Fairley) veut être au courant de tout.

La princesse douairière Augusta (Michelle Fairley) veut être au courant de tout.

Le roi George (Corey Mylchreest) est-il prêt à partager sa passion pour l'astronomie ?

Le roi George (Corey Mylchreest) est-il prêt à partager sa passion pour l'astronomie ?

Petit rapprochement entre le roi George (Corey Mylchreest) et la reine Charlotte (India Amarteifio).

Petit rapprochement entre le roi George (Corey Mylchreest) et la reine Charlotte (India Amarteifio).

Lady Agatha Danbury (Arsema Thomas) et la reine Charlotte (India Amarteifio) se font des confidences.

Lady Agatha Danbury (Arsema Thomas) et la reine Charlotte (India Amarteifio) se font des confidences.

Charlotte déjeune seule à table dans la grande salle à manger.

Charlotte déjeune seule à table dans la grande salle à manger.

Plus de détails

Ecrit par : Shonda Rhimes
Réalisé par : Tom Verica


Musiques : Kris Bowers
Costumes : Lyn-Elizabeth Paolo
Coiffure et maquillage : Nic Collins
Chorégraphe : Sean "Jack" Murphy
India Amarteifio … Reine Charlotte jeune
Adjoa Andoh … Lady Danbury
Michelle Fairley … Princesse Augusta
Ruth Gemmell … Lady Violet Bridgerton
Corey Mylchreest … George III jeune
Golda Rosheuvel … Reine Charlotte
Arsema Thomas … Lady Danbury jeune
Sam Clemmett … Brimsley jeune
Freddie Dennis … Reynolds
Hugh Sachs … Brimsley

Julie Andrews … Voix de Lady Whistledown
Cyril Nri … Lord Danbury
Peyvand Sadeghian … Coral
Joshua Riley … Prince Adolphus
Jack Michael Stacey … Prince Edward
Seamus Dillane … Prince William
Ben Cura … Prince Augustus
Harvey Almond … Prince Ernest
Felix Brunger … Prince Frederick
Neil Edmond … Comte Harcourt
Richard Cunningham … Lord Bute

2.01 - Le bonheur de la lune de miel 

-- 1761 --

Palais de Buckingham

Le lendemain matin de son mariage, Charlotte repousse ses couvertures, se lève d’un air décidé et tire le cordon de la sonnette. Comme s’il n’attendait que ce signal, Brimsley entre, suivi d’une armée de femmes de chambre. Charlotte les regarde s’activer. Les lourdes tentures des fenêtres tirées, Charlotte lève les bras, elle est promptement déshabillée puis rhabillée, la chemise, le corset lacé serré, les cerceaux, la lourde robe de chambre, puis assise devant sa coiffeuse, l’une des femmes de chambre chargée de sa coiffure élabore un élégant chignon. Charlotte se sourit dans son miroir.

Plus tard, sa toilette terminée, Charlotte déambule dans les couloirs de son palais, toujours suivie de son fidèle Brimsley. Elle lui demande le programme de sa journée, imaginant déjà le plaisir d’un concert ou d’un opéra et même quitter le palais pour une visite aux bonnes œuvres. Brimsley la déçoit en signalant qu’il n’y a rien sur son carnet de rendez vous et lui rappelle qu’elle est en lune de miel.

Brimsley rappelle à Charlotte qu'elle est encore en lune de miel et ne peut encore pas recevoir ses dames d'honneur

Palais Saint James

Le Conseil est réuni dans le salon de la Princesse Augusta. Lord Bute indique que la Chambre des Lords a donné le nom de Grande Expérimentation à l’attribution de titres de noblesse à des personnes comme leur nouvelle reine. Il est inquiet à cause de rumeurs mais il est capital que ce soit un succès. Augusta se montre certaine que ce le sera et veut le faire acquiescer mais il relance le débat en demandant plus de renseignements sur « le sujet ». Le Comte Harcourt trouve le jeune couple assorti. Augusta s’écrie qu’étant le roi, George sera toujours le meilleur choix. C’est son épouse qui a de la chance. Lord Bute approuve, aucun doute la dessus. Augusta sait où Lord Bute veut en venir mais souhaite savoir sur quoi porte le doute. Lord Bute ne peut en parler devant une femme, Augusta propose de clore le débat, Lord Bute ne s’avoue pas vaincu et elle fait comme si elle continuait une conversation en parlant de la modernité des usages maintenant. De son temps, au moins sept personnes ont assisté à sa nuit de noces pour témoigner de l’acte conjugal et s’assurer que le nécessaire avait été effectué pour engendrer George. Aujourd’hui, l’usage est d’accorder au couple l’intimité nécessaire. Mais il s’agit du roi qui est absolument parfait, même s’il est parfois … elle ne termine pas la phrase mais attend leur approbation. Lord Bute et le Comte Harcourt sont absolument d’accord. Lord Bute ajoute que si les actes à accomplir au cours d’une nuit de noces ne l’ont pas été, cela pourrait nuire à la Grande Expérimentation. Il s’assure qu’Augusta a bien compris l’importance qu’il n’y ait pas le moindre doute. Augusta et le Comte Harcourt confirment qu’il n’y aura absolument aucun doute. Satisfait, Lord Bute se retire en souhaitant une longue vie à la Grande Expérimentation. Dès qu’il est sorti, Augusta, paniquée, demande aux conseillers s’il a bien fait son devoir.

Palais de Buckingham

Charlotte prend son déjeuner sur une très longue table. Elle est seule, Brimsley derrière elle, entourée de sa gouvernante et six valets, attentifs au moindre de ses souhaits avant même qu’ils ne soient formulés. Elle regarde le fauteuil vide, placé face à elle à l’autre bout de la table.

Seule dans son salon, avec pour toute compagnie un Brimsley silencieux, l’après-midi se termine dans sa chambre où elle est dévêtue et préparée pour la soirée. Les mêmes gestes dans l’ordre inverse. Elle est ensuite rhabillée avec une nouvelle toilette, une nouvelle coiffure, de nouvelles parures et de nouvelles chaussures. Elle se dirige vers la salle à manger, s’amuse à tester Brimsley, elle s’arrête, repart, un pas à gauche, un pas à droite, Brimsley suit ses pas, imperturbable. Un repas fastueux a été servi sur la même table, en face, le même fauteuil vide, les mêmes valets à qui elle sourit et qui lui sourient. La même gouvernante la suit dans sa chambre pour la préparer pour la nuit avec les mêmes femmes de chambre, les mêmes gestes. Elle se retrouve seule dans son grand lit avec le même ciel de lit. Tout recommence le lendemain matin.

Charlotte, entourée de ses femmes de chambre, se sourit dans le miroir

Elle se rend dans la bibliothèque, elle veut saisir un livre mais un claquement des mains de Brimsley l’arrête, un valet monte sur un escabeau, prend le livre qu’il tend à un second valet qui présente le livre à Charlotte. Le soir, dans un silence complet, Charlotte prend son repas en feuilletant le livre. En se rendant à sa chambre, elle essaie de distancer Brimsley en courant, ce dernier ne la lâche pas.

Après avoir été préparée pour la nuit, seule dans sa chambre, elle se jette sur son lit et crie de désespoir.

-- 1814 --

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La patience n’est pas toujours une vertu. Le passage du temps n’apporte pas toujours des bienfaits et peut être que tout ne vient pas à point à qui sait attendre. Néanmoins certaines joies bien spécifiques valent vraiment l’attente qu’elles nécessitent.        
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La voiture de Lady Danbury s’arrête devant l’ancienne maison qu’elle occupait avec son mari, avant la Grande Expérimentation.

Violet Bridgerton, assise sur le sol de son salon, s’amuse avec les deux jeunes enfants de Daphné et Simon Basset.

Palais de Buckingham

Son petit chien sur les genoux, Charlotte a réuni ses fils dans son salon. Derrière elle, Brimsley ne peut s’empêcher de regarder les princes avec désapprobation. Le prince William voudrait présenter à sa mère sa maitresse dont il a déjà plusieurs enfants. Il est soutenu par ses frères, les princes Adolphus et Augustus, le prince Frederick est marié et se vante de n’avoir plus vu sa femme depuis une vingtaine d’années. Charlotte ne comprend pas qu’aucun de ses fils n’ait noué une relation respectable et durable. Le prince Edward fait valoir qu’il est trop tard, leurs sœurs ont passé l’âge d’avoir des enfants, quant à eux ils ont fait de leur mieux. Charlotte se fâche, leur père et elle ont donné à la Grande Bretagne une grande et belle lignée. Pas question qu’elle s’éteigne, leur dynastie doit prospérer et elle leur intime l’ordre de faire le nécessaire.

Charlotte convoque ses enfants pour leur reprocher de n'avoir donné aucun héritier à la couronne.

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On peut se demander, alors que l’Angleterre cherche à savoir lequel des enfants du roi George est susceptible de donner un héritier à la couronne, si la patience est une vertu ou un fardeau pour notre chère reine Charlotte         .
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-- 1761 --

Charlotte demande à Brimsley de faire préparer le carrosse, ils vont voir son époux. Dans la soirée, sous bonne escorte, le carrosse quitte le palais. A son arrivée à Kew, Les domestiques s’empressent sur le perron pour accueillir leur reine. Reynolds arrive en courant et prend sa position. Elle demande où est le roi, Reynolds désigne l’observatoire, Charlotte arrête Brimsley d’un geste de la main puis se dirige vers le bâtiment. Reynolds propose à Brimsley de rentrer se réchauffer le temps de savoir ce qu’il va se passer. Reynolds l’emmène dans sa chambre, où ils vont pouvoir passer un moment intime. Tout en se déshabillant et en s’embrassant, Brimsley essaie de savoir si le roi a un problème ou une difformité qui l’a empêché de consommer le mariage. Reynolds veut protéger son roi, Brimsley veut le bonheur de sa reine, qu'il trouve d’une grande beauté. Le Palais demande un compte rendu, ils ont un problème.

Charlotte entre dans la rotonde, un énorme télescope est placé au centre, un lit d’appoint, une table et un bureau complètent l’ameublement. George l’accueille aimablement et commence à lui présenter son observatoire, le seul de cette qualité dans toute l’Angleterre. Étonnée, elle réalise qu’il a passé tout son temps à regarder les étoiles, depuis leur mariage. Il voudrait lui expliquer ses travaux, elle ne l’écoute pas et lui demande quelle est sa faute, ou l’erreur qu’elle a commise, et ce qui l’importune chez elle. George se récrie qu’il n’y a rien de cela. Elle ne le laisse pas parler, tant elle est excédée par son absence. Il l’écoute patiemment pendant qu’elle lui confie qu’elle se sent confinée dans une demeure oppressante, changée trois fois par jour comme une poupée. Elle n’a personne à qui parler et strictement rien à faire. Elle se retrouve à dix sept ans dans un pays étranger et ne peut se faire des amis, une réserve étant imposée à la reine. Elle ne connait que lui, elle est complètement seule et il la délaisse pour contempler le ciel. Submergé par ce flot de reproches, George répond qu’il ne veut pas se battre avec elle, ce qu’elle veut, c’est se battre avec lui. Elle veut qu’il se batte avec elle, pour elle. Excédé, George lui ordonne de rentrer chez elle. Déçue et blessée, elle fait une révérence et se dirige vers son carrosse. Brimsley et Reynolds se précipitent hors de la dépendance, tout en rajustant leurs vêtements. Ils comprennent que le tête à tête s’est mal passé et se font un signe de tête, impuissants. Le cortège repart vers Buckingham.

Palais Saint James

Le lendemain, Reynolds et Brimsley sont convoqués chez la princesse Augusta et interrogés sur les relations du couple royal. Tous deux essaient de rester évasif, ils répondent qu’ils affichent une certaine satisfaction et un certain contentement. Impatiente, Augusta va droit au cœur du problème et parle du devoir conjugal. Gênés, ils se regardent, Lord Bute énonce que la princesse souhaite avoir la confirmation que le mariage a bien été consommé, le Comte Harcourt précise qu’il s’agit de savoir s’il a été consommé sexuellement, pour le bien de la nation, naturellement. Reynolds, relancé par Lord Bute, finit par répondre affirmativement. Augusta est heureuse de constater que cette lune de miel est un succès et se plait à imaginer qu’un bébé pourrait bien être en route dans les prochaines semaines.

La princesse Augusta a convoqué Reynolds et Brimsley pour savoir si le mariage a été consommé.

Maison Danbury

Lady Danbury tempête après son époux, qui lui, multiplie les occasions à toute heure du jour et de la nuit pour remplir son devoir conjugal. Grâce à son titre et en tant que membre de l’aristocratie, il a le droit de fréquenter le fameux club pour gentlemen, le White à Mayfair, mais en s’y rendant pour la première fois, il s’est vu refuser l’entrée et il a décidé de se joindre à la chasse le lendemain matin. Coral prévoit de laisser des braises pour maintenir l’eau de son bain au chaud au cas où Lord Danbury serait refoulé de la chasse et voudrait entrainer Lady Danbury dans son lit.

Palais de Buckingham

Brimsley, peiné de voir sa reine dépressive, donne rendez vous à Reynolds dans les jardins pour qu’il pousse le roi à agir et lui rappelle qu’il a fait croire à la princesse Augusta que le mariage était consommé. Il faudrait que le roi fasse un geste. Reynolds promet qu’il va lui suggérer de faire un geste envers Charlotte.

Plus tard, Charlotte se promène dans l’orangerie. Elle tend la main pour cueillir une orange, Brimsley fait un geste, un valet la cueille et la tend à un second valet qui la met sur une assiette et la présente à Charlotte. Brimsley ordonne de l’apporter en cuisine pour le repas de la reine. Charlotte lui fait remarquer qu’elle aurait pu la cueillir elle-même. Il acquiesce. Charlotte tend la main pour cueillir une seconde orange, le même scénario se déroule.

Un laquais cueille une orange pour Charlotte

Un troisième valet vient parler à l’oreille de Brimsley qui informe la reine que le roi lui envoie un cadeau, déposé dans l’entrée, accompagné d’une lettre qu’il lui donne. Elle l’ouvre et découvre un mot du roi : « Je ne veux pas que vous vous sentiez seule. George ». Charlotte sourit et accourt dans l’entrée. Un valet porte un panier contenant un petit chien. Charlotte ne connait pas de race de petit chien, quand Brimsley l’informe que c’en est un, elle refuse d’y croire, un chien est plus grand et plus digne, comme un berger ou un danois. Ce qu’elle voit est un lapin difforme. Elle rend la lettre à Brimsley et s’en va sans s’intéresser au petit chien. Déçu, Brimsley récupère le panier et se précipite à sa poursuite.

Le soir au diner, le panier et le petit chien sont posés sur la table, devant le fauteuil vide. Charlotte le fixe puis sans terminer son repas, elle se lève et regagne ses appartements. Brimsley la suit avec le petit chien en laisse. Charlotte marche vite, d’un pas nerveux, faisant flotter sa robe. Le petit chien veut jouer avec le tissu qui danse et aboie. Brimsley le prend dans ses bras. Charlotte fait volteface et exige de rencontrer ses dames d’honneur le lendemain matin. Brimsley lui rappelle qu’elle est en lune de miel, elle ne peut pas voir ses dames d’honneur. Agacée, elle considère qu’elle le peut et le fera, son majordome n’a pas à lui dire ce qu’elle doit faire. Brimsley ne se permettrait jamais de lui dire ce qu’elle doit faire, néanmoins il lui indiquera toujours comment faire au mieux ce qui lui est interdit. Radoucie, Charlotte envisage, en se montrant discrète, de rencontrer Lady Danbury avec les conseils de Brimsley.

Le lendemain, Lady Danbury se rend au Palais de Buckingham. Elle est reçue par le reine qui lui offre de prendre le thé avec elle. Un peu gênées, elles cherchent des sujets de conversation. Charlotte demande si le thé est à la convenance de son invitée et Lady Danbury la complimente pour son chien. Charlotte la reprend, ce n’est qu’un lapin difforme. Agatha demande si la reine reçoit individuellement ses dames d’honneur, Charlotte avoue qu’étant en lune de miel, Brimsley lui a conseillé de recevoir la plus discrète. Un regard de Brimsley la rappelle à l’ordre et elle se hâte d’ajouter que sa lune de miel est somptueuse, un véritable enchantement. Son époux est charmant et vient de lui offrir ce magnifique lapin géant. Agatha sollicite la permission de parler sans détour, Charlotte cherche l’approbation de Brimsley qui répond d’un discret signe de tête et fait sortir tous les valets et la musicienne qui jouait de la harpe. Brimsley signale avant de sortir qu’il se tiendra à cinq pas de la porte. Charlotte la prie de parler sans détour, personne ne le fait dans son entourage. Agatha commence par lui conseiller, car elle ment terriblement mal, de ne pas recommencer devant la haute société, ce qui déclencherait un scandale. Elle parle de sa propre expérience, elle ignorait tout de ce qui l’attendait lors de sa nuit de noces. Vieux et impatient, son époux l’a rendue terrifiante et éprouvante. Devant l’air innocent de Charlotte, Agatha soupçonne qu’il n’y a pas eu de nuit de noces. Charlotte peut enfin se décharger de son animosité contre son époux qui s’est montré discourtois et égoïste. Il n’a songé qu’à déguerpir pour aller vivre à Kew alors qu’elle est confinée sans personne à qui parler. Cette bête lui a été offerte comme si cela suffisait à réparer les choses. Agatha précise qu’elle faisait allusion à la consommation du mariage car s’il n’a pas été consommé, Charlotte n’est pas véritablement mariée et sa position est en danger tout autant que la Grande Expérimentation. Agatha saisit que Charlotte ne connait pas le sens de consommer ou honorer le devoir conjugal. Elle décide de rappeler Brimsley pour obtenir du papier et des fusains.

Quelques temps plus tard, après un cours d’éducation sexuelle appuyé de dessins dignes du Kamasutra, et de nombreuses questions de Charlotte, Agatha avoue que le devoir conjugal lui parait parfois durer une éternité alors qu’elle associe la chose à une corvée. Agatha veut lui faire comprendre que l’acte est important pour conforter sa position. Il n’y a pas très longtemps, la Grande Bretagne décapitait les reines qui ne pouvaient pas avoir d’enfant. Charlotte l’entend, mais cette situation n’est pas de son fait, George montre qu’il ne veut pas d’elle. C’est peut être une bonne chose qu’elle ne soit pas mariée, ils pourraient oublier cette histoire et elle retournerait chez elle. Agatha change de conversation et lui apprend que son lapin difforme est un chien, d’une espèce très rare, un poméranien de pure race. Charlotte regarde Brimsley, qui tient le chien dans les bras, en le caressant. Il a assisté à leur conversation, tantôt un peu gêné, tantôt inquiet et surtout peiné pour Charlotte.

Maison Danbury

En rentrant chez elle, Agatha est entrainée par son mari dans leur chambre. Devant sa fugue, elle est obligée de se tenir pour éviter que sa tête cogne sur la têtière du lit. En retrouvant sa femme de chambre et amie Coral dans son cabinet de toilette où son bain est déjà prêt, Agatha lui confirme que son époux n’a pas été accepté à la chasse qu’il convoitait.

-- 1814 --

Palais de Buckingham

Charlotte a invité Lady Danbury pour le thé, elle a également invité Violet, souhaitant faire appel à une experte qui a marié deux de ses enfants en deux ans. Elle souhaite connaître son secret. Pour Violet, l’amour est la clé de nombreux problèmes. Charlotte avoue que tous ses fils sont amoureux, cependant ils sont amoureux de catholiques, de comédiennes, de femmes déjà mariées et de belles roturières. L’amour n’est pas le problème et l’amour a donné plus de cinquante enfants illégitimes à la couronne. Violet appelle Lady Danbury à son secours, cette dernière ne pourra pas aider, ses quatre enfants sont partis vivre sur un autre continent, de plus pour elle le mariage est un devoir et non un plaisir. Violet n’est pas d’accord, le mariage peut être un tel plaisir, il apporte tant de choses, un compagnon, une famille ou des traditions, de l’affection. Si les jeunes gens prennent le temps de se connaître, il arrive bien souvent que l’amour naisse après le mariage. Violet emploie sa métaphore préférée, l’amour peut fleurir et s’épanouir dans un jardin en friche. Charlotte n’apprécie pas sa métaphore florale et décide de leur trouver elle-même des épouses, ils se préoccuperont de l’amour après la naissance des enfants. Se tournant vers Brimsley elle demande qu’une liste des jeunes filles des couronnes d’Europe aptes à se marier lui soit fournie.

-- 1761 --

Palais de Buckingham

Au pied du lit, le petit chien pleure dans son panier Agacée, Charlotte se lève et le pose sur le lit à côté d’elle. Le petit chien calmé, ils s’endorment tous les deux.

Le lendemain, Brimsley promène le petit chien en rejoignant Reynolds à qui il a donné rendez-vous dans le parc. Reynolds est impatient, le roi ne va pas tarder à se lever. Brimsley est en retard parce que Reynolds a choisi un cadeau court sur pattes. Reynolds lui reproche d’avoir autorisé une visite à la reine pendant sa lune de miel, tout le Palais sait déjà que Lady Danbury a été reçue. Sans répondre, Brimsley le met en demeure de l’informer de quoi souffre son roi, quel mal l’empêche-t’il d’approcher sa reine. Avant de s’en aller, sur un regard de défi, Reynolds lui conseille de bien se concentrer sur ses affaires.

Maison Danbury

Lord Danbury ne décolère pas. Pourquoi la princesse douairière fait elle appeler son épouse alors que c’est sa famille qui avait une relation avec le défunt roi. Pour calmer son mari, Agatha vante ses mérites tout en s’apprêtant, convient même avec lui qu’elle n’est personne. C’est grâce à la grande réputation de son mari qu’elle a été appelée. Elle promet de tout lui raconter dès son retour.

Palais Saint James

C’est le Comte Harcourt qui la conduit chez la princesse Augusta. La princesse douairière ne lui offre pas de siège. C’est debout qu’Agatha doit l’affronter quand elle lui demande de restituer ses échanges avec la reine. Agatha énumère les sujets dont discutent deux dames autour d’un thé. Le Comte Harcourt remarque qu’elle n’est pas au courant. Augusta lui répond comme si Agatha n’était pas présente qu’elle l’est assurément. Puis elle lui demande à nouveau comment s’est déroulé ce thé en l’appelant ma fille. Tout bas mais suffisamment fort pour que la princesse l’entende, Agatha la reprend, elle s’appelle Lady Danbury. Agatha la fait répéter. Agatha, fièrement, donne son nom, Lady Agatha Danbury, en rappelant que c’est elle-même qui a eu l’amabilité de lui attribuer son titre. Comprenant qu’Agatha ne sera pas facilement coopérative, la princesse renvoie le Comte Harcourt pour aborder le sujet entre femmes.

Restées seules, la princesse dévoile ses intentions, elle a un besoin urgent de savoir ce qu’il se passe au palais de Buckingham et donc d’une oreille de confiance. L’arrogance de la princesse donne à Agatha le courage de lui rappeler qu’il est d’usage que l’attribution d’un titre de noblesse soit assortie d’une rente et de terres. Sans ces privilèges, un titre n’est qu’une coquille vide. Augusta pense qu’elle demande de l’argent. Devant cette humiliation, Agatha se redresse et fait remarquer à la princesse que son beau-père, le roi, connaissait la famille des Danbury parce que le père de Lord Danbury est roi et que la Sierra Leone est très riche. Les Danbury sont fortunés, davantage que la plupart des aristocrates. Ce qu’elle veut, c’est que son mari ne se voit plus refuser l’entrée du White ni une participation à la chasse, elle veut aller chez la meilleure modiste et avoir les meilleurs sièges à l’opéra. La princesse l’interrompt, ses demandes sont excessives et son but cupide, elle devrait faire preuve de gratitude. Devant ce nouvel affront, Agatha hausse le ton et s’approche de la princesse. Elle pense connaitre la raison de sa demande, elle veut montrer à Lord Bute qu’elle contrôle la situation, car si ce n’est pas le cas, la chambre des Lords demandera des comptes. La princesse veut être tenue informée de ce qui se passe à Buckingham, ils veulent faire valoir leurs droits d’aristocrates. La gratitude pourra être mutuelle. Agatha sourit, Augusta pince les lèvres.

la princesse reçoit Agatha Danbury pour avoir des informations sur le couple royal.

Palais de Buckingham

Après s’être laissé habiller, coiffer par ses femmes de chambre, Charlotte entre dans la salle à manger pour le repas du soir. Une surprise l’attend, George est assis au bout de la table, sur le fauteuil habituellement vide. Ils se saluent puis Georges sollicite l’autorisation de se joindre à elle pour le repas du soir. Choquée par sa désinvolture et ne trouvant pas ses mots, Charlotte préfère quitter la salle à manger. George la poursuit et l’appelle. Elle ne veut rien entendre, plutôt partir le plus loin possible de lui, là où il n’est pas. Il lui donne l’ordre de s’arrêter puis il lui parle doucement, il sait qu’elle n’a aucune raison de l’aimer ni de lui faire confiance, toutefois, il souhaite qu’elle lui accorde une chance. Il l’a épousée puis disparu dans son observatoire pour resurgir le soir même pour le diner. Si elle est prête à lui offrir ne serait-ce qu’une soirée, il voudrait lui montrer ce qui occupait ses pensées. Elle ne lui pardonnera peut être pas mais elle pourrait le détester moins.

Kew

Charlotte a suivi George dans son observatoire. L’œil collé à la lunette, elle observe Vénus, interloquée. Il lui apprend que cette planète fait l’objet de ses études. Vénus va emprunter une trajectoire particulière, assez rare, qui va permettre de prendre des mesures précises et ainsi connaitre la distance entre la Terre et le Soleil. Cela s’appelle le transit de Vénus qui offrira un spectacle magnifique. Sans quitter la lunette, Charlotte affirme qu’il l’est déjà, c’est somptueux. George regarde sa reine différemment. Il pense nécessaire de lui expliquer que dans ce monde où pouvoirs et attentions lui sont conférés, le ciel lui enseigne qu’il n’est qu’une poussière, un petit point dans l’univers et le rend humble. Or depuis sa naissance tout le monde s’affaire autour de lui, ce qui l’a rendu égoïste. Il ressent du remords d’avoir gâché la nuit de noces de Charlotte. Elle ne lui pardonne pas, elle sourit et ajoute pas encore. Encouragé, George lui propose de reprendre à zéro, elle accepte. George prend les mains de Charlotte dans les siennes, puis se penche et l’embrasse. Ils se sourient, Charlotte veut savoir s’il rentre à la maison, au palais de Buckingham. Heureux, il répond qu’il rentre à la maison.

 

 

 

Une voiture est chargée des affaires du roi, George monte dans son carrosse, avec Reynolds et Charlotte rejoint le sien, escortée de Brimsley. Le cortège se dirige vers Buckingham.

George et Charlotte marchent côte à côte dans le palais pour la première fois, comme Reynolds et Brimsley à leur suite. Charlotte s’étonne qu'ils se soient séparés pour le voyage, ce qu’ils n’avaient pas fait après leur mariage. George explique que des règles protègent la succession, juste après le mariage il n’y avait aucun risque qu’elle porte le prochain roi. Charlotte remarque qu’il n’y en a pas plus actuellement, George rit, ils n’en savent rien mais après cette nuit, cela se pourrait. Ils regagnent chacun leur chambre pour être préparés pour la nuit. Brimsley est heureux de voir sa reine sourire. Reynolds l’attend au garde à vous et lui ouvre la porte de la chambre du roi. George se lève et vient au-devant d’elle. Reynolds referme la porte et prend position près de Brimsley qui lui propose de se rafraichir après le voyage, ce que Reynolds accepte volontiers.

George la trouve éblouissante, Charlotte réalise que le choix de sa robe ne lui semble pas judicieux, elle comporte un millier de petits boutons. George la rassure, il est très adroit avec les boutons. Il prend son visage dans ses mains et l’embrasse tendrement, puis la déshabille. Il demande si elle sait ce qu’il se passe lors d’une nuit de noces. Charlotte répond qu’elle sait tout et a reçu des explications détaillées, toutefois elle n’est pas séduite par le moment où sa tête cogne le mur à plusieurs reprises. En l’embrassant, Georges promet qu’il fera tout pour éviter ce moment. Il la porte sur le lit et la prend délicatement, attentif à ses réactions. Pendant ce temps, Brimsley et Reynolds peuvent enfin profiter de leur côté d'une nuit à deux.

Suivi de Reynolds et Brimsley, le couple royal s'est réconcilié et vont enfin vivre leur nuit de noces.

Le lendemain, Charlotte se réveille dans le lit de George, seule. Le roi est déjà levé et n’a pas voulu la réveiller. Elle sonne pour qu’on vienne la préparer.

Maison Danbury

Au même moment, le carrosse des Danbury pénètre dans leur nouveau domaine. Les papiers de propriété en main, Lord Danbury n’en croit pas ses yeux devant leur nouvelle demeure. Persuadé que le roi reconnait l’homme qu’il est, sa valeur et son mérite, un nouveau monde voit le jour. Chaque homme est un homme, sans distinction de ses origines. Agatha sait qu’ils vivent le commencement d’une nouvelle ère et voudrait donner son point de vue, mais son mari lui demande de se taire, ce n’est qu’une femme. Clé en main, il s’approche de la porte, bien loin d'imaginer que c'est grâce à son épouse que le domaine leur a été attribué.

Palais de Buckingham

Le petit chien dans ses bras, Charlotte est heureuse et demande à Brimsley de retarder le petit déjeuner pour le prendre avec George. Brimsley signale que le roi a de la visite, des voix s’élèvent de l’un des salons. Charlotte tend le petit chien à Brimsley et s’approche de la porte restée ouverte. La princesse douairière rend visite à son fils. Elle le questionne sur son mariage, George répond que cela ne la regarde pas, c’est son mariage. Augusta ne dépose pas les armes, son mariage regarde le Palais, le Parlement britannique, la nation. Il ne doit pas être un échec. Elle doit savoir si son fils a convenablement honoré son épouse. George se lève, en colère. Il a fait de son mieux tout ce qu’on lui a demandé. Il s’est marié, il lui a été agréable, il lui a dissimulé son état, il l’a honorée, pour les besoins de la couronne. Jusqu’à son dernier souffle, pour le bonheur d’un grand peuple, il doit agir contrairement à ses passions. Il est l’image du devoir, la couronne est incrustée en lui, elle est en lui. Charlotte en a assez entendu, elle s’avance vers la salle à manger, inutile d’attendre le roi.

-- 1814 --

Palais de Buckingham

Assise à la table de la salle à manger, Charlotte regarde le fauteuil vide qui lui fait face, pensivement. Brimsley lui apporte la liste des jeunes filles à marier pour ses fils. Elle le remercie, un valet enlève la cloche qui dissimulait son petit déjeuner. Elle remarque tout haut qu’elle trouve charmante la préparation dans son assiette. Les valets et femmes de chambre, satisfaits, se regardent en souriant.

-- 1761 --

Palais de Buckingham

George est seul dans le salon, Reynolds entre et signale sa présence par une petite toux. Il confirme que la princesse douairière est partie, il l’a lui-même vérifié, et la reine prend son petit déjeuner dans la salle à manger. A ce moment, George vacille, il a un malaise et se rassoit dans son fauteuil. Reynolds se précipite vers lui et demande s’il doit appeler le médecin. George refuse puis accepte. Il s’inquiète pour Charlotte, Reynolds assure qu’elle n’en saura jamais rien puis se hâte d'aller faire appeler le médecin.

 

Rédigé par Mamynicky

 

Buckingham House - 1761

Le lendemain matin de son mariage, Charlotte repousse ses couvertures, se lève d’un air décidé et tire le cordon de la sonnette. Comme s’il n’attendait que ce signal, Brimsley entre, suivi d’une armée de femmes de chambre. Charlotte les regarde s’activer. Les lourdes tentures des fenêtres tirées, Charlotte lève les bras, elle est promptement déshabillée puis rhabillée, la chemise, le corset lacé serré, les cerceaux, la lourde robe de chambre, puis assise devant sa coiffeuse, l’une des femmes de chambre chargée de sa coiffure élabore un élégant chignon. Charlotte se sourit dans son miroir.

Plus tard, sa toilette terminée, Charlotte déambule dans les couloirs de son palais.

Charlotte : Brimsley !
Brimsley : Votre majesté ?
Charlotte : Qu’y a-t’il sur mon carnet de rendez-vous de la semaine ?
Brimsley : Votre carnet de rendez-vous, votre majesté ?
Charlotte : Il doit y avoir des visites aux bonnes œuvres, aux miséreux, aux orphelins ? Je vais devoir rencontrer mes dames d’honneur, c’est très important. Il y a tant à faire ici et là, je dois visiter les collections du musée et moi qui aime tant le théâtre et la musique, y a t’il des concerts, des opéras sur mon carnet de rendez-vous ?
Brimsley : Votre majesté, il n’y a rien sur votre carnet de rendez-vous.
Charlotte : Comment est-ce possible ? il n’y a rien sur mon carnet de rendez-vous ?
Brimsley : Non, votre majesté.
Charlotte : Brimsley, je suis la reine, j’ai donc des devoirs officiels n’est-ce pas ?
Brimsley : Certainement, votre majesté, de nombreux devoirs.
Charlotte : Alors comment se fait-il que le carnet de rendez-vous de la reine soit vide ?
Brimsley : Vous êtes sensée profiter de l’intimité des premiers jours du mariage, votre majesté.
Charlotte : Car c’est ma lune de miel…
Brimsley : Oui, votre majesté.

Le salon de la princesse Augusta

Lord Bute : Le Parlement appelle cela la grande expérimentation
Augusta : Ma foi, c’est une grande expérimentation que d’attribuer des titres de noblesse à des gens comme notre nouvelle reine.
Lord Bute : Le problème est que les langues s’agitent beaucoup. Il est capital que ce soit un succès.
Augusta : Ce le sera, voyons, Lord Bute ?
Lord Bute : Que savons-nous à ce sujet ?
Comte Harcourt : Ils sont bien assortis
Augusta : Cela va sans dire ! George est le roi, il sera toujours le meilleur choix pour quiconque. C’est elle qui a de la chance.
Lord Bute : Je vous l’accorde, il n’y a aucun doute la dessus
Augusta : Et sur quoi porte le doute ?
Lord Bute : La présence d’une femme m’interdit d’en parler
Augusta : Oh ! et bien alors, peut être pouvons-nous clore ce débat ?
Lord Bute : Dois je rapporter cela à la chambre des Lords ?
Augusta : Les usages sont d’une telle modernité aujourd’hui. De mon temps, pas moins de sept personnes étaient dans ma chambre ma nuit de noces pour témoigner de l’acte conjugal pour confirmer que le père de Georgie et moi-même avions fait le nécessaire pour engendrer Georgie. De nos jours l’usage est d’accorder au couple de l’intimité ce qui dans l’absolu est compréhensible, je suppose, car pour qu’un homme et une femme ait la possibilité de … mais il s’agit de Georgie ou plutôt du roi et nous savons que Georgie, le roi, est parfois … il est absolument parfait, nous sommes tous d’accord sur ce point
Lord Bute : Le roi est véritablement parfait
Comte Harcourt : C’est le plus robuste des rois
Augusta : La seule chose, c’est qu’il a sa façon de penser
Comte Harcourt : Une grande indépendance
Lord Bute : Un esprit d’une grande originalité. Mais, si les actes qu’il convient normalement d’accomplir pendant une nuit de noces ne l’ont pas été, cela pourrait nuire à la grande expérimentation. Il ne doit pas y avoir de doute, sommes-nous d’accord ?
Augusta : Il n’y aura absolument aucun doute sur le sujet
Comte Harcourt : Absolument aucun doute
Lord Bute : C’est une excellente expérimentation. Longue vie à cette expérimentation.

Lord Bute sort, Augusta se penche vers les membres de son conseil, l’air inquiet.

Augusta : A-t-il fait son devoir, oui ou non ?

Charlotte prend son déjeuner sur une très longue table. Elle est seule, le fidèle Brimsley derrière elle, entourée de sa gouvernante et six valets, attentifs au moindre de ses souhaits avant même qu’ils soient formulés. Elle regarde le fauteuil vide, placé face à elle à l’autre bout de la table.

Seule dans son salon, avec pour toute compagnie un Brimsley silencieux, l’après-midi se termine dans sa chambre où elle est dévêtue et préparée pour la soirée. Les mêmes gestes dans l’ordre inverse. Elle est ensuite rhabillée avec une nouvelle toilette, une nouvelle coiffure, de nouvelles parures et de nouvelles chaussures. Elle se dirige vers la salle à manger, s’amuse à tester Brimsley, elle s’arrête, repart, un pas à gauche, un pas à droite, Brimsley suit ses pas, imperturbable. Un repas fastueux a été servi sur la même table, en face, le même fauteuil vide, les mêmes valets à qui elle sourit et qui lui sourient. La même gouvernante la suit dans sa chambre pour la préparer pour la nuit avec les mêmes femmes de chambre, les mêmes gestes. Elle se retrouve seule dans son grand lit avec le même ciel de lit. Tout recommence le lendemain matin.

Elle se rend dans la bibliothèque, elle veut saisir un livre mais un claquement des mains de Brimsley l’arrête, un valet monte sur un escabeau, prend le livre qu’il tend à un second valet qui présente le livre à Charlotte. Le soir, dans un silence complet, Charlotte prend son repas en feuilletant le livre. En se rendant à sa chambre, elle essaie de distancer Brimsley en courant, ce dernier ne la lâche pas.

Après avoir été préparée pour la nuit, seule dans sa chambre, elle se jette sur son lit et crie de désespoir.

1814

Lady Whistledown : La patience n’est pas toujours une vertu. Le passage du temps n’apporte pas toujours des bienfaits et peut être que tout ne vient pas à point à qui sait attendre. Néanmoins certaines joies bien spécifiques valent vraiment l’attente qu’elles nécessitent.

La voiture de Lady Danbury s’arrête devant l’ancienne maison qu’elle occupait avec son mari, avant la Grande Expérimentation. Violet Bridgerton, assise sur le sol de son salon, s’amuse avec les deux jeunes enfants de Daphné et Simon Basset.

Son petit chien sur les genoux, Charlotte a réuni ses fils dans son salon. Derrière elle, Brimsley ne peut s’empêcher de regarder les princes avec désapprobation.

Charlotte : Non, mais …
Prince William : Maman !
Charlotte : Non !
William : Elle vous plairait, j’en suis certain, c’est une personne délicieuse.
Charlotte : Cette fille est une comédienne, non ! rompez avec elle et trouvez vous une femme convenable.
Prince Adolphus : Il y a déjà plusieurs enfants
Charlotte : Vous devriez avoir honte :
Prince Augustus : S’il l’aime, après tout !
Adolphus : Bien sur !
Charlotte : Vous pouvez parler, Augustus, vous dont la maitresse est mariée. Frédérick, comment va votre épouse ?
Prince Frederick : Il y a longtemps que je ne l’aie vue, vingt ans on dirait !
Prince Ernest : Si je t’avais épousé j’aurais fui le pays tout autant !
Charlotte : Comment se peut-il qu’aucun de vous n’ait trouvé une relation respectable et durable ?
Prince Edward : Mère il est peut-être trop tard ! Nos sœurs ont passé l’âge d’avoir des enfants. Nous avons fait de notre mieux, il est temps de …
Charlotte : Non ! Votre père et moi-même avons donné à la Grande Bretagne une grande et belle lignée. Elle ne s’éteindra pas à votre génération. Non ! Cette belle dynastie doit prospérer et vous ferez le nécessaire.

Ils parlent tous en même temps

Si c’était aussi simple…
Mère je tiens à suggérer…
Le sujet est préoccupant, je le concède…
C’est une responsabilité, c’est un devoir …
Rien ne presse… Profitons de la vie …

Les yeux de Charlotte lancent des éclairs, Brimsley soupire.

On peut se demander, alors que l’Angleterre cherche à savoir lequel des enfants du roi George est susceptible de donner un héritier à la couronne, si la patience est une vertu ou un fardeau pour notre chère reine Charlotte.

Palais de Buckingham - 1761

Charlotte prend son déjeuner, elle prend une décision.

Charlotte : Brimsley
Brimsley : Oui, votre majesté ?
Charlotte : Préparez le carrosse
Brimsley : Oui votre majesté. Puis je connaître notre destination ?
Charlotte : Nous allons voir mon époux !

Dans la soirée, sous bonne escorte, le carrosse quitte le palais. A son arrivée à Kew, Les domestiques s’empressent pour accueillir leur reine sur le perron. Reynolds arrive en courant et prend sa position.

Charlotte : Où est-il ?
Reynolds : Votre majesté, nous ne nous attendions pas …
Charlotte : Où est-il ?
Reynolds : Dans l’observatoire, votre majesté.

Charlotte prend la direction de l’observatoire, elle arrête Brimsley d’un geste de la main.

Charlotte : Attendez ici.

Brimsley prend sa place près de Reynolds.

Reynolds : C’est peut être bon signe
Brimsley : Peut-être bien. Peut-être est-ce mauvais signe.
Reynolds : Voulez vous vous abriter le temps de savoir ce qu’il advient ? Vous réchauffer un peu, la nuit est fraiche.
Brimsley : Merci, Monsieur, c’est très aimable et très généreux de votre part.

Reynolds le conduit dans sa chambre.

Brimsley : Je suis toujours jaloux de voir que le majordome du roi est bien mieux logé que celui de la reine.
Reynolds : C’est normal, je suis plus important que toi.

Brimsley s’approche de lui, ils s’embrassent et commencent à se déshabiller, tout en conversant.

Brimsley : Le palais demande un compte rendu, que veux-tu leur dire ?
Reynolds : Moi ? Pourquoi devrais je être le rapporteur attitré ?
Brimsley : C’est lui qui a refusé de consommer le mariage.
Reynolds : Elle aurait pu le séduire un peu
Brimsley : C’est une lady, elle est pure et bien élevée
Reynolds : Tu dis ça avec une pointe d’accusation.
Brimsley : Tu aurais du faire quelque chose
Reynolds : Je n’ai pas à le contrôler
Brimsley : Tu es à son service, tu le connais bien. Il a un problème, une difformité ? Quelque chose d’anormal ? d’anormal, à son âge ?
Reynolds : Je n’ai pas à te répondre
Brimsley : J’insiste ; je te le demande. Nous avons un problème
Reynolds : Je pense que son machin va très bien, de belle taille d’après ce que j’ai pu voir, il a un machin gros et tonique, sans difformité
Brimsley : Elle est d’une grande beauté, c’est un joyau. Mais peut être qu’il ne la trouve pas belle, qu’elle n’est pas son genre ?
Reynolds : J’avoue ne pas savoir quel genre il aime. En dehors de ça je n’y ai jamais prêté attention.
Brimsley : Peut être doivent ils passer du temps ensemble. Comme ils le font en ce moment.
Reynolds : Quoi ?
Brimsley : Je pense qu’ils vont passer quinze minutes en tête à tête.
Reynolds : Souhaitons qu’ils en passent vingt.

Reynolds pousse Brimsley sur son lit.

Charlotte entre dans l’observatoire. George est à côté d’un gros télescope. Charlotte aperçoit un lit de camp dans un coin.

Charlotte : Quelle curieuse bâtisse
George : Charlotte ! hé hé ! Bonsoir ! Vous voila ! Cet endroit est un observatoire pour regarder les étoiles. Ce soir, la nuit est parfaitement claire. Vous pouvez voir les constellations et je pense pouvoir apercevoir une planète. Approchez ! Regardez !
Charlotte : Donc c’est là ce que vous faites ?
George : Je vous demande pardon ?
Charlotte : Depuis notre mariage, est-ce à cela que vous avez passé votre temps ?
George : Ma foi, oui. C’est passionnant. Il y a un alignement des …
Charlotte : Dans cette pièce, vous avez …
George : Dans l’observatoire.
Charlotte : George, quelle est ma faute ? Quelle erreur ai-je commise ?
George : Absolument aucune !
Charlotte : Ai-je eu une parole déplacée ?
George : Non !
Charlotte : Ai-je eu un geste déplacé ?
George : Non, Charlotte !
Charlotte : Alors pourquoi, qu’est-ce qui vous importune chez moi ?
George : Rien du tout, rien ne m’importune.
Charlotte : Il y a forcément quelque chose qui ne va pas
George : Ne soyez pas déraisonnable
Charlotte : George, j’ai cru que vous alliez dans une maison close
George : Vous connaissez le sens de ce mot ?
Charlotte : Je sais ce qu’est une maison close, à peu près oui, j’ai des frères. N’allez pas croire pour autant que … Bref, j’arrive à penser qu’il serait préférable que vous fréquentiez une maison close. Oui, je le comprendrai plus aisément, mais non, vous préférez la compagnie des étoiles à la mienne.
George : Je n’ai pas dit que je préférais la compagnie des …
Charlotte : Vous êtes dans cette pièce …
George : L’observatoire. Le seul de cette qualité dans toute l’Angleterre.
Charlotte : Vous séjournez dans cet endroit unique que vous appelez votre observatoire, vous dormez et mangez la, les yeux rivés vers le ciel, vous êtes ému, exalté par les constellations depuis notre nuit de noces pendant que moi, je suis confinée dans une demeure oppressante, changée comme une poupée trois fois par jour, n’ayant nulle part où aller, personne à qui parler et strictement rien à faire !
George : Vous êtes la reine. Vous faites ce qu’il vous plait.
Charlotte : Sauf passer du temps avec mon époux.
George : Allons, venez …
Charlotte : GEORGE !
George : Je ne comprends pas ce qui motive votre reproche
Charlotte : Je suis encore jeune, j’ai dix sept ans et je me retrouve soudain reine dans un pays qui m’est étranger, aux coutumes étranges et à la nourriture étrange. Ce qui dépasse votre entendement. Vous êtes né pour être qui vous êtes, je n’ai pas du tout le droit de faire ce qui me plait et la reine n’a pas le droit d’aller chez la modiste ni au musée ni chez un glacier et je ne peux me faire des amis. Une réserve m’étant imposée. Je ne connais pas âme qui vive ici en dehors de vous. Je suis complètement seule et vous me délaissez pour contempler le ciel. GEORGE !
George : QUOI !:
Charlotte : Dites quelque chose
George : Je ne veux pas me battre avec vous.
Charlotte : Je veux me battre avec vous. Battez-vous avec moi, battez-vous pour moi !
George : Rentrez chez vous ! Charlotte …

Charlotte fait une révérence et tourne les talons. Elle se dirige vers son carrosse. Brimsley et Reynolds se précipitent hors de la dépendance, tout en rajustant leurs vêtements. Ils comprennent que le tête à tête s’est mal passé et se font un signe de tête, impuissants. Le cortège repart.

Reynolds et Brimsley sont convoqués au palais Saint James, chez la princesse Augusta.

Reynolds : Ils affichent une certaine satisfaction
Brimsley : Un certain contentement
Augusta : J’espérais autre chose qu’une apparence de satisfaction et de contentement.
Reynolds : Ils font merveille ensemble il est envouté par sa beauté.
Augusta : Vraiment ? Le roi George ? Envouté !
Brimsley : Je ne me risquerais pas à définir les émotions du roi
Reynolds : Naturellement, c’est une façon de dire qu’ils semblent heureux.
Augusta : Et quelle preuve en a-t-on ?
Brimsley : La longueur des conversations, leurs promenades
Reynolds : Leurs rires, de grands éclats de rires. C’est un spectacle qui fait chaud au cœur
Augusta : Parlez moi de leur relation
Brimsley : Leur relation ?
Augusta : Le devoir conjugal est il bien honoré ?
Reynolds : Bien honoré ?
Lord Bute : Son altesse la princesse douairière souhaite la confirmation que le mariage a bien été consommé
Comte Harcourt : Sexuellement ! Elle s’en enquiert pour le bien de la nation, cela va de soi.
Brimsley : Cela va de soi.
Lord Bute : Alors ?
Reynolds : Sans aucun doute. De mon point de vue je répondrai oui.
Augusta : Alors cette lune de miel est un succès
Reynolds : Vous êtes d’accord, c’est un succès, n’est-ce pas Brimsley ?
Brimsley : C’est pour le moins un succès
Reynolds : Oui
Comte Harcourt : Parfait, absolument parfait.
Augusta : Un héritier pourrait bien être en route dans les prochaines semaines.

Chez les Danbury. Le couple est au lit et lord Danbury s’emploie à remplir son devoir conjugal. Passive, Agatha fixe le plafond dont la poutre va et vient au rythme de son époux en ignorant le choc de sa tête contre la têtière. Enfin, lord Danbury va pouvoir s’endormir et elle rejoint Coral et la baignoire d’eau tiède. Elle fulmine contre son époux.

Agatha : Le matin, le soir, au milieu de la nuit et à l’heure du thé à présent. Je prenais mon thé, Coral, j’étais en train de broder une taie d’oreiller
Coral : Je suis navrée, Madame, on sait quelle mouche l’a piqué ?
Agatha : Il est allé au White à Mayfair pour la première fois.
Coral : Le club pour gentlemen ?
Agatha : Il parait que grâce à son titre en tant que membre de l’aristocratie il a le droit d’aller dans ce club. Mais il s’en est vu refuser l’accès sans explication.
Coral : Mon Dieu, ça s’est passé de la même façon pour Lord Smythe-Smith et pour les Kents
Agatha : Mon époux est déterminé et prêt à tout pour se faire accepter
Coral : Ho, ces gens sont affreux, même leurs bonnes se croient sorties de la cuisse de Jupiter. En quoi c’est mieux maintenant. Ho je dis cela, ce n’est pas que je prétends le savoir
Agatha : Il a un titre, Lord Danbury. Il y prend gout et se battra bec et ongles pour en jouir. Il envisage même de se joindre à la chasse demain matin.
Coral :  Je laisserai des braises pour que votre bain reste au chaud au cas où vous en auriez besoin. Vous n’aurez qu’à m’appeler.
Agatha :  Et je ferais bien de me mettre de la pommade entre cuisses. Ho seigneur ! j’espère qu’il ne va pas encore me mettre un de ces énormes bébés dans le ventre !
Coral :  Ho !


Charlotte est dans la salle à manger, elle n’a pas faim, Brimsley est peiné de la voir dépressive. Il donne rendez vous à Reynolds dans les jardins.

Brimsley : Il faut qu’il agisse
Reynolds : Je ne peux pas l’y forcer
Brimsley : Vous avez fait croire à la princesse douairière que le mariage était consommé.
Reynolds : Que tenteriez-vous d’obtenir du roi ?
Brimsley : Qu’il fasse un geste
Reynolds : Un geste ?
Brimsley : Oui, un geste
Reynolds : Alors je vais lui suggérer de faire un geste envers elle

Charlotte se promène dans l’orangerie. Elle tend la main pour cueillir une orange, Brimsley la devance.

Brimsley : Orange !

Un valet s’avance, cueille le fruit, le pose sur une assiette que tient un autre valet

Brimsley : Apportez la en cuisine pour le repas de la reine.
Charlotte : J’aurais pu me cueillir l’orange, Brimsley !
Brimsley : Oui, votre majesté.

Charlotte fait un geste pour cueillir une autre orange

Brimsley : Orange !

Le même scénario se produit. Un valet vient murmurer un message à Brimsley.

Brimsley : Le roi vous envoie un cadeau. Il a été déposé dans l’entrée, accompagné d’une lettre, Madame.

« Je ne veux pas que vous vous sentiez seule. George ». Le message fait sourire Charlotte

Charlotte : Je veux voir le cadeau.

Ils se rendent dans l’entrée, un valet porte un panier contenant un petit chien.

Charlotte : Qu’est-ce que c’est ?
Brimsley : Il s’agit du cadeau du roi, votre majesté.
Charlotte : Mais qu’est-ce que c’est ?
Brimsley : Hé bien, je pense que c’est un chien, votre majesté.
Charlotte : Non ! un chien est plus grand, plus digne, comme un pinscher, un berger, un schnauzer, un danois. Ca, c’est un lapin difforme.

Elle tend le message à Brimsley et s’en va. Brimsley prend le panier et la suit. Le soir au diner, le panier et le petit chien sont posés sur la table, devant le fauteuil vide. Plus tard, Brimsley suit Charlotte en tenant le petit chien en laisse. Ce dernier aboie, Brimsley le prend dans les bras.

Charlotte : Je veux rencontrer mes dames d’honneur demain matin.
Brimsley : Je rappelle à votre majesté qu’elle est en lune de miel. Vous ne pouvez …
Charlotte : Je le pourrai et je le ferai. Vous n’avez pas à me dire ce que je dois faire.
Brimsley : Votre majesté, je ne me permettrai jamais de vous dire ce que vous devez faire. Je vous indiquerai toujours néanmoins comment faire au mieux ce qui vous est interdit.
Charlotte : Je n’ai pas le droit de voir mes dames d’honneur pendant ma lune de miel.
Brimsley : Ce ne serait pas prudent que votre majesté les rencontre toutes en ce moment. Elle devra faire preuve de la plus grande discrétion.
Charlotte : Et en admettant que je me montre discrète pourrais je me fier à Lady Danbury ?

Charlotte a invité Agatha pour le thé. Elles sont dans le salon, le panier et le chien sur un pouf.

Charlotte : Comment est le thé ? A votre convenance ?
Agatha : Le thé est délicieux votre majesté. Il est magnifique ce chien, votre majesté
Charlotte : Ce n’est qu’un lapin difforme
Agatha : Ho, je vous prie de m’excuser, votre majesté. C’est très aimable à vous de m’inviter pour le thé. Recevez vous individuellement chacune de vos dames d’honneur ?
Charlotte : Non, Brimsley m’a dit que vous seriez la plus discrète parce que je suis en lune de miel, qui, il faut le reconnaitre, se passe à merveille. Cette lune de miel est somptueuse, un véritable enchantement. Mon époux est le plus charmant des maris. Il vient de m’offrir ce magnifique lapin géant.
Agatha : Puis je vous parler sans détour, votre majesté ?

Brimsley fait sortir tous les valets.

Brimsley : Je ne me tiendrai pas à plus de cinq pas de cette porte, votre majesté.

Charlotte : Je vous en prie, parlez sans détour. Personne ne le fait ici.
Agatha : Tout d’abord, vous mentez terriblement mal.  Je n’ai pas cru un traitre mot au sujet de votre lune de miel. Ne vous avisez pas de recommencer devant la haute société, cela déclencherait un scandale. Ma lune de miel a été un désastre. J’ignorais tout de ce qui m’attendait lors de ma nuit de noces. Il était vieux et impatient, tout fut éprouvant et terrifiant. C’est normal si votre nuit de noces n’a pas été parfaite ou somptueuse. Votre majesté, vous avez bien eu une nuit de noces ?
Charlotte : Il a été méchant, très discourtois et égoïste. Il n’a songé qu’à déguerpir, il était mal à l’aise je suppose. Et il ne semblait pas comprendre pourquoi je ne voulais pas qu’il aille vivre à Kew alors qu’on me confine ici sans personne à qui parler et ensuite il m’offre cette bête comme si cela suffisait à réparer les choses mais ça ne répare rien. J’éprouve …
Agatha : Votre majesté, est-il possible de poursuivre en toute franchise ? Je fais allusion à la consommation du mariage. Avec le roi, vous avez bien consommé le mariage, n’est-ce pas ? Vous vous êtes, vous savez … votre majesté, Charlotte, si le mariage n’a pas été consommé, vous n’êtes pas véritablement mariée au roi et votre position est en danger. Ho, la Grande Expérimentation l’est aussi. Mon Dieu, avez-vous consommé ? Est-ce que vous me comprenez quand je dis consommer, honorer le devoir conjugal ?
Charlotte : Cela a-t-il un lien avec la Grande Expérimentation ?
Agatha : Il est temps d’appeler Brimsley. Il va nous falloir du papier à dessin et des fusains.

Charlotte : Combien de fois doit il l’introduire ?
Agatha : Autant de fois que nécessaire, votre majesté
Charlotte : Combien de temps cela dure t’il ?
Agatha : Parfois, il me semble que cela dure une éternité.
Charlotte : Vais-je apprécier ?
Agatha : Je n’ai jamais apprécié. Mais j’avoue n’avoir jamais associé la chose au plaisir, plutôt à une corvée. Peut être avec quelqu’un qu’on aime, c’est différent. Je n’en sais rien.
Charlotte : Hé bien, je n’aime pas George alors je ne vois pas pourquoi nous devrions nous imposer ça quoi qu’il en soit.
Agatha : Ce n’est pas  … Votre majesté, c’est la Grande Bretagne, il n’y a pas si longtemps, on décapitait les reines qui ne pouvaient pas avoir d’enfant.
Charlotte : Non, cela ne se produira pas.
Agatha : Ce n’est pas … Votre majesté, c’est important. Vous êtes la première de votre sorte. Vous devez conforter votre position.
Charlotte : Je l’entends, mais cette situation n’est pas de mon fait. Il montre clairement qu’il ne veut pas de moi. Je ne vais tout de même pas le forcer de faire ça avec moi et peut être est-ce une bonne chose si je ne suis pas reine, si nous ne sommes pas mariés. Nous pourrons peut être oublier tous les deux cette histoire et je retournerai chez moi.
Agatha : C’est un poméranien, votre lapin difforme, c’est un chien. C’est une espèce très rare, un poméranien de pure race.

Charlotte regarde Brimsley, qui tient le chien dans les bras, en le caressant.

De retour chez elle, Agatha doit subir son époux, avant de retrouver Coral dans son cabinet de toilette.

Coral : Ils ont refusé de le prendre à la chasse ?
Agatha : Ils ont refusé de le prendre à la chasse.

Palais de Buckingham - 1814

Charlotte a invité Lady Danbury pour le thé.

Charlotte : A les entendre, on croirait que je les expédie à la Tour de Londres. Je leur demande de se marier.
Lady Danbury : Tout le monde n’accueille pas facilement cette proposition.
Charlotte : C’est pourtant simple. Choisir une jeune fille convenable issue de l’aristocratie, l’épouser, lui faire des enfants. Une coutume aussi ancienne que l’Angleterre. Tout le monde sait le faire.
Brimsley : La Vicomtesse douairière Violet Bridgerton, votre majesté.
Charlotte : Asseyez vous et joignez vous à nous.
Violet : Votre majesté, merci de m’avoir honorée de cette invitation.
Lady Danbury : C’est une surprise.
Charlotte : J’avais envie de faire appel à une experte.
Violet : Une experte ?
Charlotte : Vous avez de nombreux enfants
Violet : Oui, il me semble bien.
Charlotte : J’ai moi-même de nombreux enfants
Violet : Comme votre majesté le souhaitait
Charlotte : Vous avez marié deux de vos enfants en deux ans. Quel est votre secret ?
Violet : Mon secret pour quoi ?
Charlotte : Pour les convaincre de se marier !
Violet : Hé bien quand l’amour est là ; vous savez …
Charlotte : L’amour ?
Violet : Oui, l’amour est la clé de nombreux problèmes
Charlotte : Puisque nous parlons entre femmes matures, je ne macherai pas mes mots. J’avoue que tous mes fils sont amoureux. Ils sont amoureux de belles roturières, ils sont amoureux de catholiques, ils sont amoureux de comédiennes et ils sont amoureux de femmes qui sont déjà mariées. L’amour n’est certes pas le problème et l’amour a donné plus de cinquante enfants illégitimes à la couronne.
Violet : Ho majesté, Lady Danbury a également de nombreux enfants et peut être de bons conseils
Lady Danbury : Mes quatre enfants m’ont fait l’honneur d’aller vivre loin de moi sur un autre continent. Par ailleurs, le mariage est un devoir pas un plaisir.
Violet : Cela peut être un tel plaisir
Lady Danbury : Cela équivaut parfois à se condamner à souffrir toute son existence.
Violet : Le mariage apporte tant de choses, compagnonnage, des traditions ou une famille, de l’affection et si les jeunes gens prennent le temps de se connaitre, même si l’amour n’est pas au rendez vous, quand ils se rencontrent, il arrive bien souvent que l’amour naisse. L’amour peut fleurir et s’épanouir dans un jardin en friche. Vous n’êtes pas d’accord ?
Lady Danbury : Quand l’amour fleurit et s’épanouit.
Charlotte : Vos métaphores florales me donnent la nausée tant elles sont mièvres mais j’applaudis vos efforts. Je tacherai de leur trouver moi-même des épouses et il faudra bien qu’ils se marient. Ils se préoccuperont de l’amour plus tard, après la naissance des bambins.
Violet : Ce n’est pas tout à fait ce que j’ai dit
Charlotte : Brimsley, demandez au lord chambellan de dresser la liste des jeunes filles des couronnes d’Europe bonnes à marier. Merci
Violet : Je vous en prie votre majesté

Palais de Buckingham - 1761

Au pied du lit, le petit chien pleure dans son panier Agacée, Charlotte se lève et le pose sur le lit à côté d’elle. Le petit chien calmé, ils s’endorment tous les deux. Le lendemain, Brimsley promène le petit chien en rejoignant Reynolds dans le parc.

Reynolds : Vous êtes en retard, il ne va pas tarder à se lever.
Brimsley : Oui, hé bien votre cadeau est court sur pattes. Que voulez-vous d’ailleurs ?
Reynolds : Lui avez-vous autorisé une visite ?
Brimsley : Rien qu’une.
Reynolds : C’est sa lune de miel.
Brimsley : C’était la nouvelle Lady Danbury et je l’ai toujours appréciée, elle saura tenir sa langue.
Reynolds : Elle n’a pas besoin de parler à quiconque. Avec les domestiques, le palais sait déjà qu’elle a été reçue.
Brimsley : Je crois qu’il est temps, Monsieur, de jouer cartes sur table avec moi. De quoi souffre votre maitre ? Quel mal l’empêche d’approcher ma reine ?
Reynolds : Contentez-vous de bien vous concentrer sur vos affaires.

Reynolds s’en va après un regard de défi.

Chez les Danbury

Lord Danbury : Pourquoi diable, la princesse douairière vous demande t’elle ?
Agatha : Je n’en ai aucune idée
Lord Danbury : C’est ma famille qui avait une relation avec le défunt roi.
Agatha : C’est une certitude
Lord Danbury : Vous n’êtes personne.
Agatha : Je ne suis personne.
Lord Danbury : Alors pourquoi voudrait elle vous voir ?
Agatha : Je ne sais pas, enfin ! je ne connais pas ce monde. Mon très cher, je suis persuadée que tout repose sur vous et votre grande réputation. C’est pour cela qu’ils me font appeler. Je promets de tout vous raconter dans le moindre détail dès mon retour. Qu’en pensez vous ?
Lord Danbury : Cela me semble être une bonne chose.

Le Comte Harcourt conduit Agatha chez la princesse Augusta.

Princesse Augusta : Pouvez vous nous restituer votre échange avec la reine ?
Agatha : Je ne suis pas sure de comprendre ?
Augusta : Vous avez été reçue par sa majesté.
Agatha : En effet.
Augusta : Je vous demande de nous en parler.
Agatha : Elle m’a offert le thé
Augusta : Vous avez pris le thé.
Agatha : Oui.
Augusta : Ensuite ?
Agatha : J’ai vu son petit chien.
Augusta : Un petit chien ?
Agatha : Oui. Elle a un poméranien.
Comte Harcourt : De quoi avez-vous parlé avec sa majesté ?
Agatha : Vous voulez savoir de quoi discutent deux dames à l’heure du thé ? Essentiellement de robes, de compositions florales, de travaux d’aiguille et des ragots sur la saison passée. Et avec un peu d’audace, les dernières compositions musicales.
Comte Harcourt : Je ne pense pas qu’elle soit au courant.
Augusta : Elle l’est, c’est évident. Agatha, nous savons à quoi ressemble un thé entre dames. Comment s’est déroulé celui-ci, ma fille, dites.
Agatha : Ce thé ? Lady Danbury.
Augusta : Je ne vous sens pas trop coopérative, Agatha, je ne le tolèrerai pas plus longtemps. Je vous demande pardon ?
Agatha : Lady Danbury. Car cela est mon titre, votre altesse. Celui que vous avez eu l’amabilité de m’attribuer. Lady Agatha Danbury. Et je me rappelle une chose concernant ce thé. C’est là que j’ai senti que notre nouvelle reine n’avait pas encore pris conscience que notre titre était tout récent. N’est-ce pas un sujet intéressant à débattre à l’occasion d’un prochain thé ?
Augusta : Peut être pourrions nous aborder le sujet entre femmes.
Comte Harcourt : Laissez-moi prendre le relais. Si Lord Bute était là …
Augusta : Je saurai très bien m’en charger seule.

Le Comte Harcourt se lève, salue la princesse et sort du salon.

Augusta : Vous me surprenez beaucoup. Je vous avais perçue comme quelqu’un de taciturne.
Agatha : Je ne suis pas taciturne, c’est plutôt que mon époux est bruyant
Augusta : Lady Danbury, j’ai un besoin urgent de savoir ce qu’il se passe au palais de Buckingham. J’ai besoin d’une oreille de confiance. Vous me comprenez.
Agatha : Certes.
Augusta : Je vous écoute.
Agatha : Il est d’usage que l’attribution d’un titre de noblesse soit assortie d’une rente et de terres, d’un domaine. Sans ces privilèges un titre n’est guère plus qu’une coquille vide. Nous avons tous des besoins, Madame.
Augusta : C’est de l’argent que vous voulez.
Agatha : Vous oubliez que si votre beau-père, le roi, connaissait ma famille, c’est parce que mon beau père est roi lui aussi et que la Sierra Leone est très riche. Nous sommes fortunés, peut être davantage que la plupart des aristocrates. Ce que je veux, c’est que mon mari ne se voit plus refuser l’entrée du White, ce que je veux c’est que mon mari soit invité à joindre la chasse, ce que je veux c’est pouvoir aller chez la meilleure modiste, avoir les meilleurs sièges quand je vais à l’opéra.
Augusta : Cela trahit un but cupide. Vos demandes sont excessives. Faites preuve de gratitude.
Agatha : Vous dites vouloir être informée de ce qui se passe à Buckingham votre altesse et je pense en connaitre la raison. Vous voulez montrer à Lord Bute que vous contrôlez la situation, parce que si ce n’est pas le cas, la chambre des Lords frappera à votre porte. Est-ce exact ?
Augusta : Soyez prudente, Lady Danbury ?
Agatha : Ca n’est qu’une simple observation. Vous voulez être tenue au courant de ce qui se passe à Buckingham, nous voulons faire valoir nos droits d’aristocrates. La gratitude pourra être mutuelle.

En arrivant dans la salle à manger pour le repas du soir, Charlotte a la surprise de trouver George assis dans le fauteuil habituellement vide.

George : Bonjour Charlotte.
Charlotte : Bonjour !
George : Puis je me joindre à vous pour le repas ce soir ?
Charlotte : Le repas ? Le repas ! Etes-vous … Le REPAS !
George : Charlotte ! Où allez vous ? Où allez vous ?
Charlotte : Je ne sais pas ! le plus loin possible de vous . Là où vous n’êtes pas !
George : Charlotte ! Charlotte ! Charlotte, si vous pouviez m’accorder une chance, Charlotte ARRETEZ VOUS ! J’ai … j’ai conscience que vous n’avez aucune raison de m’aimer, aucune raison de me faire confiance. Je vous ai épousée et soudain disparu dans mon observatoire et resurgi ce soir pour le diner comme si … Mais si vous êtes prête à m’offrir ne serait-ce qu’une soirée, acceptez que je vous montre ce qui occupait mes pensées. Vous ne me pardonnerez peut être pas mais vous pourriez peut être moins me détester.

Ils sont dans l’observatoire, Charlotte regarde dans le télescope.

George : Regardez, vous la voyez ?
Charlotte : Je ne vois strictement rien.
George : Allons, concentrez vous
Charlotte : Comment me concentrer avec votre souffle dans ma nuque et votre appel incessant à me concentrer.
George : Très bien. Laissez moi affiner davantage …
Charlotte : Voulez vous reculer d’un bon pas et me laisser un peu … Ho ! ça par exemple, qu’est-ce donc ?
George : Ca, c’est Vénus.
Charlotte : Vénus ? La planète Vénus ? J’observe Vénus ?
George : Absolument. C’est l’objet de mes études. Un phénomène assez rare va se produire. Vénus va emprunter une trajectoire particulière qui va nous permettre de prendre des mesures précises. Nous pourrons ainsi connaitre la distance entre la Terre et le Soleil. Cela s’appelle le transit de Vénus. Ce sera un spectacle magnifique.
Charlotte : Ça l’est déjà. Eh oui, George, c’est beau, c’est somptueux.
George : Certes !
Charlotte : Et c’est à ça que vous avez passé votre temps
George : Le ciel est riche d’enseignements. Dans le monde où nous vivons, où tant de pouvoirs et d’attentions me sont conférés, il est sain de me rappeler que je ne suis qu’une poussière, un petit point dans l’univers. Cela rend humble. Être roi est dangereux. Depuis ma naissance, tout le monde s’affaire autour de moi et cela fait de moi un égoïste. J’ose à peine imaginer la violence et la cruauté que je vous ai infligées en vous gâchant votre nuit de noces.
Charlotte : C’était également votre nuit de noces.
George : Je suis navré
Charlotte : Oui, eh bien je ne vous pardonne pas, pas encore.
George : Pas encore, c’est encourageant, il y a donc de l’espoir.
Charlotte : Nous verrons bien.
George : Sachez qu’il est presque erroné de considérer cela comme une nuit de noces puisque nous n’avons pas passé la nuit ensemble.
Charlotte : C’est aussi ce qu’on m’a laissée entendre.
George : Nous pouvons reprendre à zéro, réessayer si vous le souhaitez.
Charlotte : Eh bien, je trouve cela, comment dire   je pense que c’est une très bonne idée

George prend les mains de Charlotte dans les siennes, puis se penche et l’embrasse.

Charlotte : Alors, rentrez-vous à la maison ? Au palais de Buckingham ?
George : Je rentre à la maison au palais de Buckingham.

Une voiture est chargée des affaires du roi, George monte dans son carrosse, avec Reynolds et Charlotte rejoint le sien, escortée de Brimsley. Le cortège se dirige vers Buckingham.

George et Charlotte marchent côte à côte dans le palais pour la première fois, comme Reynolds et Brimsley à leur suite.

Charlotte : Nous n’avons pas voyagé ensemble, nous l’avions fait après le mariage.
George : Ha ! des règles qui protègent la succession. Juste après le mariage il n’y avait aucun risque que vous portiez le prochain roi.
Charlotte : Il n’y en a pas plus à cette heure
George : Ils n’en savent rien et après cette nuit, cela se pourrait. A tout à l’heure.

Pendant qu’on la prépare pour la nuit, Charlotte sourit. Suivie de Brimsley, elle se dirige vers la chambre du roi. Reynolds l’attend, au garde à vous, devant la porte, qu’il ouvre pour elle. George l’attend à l’intérieur. Reynolds ferme la porte derrière elle.

Brimsley : Voulez vous vous rafraichir après votre voyage, Monsieur ?
Reynolds : Volontiers. Merci.

George : Vous êtes éblouissante.
Charlotte : C’est très joli, mais comporte un millier de petits boutons. Je me dis soudain que j’e n’ai peut être pas fait le meilleur choix.
George :  Je suis très adroit avec les boutons.

Il prend son visage dans ses mains et l’embrasse tendrement, puis la déshabille.

George : Charlotte ! Savez vous ce qui se passe lors d’une nuit de noces ?
Charlotte : Je le sais. Je sais tout, j’ai vu des dessins et j’ai reçu des explications détaillées sur ce qui allait se passer.
George : C’est une bonne chose.
Charlotte : Je ne suis pas séduite par le moment où ma tête cogne le mur à plusieurs reprises. Est il possible d’éviter ça ?
George : Oui, nous ferons tout pour éviter ça.

Il la porte sur le lit et la prend délicatement. Pendant ce temps, Brimsley et Reynolds peuvent profiter de leur côté d'une nuit à deux. 

Le lendemain, Charlotte se réveille dans le lit de George, seule. Elle sonne pour qu’on vienne la préparer. Au même moment, le carrosse des Danbury s’arrête devant leur nouvelle maison.

Lord Danbury : C’est à nous ? Vous êtes sure ?
Agatha : Que disent les papiers que le palais vous a transmis ?
Lord Danbury : Eh bien, d’après les papiers, nous pouvons disposer de cette maison, de la terre, de places à Eyton pour les garçons et il y aurait même du bétail quelque part. Voici la clé. Je n’aurais jamais cru vivre ça un jour. Savez vous ce qu’il s’est passé ?
Agatha : Je n’en ai pas la moindre idée.
Lord Danbury : Je vais vous dire, moi, ce qu’il s’est passé. Le roi voit très bien l’homme que je suis, ma valeur, mon mérite. Il a conscience que l’ancien temps est derrière nous et que s’amorce un nouveau monde. Que chaque homme est un homme, ma chère ! Sans distinction de ses origines.
Agatha : Mais alors peut être que cela signifie le commencement d’une nouvelle ère et de mon point de vue …
Lord Danbury : Taisez vous, femme ! j’essaierais bien cette clé

A Buckingham, Charlotte se dirige vers la salle à manger, en portant son petit chien dans les bras.

Charlotte : Il est parti en promenade à pied ou à cheval ? Nous allons retarder le petit déjeuner pour lui. J’aimerais que nous le prenions ensemble.
Brimsley : Je ne crois pas qu’il soit sorti votre majesté. Je pense qu’il a de la visite.

Charlotte entend des voix, la porte du salon est restée ouverte. La princesse Augusta questionne son fils, George.

Princesse Augusta : Ne m’obligez pas à vous poser la question
George : Je ne vous y oblige certainement pas. Cela ne vous regarde pas, il s’agit de mon mariage.
Augusta :  Votre mariage regarde le Palais. Votre mariage regarde le Parlement Britannique, votre mariage est l’affaire de cette nation. Cela ne peut pas être un échec. Je dois savoir si vous l’avez convenablement honorée. La couronne …
George : Vous m’avez dit de me marier pour la couronne, je l’ai fait. Vous m’avez demandé de lui être agréable pour les besoins de la couronne, j’ai fait de mon mieux. Vous m’avez dit de lui dissimuler mon état parce que je dois préserver les secrets de la couronne, je l’ai fait. Vous m’avez dit de l’honorer, je l’ai fait. J’ai compris ce que vous voulez, il n’est que trop évident que depuis mon premier souffle je suis désigné pour le bonheur ou le malheur d’un grand peuple. Et par conséquent, que je dois agir contrairement à mes passions. Je suis l’image même du devoir. La couronne est incrustée en moi, enfoncée comme un canif. Vous n’avez pas à me l’expliquer, à me le répéter mère. Elle est en moi.
Charlotte : Je souhaite prendre mon petit déjeuner. Il est inutile d’attendre le roi.

Palais de Buckingham - 1814

Assise à la table de la salle à manger, Charlotte regarde le fauteuil vide qui lui fait face, pensivement.

Brimsley : La liste des jeunes filles à marier pour vos fils, de la part du Lord Chambellan.
Charlotte : Merci, Brimsley. Quel charmant petit déjeuner !

Palais de Buckingham - 1761

Reynolds entre plus tard dans le salon.

George : Est-elle partie ?
Reynolds : Votre mère est partie, votre majesté. Je l’ai moi-même vérifié.
George : Et Charlotte ?
Reynolds : La reine prend son petit déjeuner dans la salle à manger si vous voulez la rejoindre, je …

George a un malaise, il s’assoit. Reynolds se précipite vers lui.

Reynolds : Dois je appeler le médecin, votre majesté ?
George : Non, ça va, je n’en ai pas besoin. Oui, faites le venir. Charlotte ?
Reynolds : Elle n’en saura jamais rien.

Rédigé par Mamynicky

 

1.02 - Quelle lune de miel

-- 1761 --

Buckingham House

Charlotte : Brimsley !
Brimsley : Your Majesty?
Charlotte : What is in my engagement diary for the week  ?
Brimsley : Engagement diary, Your Majesty ?
Charlotte : I assume there will be charity visits ? The poor ? Or orphans ? I know I must meet with my ladies-in-waiting. That is important. There is so much to take in here. The art, seeing the galleries of London. And I have always loved the theater and music. Are there concerts, operas in my engagement diary ?
Brimsley : Your Majesty, there is nothing in your engagement diary.
Charlotte : How can there be …. There is nothing in my engagement diary ?
Brimsley : No, Your Majesty
Charlotte : Brimsley, I am the queen. I have duties, official duties, do I not ?
Brimsley : You do, Your Majesty. Many duties.
Charlotte : Then how can there be nothing in the queen’s diary ?
Brimsley : You are currently enjoying the privacy of the first days of marriage, Your Majesty
Charlotte : This is my honeymoon…
Brimsley : Yes, Your Majesty..

Saint James Palace

Lord Bute : Parliament is calling it the Great Experiment.
Augusta : Well, it is a Great Experiment. Giving out titles to people who look like our new queen.
Lord Bute : The point is there is much talk. This must be a success..
Augusta : It will be, Lord Bute.
Lord Bute : What do we know ?
Comte Harcourt : They’re well suited.
Augusta : Of course they are. He is the king. He is well suited to anyone. She is lucky.
Lord Bute : She is. That is not the question.
Augusta : Oh. What is the question ?
Lord Bute : A female is present. I cannot speak it.
Augusta : Ah. Well, then. Perhaps we have nothing more to discuss .
Lord Bute : Shall I report that to the House of Lords, then ?
Augusta : It is all so very modern now. In my day, there were seven people in the bedchamber on my wedding night to witness … the marital act to confirm that Georgie’s father and I, well did what it took to make Georgie. Now it is the thing to give the couple privacy, which would not be an issue ordinarily, I suppose. A man, a woman, the chance to … But this is Georgie. Or, rather, the king. And we know that Georgie, the king … can be … He’s absolutely perfect. We all agree on that.
Lord Bute : The king is truly perfect.
Comte Harcourt : The strongest of kings.
Augusta : It is just that he has his own mind.
Comte Harcourt : Very independent.
Lord Bute : A most original thinker. But if the actions one usually takes on one’s wedding night have not been taken, that would hurt the Great Experiment. There can be no questions. Do you understand ?
Augusta : There will be no questions.
Comte Harcourt : Never a question.
Lord Bute : It is a wonderful experiment. Long live the experiment.

Lord Bute sort, Augusta se penche vers les membres de son conseil, l’air inquiet.

Augusta : Has ho done the deed or not ?

-- 1814 --

 

Lady Whistledown : Patience is not always a virtue. The passage of time does not always reap benefits, and perhaps good things do not always come to those who wait. However, there are some very special joys well worth waiting for.

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Charlotte : No, no !
Prince William : But Mama !
Charlotte : No !
William : I believe you would quite like her. She is a delicious person.
Charlotte : She is an actress. No. Break it off and find a suitable woman.
Prince Adolphus : There are already children.
Charlotte : Shame on you.
Prince Augustus : If he loves her …You are one to talk.
Adolphus : Thank you !
Charlotte : Your lady friend is married. Frederick, what about your wife ?
Prince Frederick : I have not seen her in 20 years.
Prince Ernest : If I were married to you, I’d flee the country as well.
Charlotte : How is it that none of you have managed respectable relationships ?
Prince Edward : Mother, perhaps it is too late. Our sisters are past childbearing age. We have done our best, and maybe …
Charlotte : No. Your father and I have provided Great Britain with a great bloodline. It will not end with your generation. This bloodline will continue. You’ll make it continue.

They all speak at the same time

I will not sit here…
Were it as simple as you suggest…
It would result in anything remotely…
I have a responsibility …
I have a duty, but I …

Charlotte's eyes flash, Brimsley sighs.

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One wonders as England waits to see which of King George’s children will bring us closer to a royal heir to the throne if patience is a vertue or a burden for our dear Queen Charlotte.
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-- 1761 --

Palais de Buckingham

Charlotte : Brimsley
Brimsley : Yes, Your Majesty ?
Charlotte : Ready the carriage
Brimsley : Yes, Your Majesty. May I say our destination ?
Charlotte : We are going to see my husband.

Kew

Charlotte : Where is he ?
Reynolds : Your Majesty, we were not expecting you.
Charlotte : Where is he ?
Reynolds : The observatory, Your Majesty.

Charlotte : Wait here.

Reynolds : Perhaps this is good.
Brimsley : Perhaps. Perhaps it is bad.
Reynolds : Would you like to step indoors while we wait to find out ? Warm up a bit. It is a cool night.
Brimsley : Thank you sir. That is very kind and generous of you to offer.

Reynolds leads him to his room.

Brimsley : I’m always jealous that the king’s man has far better quarters than the queen’s man.
Reynolds : To be expected. I am more important than you.

Brimsley : The palace is asking for a report. What are you going to tell hem ?
Reynolds : Me ? Why should I be the one to tell them ?
Brimsley : He refused to consummate the marriage.
Reynolds : She could have seduced him.
Brimsley : She is a lady, pure and well-bred.
Reynolds : You say that with a note of accusation.
Brimsley : You might have done something.
Reynolds : I do not control him.
Brimsley : You serve him. You know him. Is there a problem ? A deformity ? Is there something … something wrong with his bits ?
Reynolds : That is beyond the pale.
Brimsley : I am asking. We have a problem.
Reynolds : I believe his bits to be fine. Large. From what I’ve seen, he has large, healthy bits. No deformity.
Brimsley : She is quite the beauty, a jewel, but … perhaps she is not pretty to him. Not his type.
Reynolds : I do not know that I can define his type. Female. After that, I have never paid attention.
Brimsley : Well. Perhaps what they need is to simply spend time together … as they are right now.
Reynolds : What ? Do you suppose they’ll spend 15 minutes together ?
Brimsley : Ah. Let us hope for 20.

Charlotte : What is this place ?
George : Charlotte ! Hello. Here you are. This ? It is an observatory for looking at the stars.Now, this is a perfectly clear night. You can see the constellations, and I think … I’m getting a glimpse of a planet. Come. Look.
Charlotte : Is this what you have been doing ?
George : Excuse me ?
Charlotte : Since the wedding ? Is this how you have been spending your time since the wedding ?
George : Well, yes, it is most exciting. There is an alignement…
Charlotte : In this room ?
George : Observatory, yes.
Charlotte : George, what have I done wrong ? What mistake did I make ?
George : You made no mistake.
Charlotte : Did I say something ? ?
George : No !
Charlotte : Did I do something to offend you ?
George : No, Charlotte !
Charlotte : Then what is so wrong with me ?
George : There’s nothing wrong with you..
Charlotte : There must be something wrong.
George : Do not become unreasonable.
Charlotte : George, I thought you were visiting a … a brothel.
George : Do you know what that word means ?
Charlotte : I know what a brothel is. Almost. I have brothers. That does not signify … I’m saying that it might be better if you were visiting a brothel. I would understand it more, but no, you prefer stars to my company.
George : I did not say I prefer …
Charlotte : You have been in this room …
George : Observatory. The only one of its kind in all of England.
Charlotte : You have been in this … one-of-a-kind observatory room, sleeping and eating and staring up at the sky and feeling excited by the constellations since the night of our wedding while I have been stuck in that stuffy house being changed like a doll three times a day with nowhere to go, no one to talk to, and nothing to do.
George : You are the queen. You can do whatever you like.
Charlotte : Except spend time with my husband.
George : Come, now.
Charlotte : GEORGE !
George : I do not understand what you complain about.
Charlotte : I am seven and ten  years old, and suddenly I am queen in a strange country with strange food and strange customs. You do not understand because this is who you were born to be. I cannot do whatever I like. The queen is not allowed to go to the modiste, or the galleries, or the ice shops. I cannot make friends. I must hold myself apart. I do not know a single soul here except for you. I’m completely alone, and you prefer the sky to me. GEORGE !
George : WHAT !:
Charlotte : Say something !
George : I do not want to fight with you.
Charlotte : I want to fight with you ! Fight with me ! Fight for me !
George : Go home ! Charlotte …

Palais Saint James

Reynolds : They appear to be satisfied.
Brimsley : They seem very content.
Augusta : I would hope for more news than the appearance of satisfaction and contentment.
Reynolds : They’re a wonder together. He is smitten with her beauty.
Augusta : Really ? King George is smitten ?
Brimsley : Well, I would not dare to define the émotions of the King.
Reynolds : Of course not. I only meant that he seems happy.
Augusta : And what evidence of this ?
Brimsley : A great deal of talking and walking.
Reynolds : Laughter. There is laughter. It warms the heart to witness.
What of their relations ?
Brimsley : Relations ?
Augusta : Their marital bonds.
Reynolds : Bonds ?
Lord Bute : The Dowager Princess wishes to confirm that the marriage has been consummated.
Comte Harcourt : Sexually. She asks for the good of the country, of course.
Brimsley : Of course.
Lord Bute : So ?
Reynolds : Certainly, I mean, from what I can tell, I would say yes.
Augusta : So, it is a successful honeymoon.
Reynolds : You agree it is successful. Do you not, Brimsley ?
Brimsley : Most successful.
Reynolds : Yes.
Comte Harcourt : Excellent. Most excellent..
Augusta : Perhaps we shall have an heir on the way before the next fortnight.

Danbury’s house

[rythmic thumping – Lord Danbury groaning]

Agatha : Mornings, evenings, middle of nights, and now tea time. I was having tea, Coral. I was embroidering a pillow.
Coral : I’m so sorry, my lady. Do we know what brought it on ?
Agatha : He went to White’s in Mayfair for the first time.
Coral : The gentlemen’s club ?
Agatha : Apparently, as a titled member of the ton, he has a right to entry, but they refused to allow him in.
Coral : Oh, my lady, You know, the same thing happened to Lord Smythe-Smith and the Kents.
Agatha : My husband is determined to make these people accept him.
Coral : The ton are a horrid lot. Even their maids are high in the instep. What was wrong with the way things were ? Not that I presume to understand.
Agatha : It’s the title. Lord Danbury. He’s been given a taste, and now he will not be denied.He’s going to try and join the hunt tomorrow.
Coral : I’ll keep the hot water for your bath on the fire for whenever you need it. You only have to call for me.
Agatha : I believe I shall also need a salve for my inner thighs ? Oh, dear, What if he puts another one of his gigantic babies inside me ?
Coral : Ho !

Charlotte is in the dining room, she is not hungry, Brimsley is sad to see her depressed. He arranges to meet Reynolds in the gardens.

Brimsley : He must act.
Reynolds : I cannot make him act.
Brimsley : You made him consummate the marriage in front of the Dowager Princess.
Reynolds : What would you have the king do ?
Brimsley : A gesture
Reynolds : A gesture ?
Brimsley : A gesture.
Reynolds : I will suggest some sort of gesture.

Charlotte walks in the orangery. She reaches out to pick an orange, Brimsley beats her to it.

Brimsley : Uh, orange !

Un valet s’avance, cueille le fruit, le pose sur une assiette que tient un autre valet

Brimsley : Take it to the kitchens for the queen’s meal.
Valet : Yes, sir.
Charlotte : I can pick my own orange, Brimsley !
Brimsley : yes, Your Majesty.
Brimsley : Uh, orange !
Brimsley : The king has sent you a gift. It is waiting in the foyer. And there is a note, ma’am.

« I never want you to feel alone. George ». The message makes Charlotte smile.

Charlotte : Show me the gift.

Charlotte : What is that ?
Brimsley : The gift from the king, Your Majesty.
Charlotte : But what is it ?
Brimsley : Why, I think it is a dog, Your Majesty.
Charlotte : No. Dogs are big and majestic. Uh, a Pinscher, a shepherd, a schnauzer, a Dane. That is … a deformed bunny.

In the evening, at dinner

Charlotte : I want to meet my ladies-in-waiting tomorrow.
Brimsley : Your Majesty is on her honeymoon. You cannot …
Charlotte : I can. I will. You shall not tell me what I’m allowed to do.
Brimsley : Your Majesty, I am the one person who’ll never tell you what you are allowed to do. I will, however, always tell you how best to do the things you are not allowed to do.
Charlotte : I am not allowed to meet my ladies-in-waiting during my honeymoon ?.
Brimsley : It would be unwise for Your Majesty to meet with all of them. One would … want to be discreet.
Charlotte : And if one wanted to be discreet, would one trust Lady Danbury ?

Charlotte invited Agatha for tea. They are in the living room, the basket and the dog on an ottoman.

Charlotte : How is the tea ? Is it to your liking ?
Agatha : The tea is good, Your Majesty. What a beautiful dog, Your Majesty.
Charlotte : It is a deformed bunny.
Agatha : Oh. My mistake, Your Majesty. It was kind of you to invite me to tea. Are you meeting each of your ladies-in-waiting individually ?
Charlotte : No. Brimsley say you’d be the most discreet because I am on my honeymoon. Which is going wonderfully, by the way. It is a splendid honeymoon. My husband is the best of husbands. He gave me this beautiful bunny thing.
Agatha : May I speak freely, Your Majesty ?

Brimsley brings out all the jacks.

Brimsley : I shall be no more than five paces outside this door.

Charlotte : Please speak freely. No one else does.
Agatha : First, you are a terrible liar. I did not believe a word you said about your honeymoon. Do not try that again in front of society. It will cause scandal. My honeymoon was a disaster. My wedding night, I did not know what to expect. He was old and impatient. All of itw as painful and quite terrifying. It is all right if your wedding night was not perfect or splendid. Your Majesty. You did have a wedding night ?
Charlotte : He was mean and rude and selfish. He just wanted to leave. He felt bad, I suppose. And he did not seem to understand why I did not want him to live at Kew while I am stuck here with no one to talk to. And then he gives me that beast, as if that is to make everything better, but that does not make up for …
Agatha : Your Majesty. I am still allowed to speak freely ? I am talking about … consummating the marriage. You and the king did … consummate the marriage, did you not ? You have to have … Your Majesty, Charlotte, if you did not consummate the marriage, you are not actually married to the king. Your whole position is in danger. The Great Experiment is in danger.  My God. You did consummate ? You do know what I mean when I say consummate ? Perform the marital act ?
Charlotte : Does it have something to do with this Great Experiment ?
Agatha : Let us send for Brimsley. We will require drawing paper and charcoals.

Charlotte : How many times does he insert it ?
Agatha : As many times as necessary, Your Majesty.
Charlotte : How long does it take ?
Agatha : Sometimes it feels like it takes forever.
Charlotte : Will I enjoy it ?
Agatha : I never have, but I do not believe I have ever thought of it as something to enjoy. More of a chore. Perhaps if it is with someone you like, it is different. I do not know.
Charlotte : Well, I do not like George. So I do not see why we should need to bother ourselves to do this at all..
Agatha : That is not … Your Majesty … this is Britain. It was not that long ago that queens were beheaded for not bearing children.
Charlotte : That is not going to happen.
Agatha : That is not … Your Majesty, this is important. You are the first of your kind. You must secure your position.
Charlotte : Yes, but this is not my failing. I mean, he clearly does not want me, and I cannot somehow force him to want to do this with me. And maybe that is a good thing, if I’m not queen, if we are not married. Then maybe we can forget all about this, and I can go home.
Agatha : It is a Pomeranian. Your deformed bunny. It is a dog. A very rare and purebred Pomeranian.

Danbury’s house

Coral : They would not let him join the hunt ?
Agatha : They would not let him join the hunt.

-- 1814 --

Palais de Buckingham

Charlotte : You’d think I’m sending them to the Tower of London. I’m telling them to marry.
Lady Danbury : That can be a difficult proposition.
Charlotte : It is simple. Find a titled, appropriate young lady. Marry her. Make babies. It is a ritual as old as England itself. Everyone does it.
Brimsley : Dowager Viscountess Violet Bridgerton, Your Majesty
Charlotte : Do sit down and join us.
Violet : Your Majesty. Thank you for the honor of the invitation.
Lady Danbury : This is a surprise.
Charlotte : I thought I would call upon an expert.
Violet : Expert ?
Charlotte : You have a great many children.
Violet : Yes, I suppose I do.
Charlotte : I have a great many children.
Violet : As Your Majesty decides.
Charlotte : You have had two weddings in two years. How do you do it ?
Violet : Uh, do … Do what ? ?
Charlotte : Get them to want to marry.
Violet : Well. It helps if they are in love.
Charlotte : Love ?
Violet : Yes. Love solves a plethora of issues.
Charlotte : I’m going to speak plainly because we are all mature women here. My boys are in love. They are in love with commoners. They are in love with Catholics, and they are in love with actresses. And they are in love with women who are already married. Love is not the issue. Love has produced over 50 illegitimate babies for the Crown.
Violet : Oh … my. Uh, Lady Danbury also has many children. Perhaps she can advise.
Lady Danbury : My four children have done me the honor of moving many continents away. Besides, marriage is a duty, not a pleasure.
Violet : But it can be such a pleasure.
Lady Danbury : Or it can be a painful, lifelong sentence.
Violet : Marriage offers so much. Companionship. Tradition. Family. Warmth. And if they take the time to become close, well, a match does not have to start out as love. It can grow. Love can bloom from the thorniest of gardens, can it not ?
Lady Danbury : Blooming love.
Charlotte : Your flower metaphors make me nauseated with their sweetness, but I applaud your point. I shall simply find them wives myself, order them to marry, and then can worry about the love part later, after there are royal babies.
Violet : That was not quite what I …
Charlotte : Brimsley, Have the Lord Chamberlain draw up a list of eligible  brides across Europe. Thank you.
Violet : You are welcome, Your Majesty.

-- 1761 --

Buckingham Palace Park

Reynolds : You are late. He will be getting up soon.
Brimsley : Oh, well, your gesture has short legs. What did you want anyway ?
Reynolds : Did you allow her to have a visitor ?
Brimsley : Just one.
Reynolds : It is her honeymoon.
Brimsley : It is Lady Danbury. I’ve always liked her. She is not going to tell anyone.
Reynolds : She does not have to tell anyone. The servants talk. The palace knows she was there.
Brimsley : Well, sir, perhaps it is time you leveled with me. What is wrong with your man ? What is keeping him from her bed ?
Reynolds : You worry about your own side of the world.

Danbury’s house

Lord Danbury : What does the Dowager Princess want ?
Agatha : I do not know.
Lord Danbury : It is my family that had a relationship with the late king.
Agatha : That is true.
Lord Danbury : You are no one.
Agatha : I am no one.
Lord Danbury : So why should she want to see you ?
Agatha : I do not know ! I don’t know these people. Dearest. I am sure it is only because of you ans your reputation that they would want to meet with me. I promise to tell you every single detail upon my return. How is that ?
Lord Danbury : I suppose that will do.

Count Harcourt takes Agatha to Princess Augusta.

Princesse Augusta : Please elaborate on your meeting with the queen.
Agatha : I am … not sure I understand.
Augusta : You met with Her Majesty.
Agatha : I did.
Augusta : I am asking you to elaborate.
Agatha : We had tea.
Augusta : You had tea ?
Agatha : Yes
Augusta : And ?
Agatha : I met her puppy.
Augusta : Puppy ?
Agatha : Yes. She has a pomeranian.
Comte Harcourt : What do you speak to Her Majesty about ?
Agatha : Does it signify what two ladies discuss at tea ? Tea is often about gowns and flower arranging and embroidery and the social season gossip. If we are bold, the latest musical compositions.
Comte Harcourt : I do not think the girl knows.
Augusta : She knows. Agatha. We know what tea is generally about. What was this tea about, girl ?
Agatha : This tea ? Lady Danbury.
Augusta : You are being purposely obstructive, Agatha. And I will not have it. Excuse me ?
Agatha : Lady Danbury. That is my title, Your Highness. The one you were kind enough to bestow upon me. Lady Agatha Danbury. And I do remember one thing about this tea. It was when I understood our new queen had not yet realized. That our titles are shiny and new. Is that not an interesting topic for an upcoming tea ?
Augusta : Perhaps we should speak in a womanly way.
Comte Harcourt : Let me handle her for you. If Lord Bute were here …
Augusta : I believe I can manage.

Augusta : You surprise me. I always thought you were a quiet one.
Agatha : I am not quiet. It is simply that my husband is loud.
Augusta : Lady Danbury, I need to know what is going on at Buckingham House. I need a trusted ear. Do you understand ?
Agatha : I do.
Augusta : Well, then.
Agatha : Traditionally, when a title is bestowed, it comes with income and land. An estate. Without those things, a title is simply a title. We all have needs, ma’am.
Augusta : You want money.
Agatha : You forget … that the reason. Your father-in-law, the king, knew my family is because my father-in-law is also a king. And Sierra Leone is very rich. We already have money. We have more money than most of the ton. What I need is for my husband to not be denied entry to White’s. I need my husband to be invited on the hunts. I need to cross the street to the best modiste, to take the finest seats at the opera.
Augusta : That … is grasping. Asking for rather a lot. You should be grateful.
Agatha : You said you need to know what is going on over at Buckingham House. I assume the reason you need that, is so that Lord Bute believes you have the situation in hand because if you do not, the House of Lords will be at your door. Is not that a fact ?
Augusta : Careful, Lady Danbury.
Agatha : I am merely pointing out. You need to know what is going on over at Buckingham House. We need to be equal members of the ton. We can be grateful to one another.

Arriving in the dining room for the evening meal, Charlotte is surprised to find George sitting in the usually empty armchair.

George : Hello, Charlotte.
Charlotte : Hello !
George : Is it all right if I join you for a meal this evening ?
Charlotte : A meal ? A meal ! Are you … A MEAL !
George : Charlotte ! Where are you going ? Where are you going ?
Charlotte : I do not know, just … away from you ! Wherever you are not.
George : Charlotte ! Charlotte ! Charlotte, if you’ll give me a chance … Charlotte, stop walking this instant ! I realize you have no reason to like me. You have no reason to trust me. I marry you, and then I disappear into my observatory. And then I come here to dine as if … But if you will … give me just one evening of your time. Allow me to show you where my mind has been. It might not make you forgive me, but it might make you hate me a bit less.

Kew - Observatory

George : Look, do you see it ?
Charlotte : I do not see anything.
George : Well, concentrate.
Charlotte : I cannot concentrate with you hovering, breathing, and telling me to concentrate.
George : Let me just turn the focus a tiny bit.
Charlotte : Would you step away and let me … Oh, my Word … What is that ?
George : That is Vénus.
Charlotte : Vénus ? The planet Venus. I’m staring at Venus ?
George : You are. I’ve been studying it. See, a rare occurrence is coming. Venus will travel in a specific arc and give us a single moment to take precise measurements, and we shall know the distance from the Earth to the Sun. « The transit of Venus » it is called. It will be quite the spectacle.
Charlotte : It is … Well George, it is beautiful.  
George : It is !
Charlotte : And this is what you have been doing.
George : There is something about the heavens. In this world we live in, where I’m given so much power and attention, it is good to remember I’m a bit of dust. I’m a small dot in the universe. It keep one humble. Being king is a … hazard. My world has been made to revolve around me, and it has made me … selfish. I cannot imagine how painful and cruel it must have been to have me ruin your wedding night.
Charlotte : It was your wedding night too.
George : I’m so sorry.
Charlotte : Yes, well … I do not forgive you.
George : Yet. Yet, yet is good. Yet is hope.
Charlotte : Perhaps.
George : You know, it almost does not quite count as a wedding night because we did not actually have the night part.
Charlotte : I’ve been told that as well.
George : We can start over. Try again. If you’re willing.
Charlotte : Well, that seems very … I think that is a reasonable idea.

George prend les mains de Charlotte dans les siennes, puis se penche et l’embrasse.

Charlotte : Does this mean you’re coming home to Buckingham House ?
George : I am coming home to Buckingham House..

Buckingham House

Charlotte : We may not travel together. We did, right after the wedding.
George : Ah. Rules  to protect succession. Right after the wedding, there was no possibility you might be carrying the next king.
Charlotte : There is no possibility now.
George : They do not know that. And after tonight there will be. I shall see you soon.

Charlotte joins George in his room, to the complete satisfaction of Brimsley and Reynolds.

Brimsley : Mighty ou like a refreshment after your travels ?
Reynolds : I would. Thank you.

George : You are breathtaking..
Charlotte : It is pretty. But it has a thousand tiny buttons. I’m suddenly concerned that I may have made the wrong choice.
George : I’m very good with buttons.

George : Charlotte ! Do you know what happens on our wedding night ?
Charlotte : Ah, yes. I know everything. I’ve … seen drawings and had a detailed explanation as to what is to occur.
George : Well, that is good to know.
Charlotte : I do not like the part where my head hits the wall over and over again. Is there a way to avoid that ?
George : Yes, there is a way to avoid that.

The Danbury carriage stops in front of their new estate.

Lord Danbury : This is ours ? Are you sure ?
Agatha : What do the papers you received from the palace say ?
Lord Danbury : The papers say that it is ours. This, the land, spots at Eton for the boys, and apparently there are cattle somewhere. There is a key. I never thought that I would see this day. Do you know how this happened ?
Agatha : I have no idea.
Lord Danbury : I will tell you how this happened. The king sees me for who I am. My value, my worth. He understands that … the old days are over. And that this is a new world. That men are men … regardless from whence they come.
Agatha : Perhaps this is the beginning of a new era. Now, I believe …
Lord Danbury : Hush, woman. I will try the key.

At Buckingham, Charlotte heads to the dining room, carrying her little Pomeranian in her arms.

Charlotte : He has gone out for a ride or a walk. We shall hold breakfast for him. I would like us to eat together.
Brimsley : Uh, I do not think he has gone out, Your Majesty. I believe he has a visitor.

Princesse Augusta : … in that case, politics. Do not make me ask the question.
George : I am not making you ask. This is none of your business. This is my marriage.
Augusta : Your marriage is Palace business. Your marriage is Parliament business. Your marriage is the business of this country ! This cannot go wrong. I need to know if you have properly bedded her. The Crown …
George : You told me I had to wed. For the Crown. I did. You told me to charm her to make it easier for the Crown. I have done my best. You told me I could not let her know me because I must protect the secret of the Crown. I have not. You told me to bed her. I have done so ! I understand ! It has been abundantly clear since ma first breath that I was born for the happiness or misery of a great nation ans consequently must often act contrary to my passions. I am the picture of duty. The Crown resides within me, embedded like a knife ! You do not need to explain it to me, Mother. It is me !
Charlotte : I shall have my breakfast now. There is no need to wait for the king.

-- 1814 --

Buckingham House

Brimsley : The list of suitable brides for your sons from the Lord Chamberlain, Your Majesty..
Charlotte : Thanks you, Brimsley. What a lovely breakfast. !

-- 1761 --

George : She is gone ?
Reynolds : Your mother has departed, Your Majesty. I saw to it myself.
George : And Charlotte ?
Reynolds : The queen is at breakfast. If you’d like to join her, I can …
Reynolds : Shall I send for the doctor, Your Majesty ?
George : No. I’m fine. I do not need him. Yes, yes. Get him here. Charlotte ?
Reynolds : She will never know of it..

Rédigé par Mamynicky

 

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Derniers commentaires

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jptruelove  (07.09.2024 à 21:25)

Brimsley est génial ! J'aime beaucoup le personnage et  je comprends le lien qu'il y a entre eux dans la série Bridgerton.

J'adore voir les débuts de l'amitié entre Agatha et Charlotte.

Je n'aime pas du tout la mère de Georges !

cinto  (25.05.2024 à 17:13)

Super lune de miel...toute seule! 

Bon, Georges est passionné d'astronomie. J'ai raté un truc ou j'ai raison de ne pas comprendre pourquoi il délaisse sa jeune épouse?

Ah ha! les majordomes se plaisent bien. Au moins la lune de miel aura profité à certains...

mamynicky  (14.03.2024 à 23:14)

Effectivement, connaître Brimsley tout jeune, et comprendre comment il s'est attaché à Charlotte, me l'a fait grandement apprécier. Toutefois un peu de tristesse car on ne voit plus Reynolds en 1814.

vampire141  (14.03.2024 à 17:05)

J'ai adoré les 2 majordomes trop cute !!!!

mamynicky  (23.07.2023 à 20:33)

Pauvre Charlotte, habillée, déshabillée, rhabillée, coiffée et recoiffée ...

Je n'aurais aucun appétit si je devais manger dans un silence total avec toutes ces paires d'yeux fixés sur moi.

labelette  (13.05.2023 à 20:37)

Ça doit être assez insupportable d'avoir une mère comme celle de George qui s'immisce dans sa vie privée de cette manière.

Je le demandais pourquoi il ne voulait pas habiter avec Charlotte, on en sait maintenant un peu plus sur lui. Mais je ne vois pas pourquoi il lui cache ça.

Le mariage est consommé, il en aura fallu du temps ! La pauvre Charlotte devait vraiment se demander pourquoi elle passait sa lune de miel toute seule.

C'est sympa de voir Lady Danbury. Je comprends pourquoi on la voit régulièrement avec la reine Charlotte dans la série Bridgerton.

Contributeurs

Merci aux 2 rédacteurs qui ont contribué à la rédaction de cette fiche épisode

albi2302 
mamynicky 
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