4.02 - La durée poignardée
Benedict dessine plusieurs portraits de Sophie.
Auparavant, chez les Penwood, Sophie s’affaire. Lady Penwood et ses filles doivent se rendre au premier bal de la saison, chez les Bridgerton
Sophie : Ce n’était pas parfait, mais c’est déjà mieux que rien.
Alfie : Qu’est-ce qui n’allait pas avec l’autre masque ?
Sophie : Absolument rien. Il m’a fallu trois semaines pour le broder. Avec de la soie importée de France, sur du satin hollandais. Il était magnifique. J’ai pris soin de le disposer dans la garde robe des filles ce matin et il a disparu comme par enchantement. Dix minutes avant le bal, cela va de soi. Où sont passés les ciseaux ?
Irma : Ho, je les ai laissés à l’étage. Alfie, cours les chercher.
Sophie : Non, pas le temps..
La cloche sonne.
Irma : C’est elle.
Sophie : Je ne l’ai pas fini.
Alfie : Tu peux monter, je vais m’en charger. Je suis très doué pour la couture.
Sophie : Priez pour que je ne commette pas de meurtre, ce soir.
Sophie entre avec une révérence dans le salon. Lady Penwood et ses filles sont prêtes.
Sophie : Madame, la calèche est devant la porte. Vos réticules sont dans l’entrée et le nouveau masque de miss Rosamund sera terminé d’un moment à l’autre.
Lady Penwood : Nous avons retrouvé le masque de miss Rosamund.
Sophie : Oh. Excellente nouvelle, Miss Rosamund.
Rosamund : Il était par terre, sous ma coiffeuse. C’est curieux de l’avoir placé là, vous ne trouvez pas ?
Posy : Je ne crois pas que Sophie l’ait mis là expres.
Lady Penwood : Silence, Posy.
Posy : Tu l’as peut être fait tomber sans t’en apercevoir et ...
Rosamund : Posy ! Je propose que nous ayons pitié de Sophie. Les personnes envieuses peuvent se montrer inconséquentes. Il est clair qu’elle voulait gâcher mes débuts. Je me trompe, Sophie ?
Sophie : Pas du tout…
Lady Penwood : Sophie. Vous n’êtes pas en position de vous justifier. Lorsqu’on commet une erreur, on présente humblement ses excuses..
Sophie : Je vous demande pardon.
Rosamund : Je n’ai rien entendu.
Sophie : Pardonnez moi. Je vous prie d’accepter mes excuses..
Lady Penwood : Allons y.
Lady Penwood et ses filles sortent, Posy adresse un sourire à Sophie. Cette dernière retourne à l’office.
Alfie : Je viens tout juste de terminer.
Sophie : Elles sont dans la calèche. Miss Li a retrouvé son masque.
Irma : J’imagine que c’est une bonne chose.
Alfie : En tout cas, elles ont quitté les lieux.
Sophie : Miss Li m’a accusée d’être envieuse.
Irma : Envieuse de quoi ? De son impolitesse ?
Sophie : Et vous savez quoi ? Elle a raison. Je suis extrêmement envieuse. Je suis dans une colère noire. Parce qu’elles vont aller au bal ce soir, sans même savoir l’apprécier. En rentrant, elles n’auront que des critiques à la bouche. La décoration était décevante ou les robes n’étaient pas à la hauteur de la leur.
Irma : Pas Miss Posy.
Sophie : Non, pas la pauvre miss Posy. Mais Lady Penwood, rien ne trouve jamais grâce à ses yeux. Vous imaginez la beauté d’un bal comme celui là ? Je donnerais tout pour assister à un bal. Danser dans une salle magnifique au lieu de la nettoyer. Etre regardée comme une invitée légitime, au lieu de faire partie des meubles. Rien qu’une fois. Ressentir tout cela le temps d’un soir. Une seule soirée inoubliable. Quoi ?
Irma : Tu devrais y aller, ce soir.
Sophie : Moi ? Je ne peux pas aller au bal ! Même si ce serait merveilleux ! Oh, Lady Penwood me ferait sans doute écarteler. Cela dit, c’est un bal masqué. Sous un déguisement, personne ne saurait que c’est moi.
Irma : Ce serait agréable de pouvoir berner Lady Penwood..
Alfie : C’est sûr. Avec tout ce qu’elle t’inflige depuis tant d’années.
Sophie : Ce ne serait que pour une soirée. Non, je ne peux pas faire ça.
Alfie : Bien sur que si ! Une seule soirée, inoubliable ! Rien que pour toi, à ne servir personne. A être une lady.
Sophie : Il faudrait trouver un bon déguisement. Pour qu’il n’y ait aucune chance de me reconnaitre.
Alfie : Et nous avons ce superbe masque.
Irma aide Sophie à se préparer. Sophie rappelle ses instructions.
Sophie : Il faut repasser les chemises de nuit, nettoyer les brosses à cheveux, retourner les matelas …
Irma : Je sais comment préparer un lit. Ne t’inquiète pas, tout sera prêt exactement comme tu le fais toujours.
Sophie : Oh!
Alfie : Non seulement je sais coudre mais j’ai déjà vu une femme en sous-vêtements. Je suis un homme très surprenant. Le palefrenier prépare la calèche de secours. .
Irma : Où as-tu été dégoter cela ?
Sophie : Je l’ai envoyé au grenier. Personne n’y va jamais.
Alfie : Il y a une malle de toilettes ayant appartenu à la sœur de Lord Penwood. Légèrement passée de mode, mais ça n’a aucune importance. C’est un bal costumé. J’ai aussi trouvé des gants.
Sophie : Elle est somptueuse.
Alfie : Et … de ravissants escarpins argentés.
Irma : Alfie, ils appartiennent à Lady Penwood.
Alfie : Sophie ne peut pas porter de vieilles savates de travail. Tu veux l’envoyer pieds nus ?
Irma : Si elle apprend cela, Lady Penwood sera furieuse. Et si elle reconnait ses chaussures aux pieds de Sophie ?
Sophie : Lady Penwood a plus de chaussures que je ne peux compter. Il y a peu de chances qu’elle s’en aperçoive. Qu’en penses tu ?
Alfie : Je suis d’accord.
Irma : Très bien. Tu mérites d’aller à cette soirée. Et de te sentir importante. C’est ton droit par la naissance, aussi bien que miss Li ou miss Posy.
Sophie : Ca va aller. Je vais y arriver.
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Lady Whistledown : Très cher ami lecteur. Poursuivre, pourchasser, quelle excitation. Il est indéniable que tout un chacun sur cette terre recherche quelque chose. Et notre beau petit monde n’y fait pas exception …
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Chez les Bridgerton. Lord Stirling joue avec le bébé Elliott, assis sur le tapis.
Éloïse : Je suis vieille fille, ne nous voilons pas la face.
Hyacinthe : Elle ne fait aucun effort…
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… Certains d’entre nous cherchent un sens à leur vie. D’autres, rêvent de rencontrer leur moitié, d’autres encore recherchent activement la tranquillité. A l’instar de Lord et Lady Kilmartin qui ont décidé de trouver refuge dans leur résidence de Londres pour la saison.
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Pénélope : Votre mari est vraiment doué avec les enfants.
Benedict travaille avec Hatch, le secrétaire d’Anthony. Toutefois, occupé à dessiner encore la silhouette de Sophie, il ne l’écoute pas..
Secretary : Si vous voulez investir dans le charbon, la compagnie demande une avance immédiate … Je pense que le vicomte …
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… Quant à Monsieur Benedict Bridgerton, le gentleman le plus en vue de cette saison, il a dernièrement fait une apparition aussi tardive que remarquée au bal costumé de Lady Bridgerton. Même les débauchés les plus invétérés doivent s’incliner devant la plus puissante des forces de la nature : les mères. Votre chroniqueuse ne peut s’empêcher de se demander ce qu’il cherche vraiment. Mais on ne saurait trop vous conseiller la prudence dans vos recherches, cher lecteur, car il est possible que ce que vous trouviez ne soit pas à votre gout. …
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Chez les Penwood.
Lady Penwood : Sophie Baek ! Où est passée cette maudite fille ?
Sophie : Je suis là, Madame.
Lady Penwood : Une paire de mes chaussures est maculée, alors que je ne les ai pas portées.
Sophie : Oui, elles sont un peu sales. Je vais les nettoyer, Madame.
Lady Penwood : C’est à vous de remarquer ce genre de choses, afin que je n’aie pas à m’en soucier. Il faudra me les rendre parfaites. D’ailleurs, pendant que vous y êtes, vous allez cirer et recoudre l’ensemble de mes chaussures. Ainsi que celles de Rosamund. Nous voulons qu’elle soit éblouissante pour Benedict Bridgerton.
Sophie : Madame, cela représente plus de cent paires. Avec mes autres tâches, il me faudra des mois.
Lady Penwood : Magnifique, d’ici là, vous serez devenue experte..
Sophie repense au moment où Lady Penwood est entrée dans sa vie, avec ses deux filles. C’était une petite fille, impatiente et pleine d’espoir pendant qu’elle attendait l’arrivée de la nouvelle femme de son père.
Sophie : J’espère qu’elle va arriver bientôt.
Irma : Patience, Sophie.
Sophie : Je suis si heureuse de la rencontrer. J’ai vraiment hate. Je vais enfin avoir une mère. J’ai toujours rêvé d’en avoir une. Et j’aurai des sœurs pour jouer avec moi. Ma nouvelle mère doit être jolie et gentille puisqu’elle épouse mon père.
Une voiture approche
Irma : Sophie, c’est très important. Il ne faudra jamais appeler Lord Penwood « père » devant la nouvelle Lady Penwood.
Sophie : Pourquoi ?
Irma : Parce que c’est ainsi, voila tout.
Cocher : Hup!
Lord Penwood : Ma nouvelle épouse !
Lady Penwood : Mon chéri.
Lord Penwood : Je suis tellement heureux de vous voir enfin ici. Je n’ai pas aimé être séparé de vous.
Lady Penwood : Les filles sont là. Voici Rosamund et Posy.
Lord Penwood : Bonjour, mesdemoiselles. Je vais vous présenter le personnel. Voici notre majordome, Rumsey. Irma dirige la cuisine. Et voici miss Timmons, notre gouvernante.
Lady Penwood : Et qui est donc cette ravissante enfant ?
Lord Penwood : Voici Sophie Baek. Ma pupille.
Sophie : Je suis enchantée de vous rencontrer..
Lord Penwood : Je sais que vous la traiterez comme l’une des vôtres.
Lady Penwood : Oui, bien entendu. Elle est charmante et gracieuse, milord..
Lord Penwood : Je suis ravi de l’entendre.
La réalité rattrape Sophie..
Irma : Alors comme ça, Madame t’a demandé de nettoyer toutes ses paires de chaussures ?
Sophie : Et celles de miss Rosamund. Tout en pérorant sur la façon dont miss Rosamund va ensorceler Benedict Bridgerton.
Alfie : Pauvre Monsieur Bridgerton. Si ces deux là s’y mettent, même les gardes de la reine ne pourront rien pour lui.
Sophie : “Nous voulons qu’elle soit éblouissante pour monsieur Bridgerton. »
Alfie : Détecterais-je une once de jalousie, Miss Baek?
Sophie : Envers Rosamund ? J’espère que tu plaisantes.
Alfie : En tout cas, quelque chose te hérisse le poil.
Sophie : Je dois nettoyer un millier de chaussures. J’ai des crampes aux doigts. Ça me met en colère. C’est normal.
Alfie : Non. Si c’était à cause des chaussures, tu ferais de l’esprit. Les fameuses flèches de Sophie. Et au lieu de quoi, tu es triste avec une figure de six pieds de long. Depuis ce fameux bal, tu … C’est à propos du bal ! Oui, c’est ça ! oh, qu’est-ce que tu nous caches ?
Irma : Seigneur ! Tu as rencontré un homme.
Sophie : J’ai rencontré un homme.
Irma : Puis je savoir son nom ?
Sophie : Certainement pas. … Benedict Bridgerton.
Alfie : Nous y voila.
Sophie : Ce n’est rien du tout. Nous nous sommes croisés. Cela s’arrête là. Je ne le reverrai jamais. Je ne veux jamais le revoir. Quand aurais je l’occasion de le revoir ? Nous allons oublier que j’ai rencontré cet homme. Est-ce que c’est clair ?
Royal Palace.
Lady Danbury : Nous devrions peut être évoquer ce qui est arrivé au bal masqué.
Charlotte : Oui. Somme toute, le bal de Lady Bridgerton était assez amusant !
Lady Danbury : Y a-t’il eu un événement dont nous pourrions discuter ?
Charlotte : En effet. Rendez-vous compte que Benedict Bridgerton a disparu pendant une bonne moitié du bal ? Nous allons devoir garder l’œil sur ce petit monsieur quand vous donnerez votre bal.
Lady Danbury : Quand je donnerai mon … Votre Majesté. Avez-vous oublié ma requête ?
Charlotte : Vous allez donner un bal, nous sommes d’accord la dessus. Avez-vous pensé à un thème ?
Brimsley : Pardonnez mon intrusion, Votre Majesté. Lady Baird sollicite une audience.
Charlotte : Eh bien ?
Brimsley : Votre Majesté, il semble que Lady Baird soit dans une situation délicate. Avec votre permission, elle souhaiterait être relevée de ses charges pour se confiner et revenir après la naissance.
Charlotte : Vous pouvez prendre votre congé. Mais sachez qu’il sera permanent. Disposez maintenant. Quelle audace ! Ignorer à ce point toute raison, toute responsabilité, sans compter le tort qu’on me cause. Ne tient-on aucun compte de sa reine avant de prendre ce genre de décision ?
Lady Danbury : Par chance pour Lady Baird, sa reine est assez généreuse pour la relever de ses charges sans aucune hésitation.
Charlotte : Je suis réputée pour être d’une générosité infinie. Lorsque c’est mérité, bien sur.
Lady Danbury se lève et avec une révérence prend congé. Elle sort.
Lady Danbury : Merci pour cette partie. Cela a été extrêmement instructif. Mes sincères condoléances pour la perte de Lady Baird.
Violet et Eloïse, bras dessus dessous, se promènent en ville..
Éloïse : Vous voyez ?
Violet : Hmm ?
Éloïse : On ne m’accorde pas un regard. Personne ne s’intéresse à moi.
Violet : Parce que vous tenez à ce qu’on vous croie inapprochable.
Éloïse : Mais c’est faux ! Je suis quelqu’un de très aimable.
Violet : Alors essayez de leur sourire.
Éloïse : Oh ! non ! Pitié, non !
Violet : Si vous êtes certaine qu’on ne s’intéresse pas à vous, que risquez vous ?
Éloïse : Oh, non.
Benedict : Mère ! Eloise !
Violet : Eh bien ! Vous êtes très élégant, aujourd’hui.
Benedict : Vous avez l’air surprise.
Éloïse : C’est parce qu’il n’est pas encore midi. C’est surprenant de te voir debout.
Benedict : En fait, je suis venu chaperonner ma chère sœur, qui, à ce qu’on m’a dit, n’est décidément pas en voie d’être vieille fille.
Violet : Euh … Benedict … Oui ! je vous en prie. Je vais saluer le Baron Henderson.
Benedict : Mmhmm.
Éloïse : Tu n’es pas sérieux. Tu as encore inventé une ruse.
Benedict : Je ne suis pas sérieux du tout.
Éloïse : Dans ce cas, belle matinée. Ravie de te voir.
Benedict : Tu n’auras à parler à personne.
Éloïse : Mm. Mais tu vas me demander une faveur en retour.
Benedict : J’ai besoin que tu m’aides. Nous devons trouver à qui appartient ce gant.
Éloïse : Pourquoi diable as-tu un gant de femme ?
Benedict : Parce qu’une personne l’a perdu. J’aimerais le lui rendre. Evite d’en parler à Mère, s’il te plait.
Éloïse : Tu sais très bien que tu ne devrais pas t’amuser avec les sentiments des débutantes, ce qui est forcément le cas si tu ne veux pas que Maman soit au courant.
Benedict : Je ne fais absolument rien de la sorte. J’aimerais tout simplement remercier cette jeune femme pour une agréable conversation. En retour, je te protègerai de Mère et de sa terrifiante passion pour l’entremise.
Éloïse : Tu es souvent mon frère préféré.
Benedict : Hmm.
Éloïse : Par où commence t’on ?
Ils commencent par une visite à Lady Whistledown.
Éloïse : Dieu merci, étant de votre famille, nous n’avons pas à faire la queue avec toutes ces commères.
Pénélope : Elles ne viennent pas colporter les potins, elles déposent un cadeau. Et comme par hasard, une petite information leur revient en mémoire.
Éloïse : C’est malin.
Pénélope : Non, c’est assommant, je vous assure. Colin est sorti pour son déjeuner mensuel avec Monsieur Finch et Monsieur Dankworth, pour se goinfrer.
Benedict : Ah, mais c’est pour vous que je suis venu.
Pénélope : Oh.
Éloïse : Benedict a une personne en vue.
Benedict : J’aimerais simplement rendre un gant.
Pénélope : Un gant d’une dame vêtue d’argent avec qui vous avez disparu ? Lady Whistledown voit tout Benedict. J’avoue pourtant ne pas l’avoir reconnue. Qui est-ce ?
Benedict : Je l’ignore. Tout ce que j’ai, c’est ce gant. Je me disais … Comme vous voyez tout, en effet, que …
Pénélope : Que savez vous d’elle ?
Benedict : Mm. Um…
Éloïse : Pitié, dis nous que tu l’as questionnée sur ses centres d’intérêt, que tu ne l’as pas assommée de discours sur toi-même.
Benedict : J’ai posé beaucoup de questions, mais obtenu très peu de réponses. Elle a grandi en Angleterre. Elle … préfère les eaux profondes … Elle ne sait pas danser, ce qui m’a étonné. Ah, et elle lit le Whistledown.
Pénélope : Eh bien, elle a un gout très sur, mais cela ne nous donne pas grand-chose.
Benedict : En fait, je pensais … Je me demandais si vous … pourriez insérer un message dans le Whistledown pour m’aider à rendre ce gant.
Pénélope : Je vois, mais je ne pourrai pas décrire son costume ni la mentionner précisément.
Benedict : Pourquoi donc ?
Pénélope : Je ne peux pas être la seule à vous avoir vus. Elle était isolée sur une terrasse avec un homme, ce qui n’est déjà pas correct et le plus grave c’est que cet homme est un …
Éloïse : Un débauché notoire.
Benedict : Comment osez-vous ? Je suis un épicurien, amoureux des plaisirs, un esprit libre refusant les entraves de la convention.
Pénélope et Eloïse : Un débauché.
Benedict : Mmhmm.
Pénélope : Oui. Elle ne se présentera pas. Si elle le faisait, sa réputation serait entachée.
Benedict : Dans ce cas … citez mon nom. Mais dites, je ne sais pas, que je cherche la bonne personne. Cela pourra peut être la rassurer sur mes intentions ?
Éloïse : Un seul indice laissant entrevoir ton intérêt pour le mariage et tu seras assiégé par les mères.
Pénélope : Elle a raison. Une fois que les vannes sont ouvertes, plus moyen de les refermer.
Benedict : Je peux supporter quelques mamans.
Pénélope : Sa Majesté va se délecter de cela.
Benedict : Je peux supporter Sa Majesté. Je crois. Probablement ? Non, pas vraiment mais faites-le tout de même.
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Très cher ami lecteur. Cette saison, un nouvel objet de convoitise pourrait animer notre bonne société. Le cœur d’un certain fils cadet serait à prendre. Il semblerait que ce noceur invétéré et libre penseur ait été vu à intervalles réguliers en train de flâner sur Rotten Row dans l’intention d’abandonner sa vie de célibat et d’assister à de nombreux autres bals.
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Marcus rend visite à Violet. Ils tentent un rapprochement mais sont interrompus.
Mme Wilson : Madame, le dernier Whistledown.
Violet : Merci.
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… Ce séduisant gentleman aurait-il renoncé à la froideur de l’isolement pour venir se réchauffer en société ? Se pourrait-il que ce débauché se soit résolument amendé ? Y aurait-il une seule maman assoiffée de mariage ou une seule jeune femme pour ne pas se réjouir à l’annonce de cette nouvelle ? …
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Lady Penwood aussi lit le Whistledown.
Lady Penwood : Rosamund !
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… Peut être est-il en quête d’une jeune personne en particulier. Votre chroniqueuse ne peut que spéculer à ce sujet.
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Alfie : Elle décrit Benedict Bridgerton. Sophie, je lis le Whistledown depuis le début, et de A à Z. Il est très clair qu’ici, elle parle de lui. C’est peut être toi qu’il cherche après tout ?
Sophie : Ne sois pas ridicule. Il doit rencontrer une jeune femme à chaque bal. Ça pourrait être n’importe qui.
Lady Penwood : Sophie ! Sophie. Préparez Rosamund pour Rotten Row. Peut être … en bleu ! Vous allez être ravissante, ma chérie.
Escortés par Violet et Lady Danbury, Benedict et Eloïse se promènent sur Rotten Row.
Éloïse : Je n’en ai pas envie.
Benedict : N’avions nous pas un accord toi et moi ?
Éloïse : Si, mais tu étais censé me protéger des prétendants, pas me jeter dans la gueule des lions.
Benedict : Ils pourraient avoir des informations, et si Mère ne te voit pas parler aux prétendants au moins une fois, elle interviendra.
Éloïse : Est-ce de la logique ou de la coercition ?
Benedict : Lord Tuss ! Lord Pike ! Charmante journée pour une promenade, n’est-ce pas ?
Lord Tuss : Et vous êtes venu en promenade en très charmante compagnie.
Benedict : Je vais vous laisser faire plus ample connaissance.
Éloïse : Lord Tuss, vous avez une sœur je crois. Est-il possible qu’elle ne sache pas danser ?
Lord Tuss : Non !
Violet : Mais où va-t’il donc ? Oh …
Benedict s’approche d’un groupe de jeunes filles. Il scrute leurs bouches mais aucune ne ressemble à celle de Sophie.
Jeune fille 1 : Mr. Bridgerton. C’est une belle journée, n’est-ce pas ?
Benedict : En effet. On ne peut rêver de meilleure journée pour s’immerger dans l’eau, vous ne croyez pas ?
Jeune fille 2 : Oui, j’imagine. Mais personnellement, je préfère rester au sec.
Benedict : Ah.
Jeune fille 3 : Mr. Bridgerton. …
Rosamund : Moi, j’adore la natation.
Benedict : La natation ? Je ne crois pas que nous ayons été présentés, miss …
Rosamund : Rosamund Li.
Benedict : Oh…
Lady Danbury : Pourquoi ce brusque revirement ?
Violet : Je dois vous avouer que je l’ignore.
Lady Danbury : Hmm.
Violet : Mais je ne poserai pas de question par peur qu’il change d’avis.
Lady Danbury : Hm!
Posy : Autant de jeunes femmes auprès d’un seul gentleman, est-ce bien raisonnable ? On dirait un troupeau d’oies qui se battent pour le même morceau de pain. Elles vont toutes repartir déçues. La plupart de ces jeunes femmes ont l’air vraiment affamées.
Lady Penwood : Chut.
Lady Penwood : Que s’est il passé ?
Rosamund : Tout allait si bien. Il semblait charmé. Nous avons parlé de mon costume mais il s’est détourné.
Lady Penwood : Les hommes sont versatiles. Ne vous découragez pas. Nous résoudrons cela.
Benedict : Quels étaient vos costumes au bal masqué ?
… J’étais en cygne.
… J’étais en Queen Anne.
… Une nymphe des bois.
Benedict : Intéressant.
Lords : Miss Bridgerton, c’est un plaisir de vous voir ici.
Éloïse : [fait un signe à Benedict] Help.
Benedict et Eloïse continuent leur enquête. Ils fréquentent des salons et se rendent à plusieurs bals.
Éloïse : Nous sommes allés à six bals et sept soirées. Nous avons fait tellement de promenades que cela m’a fait gonfler les pieds. Et aucun signe de la dame au gant. Pitié, dis moi que nous allons abandonner et recommencer à nous dérober à ce monde ?
Benedict : Tu peux retourner te cacher. Considère toi libre de ton engagement envers moi.
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Très cher ami lecteur. Si votre chroniqueuse a pu nourrir quelque espoir de voir se ranger un certain fils cadet, j’ai bien peur que la source de cet espoir ne soit tarie, faute d’heureuse élue au sein de notre bonne société. Il semble que le prétendant que chacune appelait de ses vœux n’ait d’yeux que pour une seule personne, qui ne nous a pas encore été dévoilée. …
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Maison des Penwood.
Rosamund : Mère, quelle erreur ai-je pu commettre ? C’est le meilleur parti de la saison. Il devrait être avec moi.
Lady Penwood : La détresse de ma fille vous amuse-t-elle ?
Sophie : Bien sur que non, madame.
Lady Penwood : D’accord.
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… Votre chroniqueuse se demande toutefois combien de temps encore va durer cette quête. Car un homme qui traverse le désert finit toujours pas être rattrapé par la soif.
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Royal Palace.
Brimsley : Sa Majesté souhaite-t-elle que je lui lise le Whistledown ?
Charlotte : Non.
Maison des Featherington.
Mme Varley : Um… Lady Bridgerton est ici pour vous, Madame..
Pénélope : Quelle joie de vous voir.
Violet : Penelope, que savez-vous sur mon fils et sa recherche d’épouse.
Pénélope : Pardonnez moi, mais Lady Whistledown est tenue au secret.
Violet : Penelope Bridgerton !
Pénélope : Oui, Madame.
Chez les Bridgerton, Benedict range les dessins de Sophie dans un tiroir. Violet entre.
Benedict : Mère.
Violet : Je vois que vous travaillez. Puis-je m’assoir ?
Benedict : Je vous en prie. Vous vouliez parler de quelque chose ?
Violet : Moi, non. Mais vous, peut être.
Benedict : Moi ? Non, moi non plus.
Violet : Cela vous intéressera de savoir que j’ai eu une conversation fascinante avec Penelope.
Benedict : Oh.
Violet : Elle affirme que le célibataire dont elle parle dans le Whistledown, celui qui est prêt à prendre épouse, en toute sincérité, lui aurait même demandé d’écrire à son sujet.
Benedict : Ha oui ? C’est un peu étrange.
Violet : Je suis d’accord.
Benedict : Mm.
Violet : Et ce serait parce qu’il a rencontré une personne à mon bal masqué.
Benedict : Elle vous a dit cela ?
Violet : Elle l’a dit parce que je l’y ai forcée. Mais jamais un homme du monde n’agirait ainsi dans le dos de sa pauvre mère. En lui dissimulant des choses pareilles. A savoir que ce qu’elle souhaite peut être le plus au monde pour son fils est sur le point de se matérialiser, qu’il a rencontré une jeune femme et qu’il est prêt à l’épouser. Aucun fils ne se montrerait aussi cruel. Ai-je raison ?
Benedict : Très bien. J’ai …
Violet : Oh Seigneur. Ce gant lui appartient ? Benedict, si vous avez compromis cette jeune femme …
Benedict : Il ne s’est rien passé d’inconvenant. Elle l’a perdu avant qu’on se démasque. J’ignore même son nom, elle est partie en hâte et l’a laissé tomber. Cela n’a plus d’importance. Je sais à peine à quoi elle ressemble et j’ai oublié le timbre de sa voix. Je l’ai cherchée en vain.
Violet : C’est exactement pourquoi vous auriez dû vous confier à votre mère. Si vous l’aviez fait, je vous aurais conseillé de commencer par la maison Penwood. Ce gant est un souvenir de famille. L’ancienne Lady Penwood, sans doute la grand-mère de cette jeune femme, avait l’habitude de faire coudre le blason de la famille à l’intérieur de ses gants. Nos deux familles se connaissaient.
Benedict : Non, j’ai rencontré miss Li. Ce n’est pas la personne que j’ai rencontrée à votre bal.
Violet : Oh. Bien, très bien. Mais il est … possible qu’il y ait d’autres jeunes filles sous le toit familial.
Dans sa chambre, Sophie est perdue dans ses souvenirs d’enfance avec son père.
Lord Penwood : Sophie, vous ne devriez pas être en cours de danse ?
Sophie : Lady Penwood a jugé préférable que je ne continue pas avec Rosamund et Posy.
Lord Penwood : Je vois. Hmm. Bien, je suis sur que nous allons trouver une solution.
Sophie : Monsieur ? Puis-je vous demander de me parler de ma mère ?
Lord Penwood : Que voulez vous savoir ?
Sophie : Je n’ai aucun souvenir d’elle.
Lord Penwood : Vous avez votre pendentif.
Sophie : Comment est-elle morte ?
Lord Penwood : Votre maman vous manque. C’est très naturel. Mais je suis là, maintenant. Et sachez que je m’assurerai qu’on prenne toujours soin de vous. Je vous le promets.
Plus tard, Sophie range du linge. Posy arrive, très excitée.
Posy : Sophie, nous avons la visite d’un monsieur. Pour moi. C’est moi qu’il vient voir ! J’ai un prétendant !
Sophie : C’est merveilleux ! Allons vous recoiffer, pour qu’il voit comme vous êtes belle.
Après avoir préparé Posy, Sophie l’accompagne au salon. Posy entre, Sophie reconnait la voix de Benedict, elle regarde par l’entrebaillement.
Sophie : Respirez.
Posy : Je suis enchantée.
Benedict : C’est un plaisir de vous rencontrer.
Posy : … Et tout à coup, j’ai eu des pieds à la place des mains. J’ai du traverser toute la scène avec ms pieds-mains. Le public riait à gorge déployée. Vous en auriez fait autant en voyant quelqu’un avec des mains à la place des pieds. Enfin, des pieds à la place des mains. Enfin bref, c’est la raison pour laquelle je ne peux plus aller au théâtre.
Lady Penwood : Cela suffit Posy. Monsieur Bridgerton n’est pas intéressé par vos rêves.
Benedict : Oh, détrompez-vous. Vos rêves sont cent fois plus inventifs que n’importe quelle pièce que j’ai pu voir.
Alfie rejoint Sophie et lui prend la main.
Alfie : C’est toi qu’il veut voir.
Sophie : Il a demandé Posy. Regarde comme il est gentil avec elle. Il est ici. Il est là, dans le salon !
Alfie : Tu devrais entrer. Il te reconnaitra peut être.
Sophie : Non, bien sur que non. Ce n’était qu’un soir. Un court moment. Il ne sait pas à quoi je ressemble.
Alfie : Alors dis le lui.
Sophie : Quoi ?
Alfie : Entre la dedans et va dire à cet homme qui tu es. Fais le. C’est ta chance , Sophie.
Sophie : Lady Penwood…
Alfie : Lorsqu’il t’aura vue, que tu lui auras dit, Lady Penwood n’aura aucune importance.
Sophie : Il est peut être ici pour autre chose, pas pour moi.
Alfie : Il n’y a aucun doute. C’est pour toi qu’il est venu. Entre dans ce salon.
Sophie : Ce n’est pas moi qu’il veut retrouver. C’est la demoiselle vêtue d’une robe d’argent. Et elle n’existe pas.
Benedict : Oui, absolument. Dites-m’en plus.
Sophie : J’ai du travail, j’y retourne.
Sophie s’en va. Benedict regarde vers la porte, elle n’est plus là.
Benedict : Est-ce que toute cette imagination s’exprime dans d’autres domaines ? Par exemple … dans le déguisement, peut être ?
Posy : J’adore les déguisements. Quand j’étais petite …
Benedict : Avant d’écouter la suite de cette histoire, je serais ravi que vous me parliez du costume que vous portiez au bal.
Rosamund : Elle était habillée en sirène.
Benedict : Ah. Donc, vous n’étiez pas vêtue d’argent.
Posy : Non, mais je l’aurais voulu. Argent et violet pour les écailles. Mais on m’a dit, pas de queue.
Benedict : Hm.
Lady Penwood : Ariez-vous remarqué une personne vêtue d’argent au bal masqué ?
Benedict : Oh… J’ai parlé avec tant de monde ce soir-là, je tente simplement de savoir qui était qui.
Lady Penwood : Oui, bien sur.
Lady Penwood est pensive. Elle est intriguée par les questions de Benedict.
Benedict : Ainsi donc, vous êtes sœurs toutes les deux, c’est cela ?
Rosamund : Mm-hm.
Benedict : Et avez-vous des cousines, des amies de la famille qui auraient habité ici ? On est toujours heureux d’avoir de la compagnie.
Lady Penwood : Il n’y a que nous et cela est bien suffisant.
Benedict : Bien entendu.
Benedict s’en va, elles le regardent par la fenêtre..
Lady Penwood : Pourquoi est-il venu ici, si ce n’était pas pour te courtiser ?
Rosamund : Est-ce que c’est un gant de femme ? Qu’est-il en train de regarder ?
La reine s’ennuie. Brimsley se rend chez Lady Danbury.
Lady Danbury : Brimsley !
Brimsley : Sa Majesté fait sa sieste royale. J’ai très peu de temps.
Lady Danbury : Que se passe t-il ? Est-ce Sa Majesté le Roi ?
Brimsley : Il faut revenir, Madame. Sollicitez une audience de Sa Majesté. Demandez lui pardon.
Lady Danbury : Je n’ai rien à me reprocher et si vous pensez que je vais m’excuser, vous avez tort.
Brimsley : Elle tente de potiner avec moi mais je ne sais pas potiner en retour. Elle souhaite parler de Benedict Bridgerton. Mais mes réponses ne sont jamais les bonnes. Elle ne m’autorise pas à ranger l’échiquier. Elle refuse de terminer la partie. C’est Sa Majesté, elle est toujours au mieux, cela va de soi. Elle est glorieuse. Mais peut être pourrait on imaginer qu’elle soit un peu tombée … dans la mélancolie. Vous n’avez pas besoin d’avoir une raison de demander pardon. Si Sa Majesté veut qu’on présente des excuses, on s’excuse pour rien. C’est notre souveraine.
Lady Danbury : Je n’ai aucune envie d’aller présenter des excuses. Et encore moins d’aller disputer une partie d’échecs et de potiner avec Sa Majesté en ce moment. Qu’elle demande donc à ses dames de compagnie de la distraire.
Brimsley : Lady Danbury, il fut un temps où vous étiez sa dame de compagnie. C’était différent. Elle était différente. Vous avez été témoin de … Sa Majesté le Roi … Vous étiez là, à l’époque. Elle ne se rapprochera pas de ses dames de compagnie actuelles et n’essaiera même pas de remplacer Lady Baird. Vous savez cela et vous savez aussi pourquoi. Il ne faut pas que la partie d’échecs reste en souffrance. Elle est en difficulté. En votre absence. En l’absence de son amie. De sa seule amie. Le monde entier est en train de rapetisser. Je dois y retourner. Par pitié, Lady Danbury.
Lady Penwood s’approche de Sophie. Elle tient les chaussures argent que Sophie portait au bal.
Sophie : Lady Penwood, puis-je vous aider ?
Lady Penwood : Je me rends compte que je ne vous ai pas exprimé ma gratitude pour votre travail sur mes chaussures. J’aimerais vous récompenser. Voulez-vous essayer celles-ci ? Je sais combien vos aimez les petits luxes de la société.
Sophie : Non, merci, madame.
Lady Penwood : Ce n’était pas une suggestion.
Sophie : J’ai d’autres tâches à accomplir, madame.
Lady Penwood : Vous êtes relevée de vos autres devoirs le temps d’honorer cette requête. Enfilez ces chaussures.
Lady Penwood jette les chaussures aux pieds de Sophie et va s’assoir.
Lady Penwood : Elles vous vont à la perfection.
Sophie : Vous m’en voyez aussi étonnée que vous.
Lady Penwood : Imaginez ma surprise quand j’ai découvert que vous saviez vous habiller en femme du monde. Ces chaussures ne juraient pas du tout avec la robe couleur argent que j’ai trouvée sous votre matelas. C’était vous, vous qui avez sali mes chaussures et vous êtes introduite par ruse au bal masqué. N’essayez pas de nier, vous m’insulteriez.
Sophie : Dans ce cas, finissons en tout de suite et punissez moi. Si vous souhaitez que je polisse toute l’argenterie, je le ferai. Si vous voulez me voir récurer le sol à quatre pattes, qu’il en soit ainsi.
Lady Penwood : Il n’y a pas de puniton suffisante pour le crime de s’introduire dans un bal en se faisant passer pour une noble. De voler mes chaussures, ces gants et cette robe, dans ma propre maison.
Sophie : C’est ma maison également.
Lady Penwood : Comment osez vous ! cela n’a jamais été chez vous ! J’ai du souffrir de vous avoir sous mon toit toutes ces années. Et vous, vous me remerciez avec cette duplicité ?
Sophie : En quoi avez-vous souffert ? Alors que j’ai servi au moindre caprice sans être payée et sans jamais me plaindre.
Lady Penwood : Vous étiez en sécurité sous ma protection. Bien plus que vous ne l’auriez été seule. Et clairement bien plus que vous ne le méritez.
Sophie : Alors pourquoi ? Dans la grande bonté de cœur que vous ne possédez pas, il est évident que vous m’avez toujours méprisée. Alors, dites moi, pourquoi ne pas m‘avoir chassée si j’étais un pareil fardeau ? Pourquoi ? Vous auriez pu me jeter à la rue à l’instant où Père est mort.
Lady Penwood : Ne l’appelez pas ainsi. Vous étiez son erreur. Mais la mienne a été de vouloir aider une âme déjà perdue. Et peut être avez-vous raison, j’aurais du vous jeter à la rue en effet. Quittez cette maison. Vous ne travaillerez plus jamais à Mayfair. Je vais m’en assurer.
Sophie : Araminta…
Lady Penwood : Avez-vous perdu tout sens commun ? Restez à votre place.
Sophie rassemble rapidement ses quelques affaires et fais ses adieux aux autres domestiques.
Sophie : Irma.
Irma : C’est de notre faute. Nous t’avons envoyée à ce bal. Nous n’aurions jamais dû.
Sophie : Vous ne m’y avez pas envoyée. C’est moi qui l’ai voulu. Alfie et toi m’avez simplement aidée à réaliser mon rêve.
Irma : On a réuni un peu d’argent. Il n’y a pas grand-chose. Mais cela devrait suffire pour une semaine dans une pension.
Alfie lui donne une enveloppe puis la serre dans ses bras.
Alfie : Surtout ne dis rien. Je veux rester en colère.
Posy descend l’escalier et lui donne un petit paquet. Elle veut la prendre dans ses bras, Rosamund la retient.
Posy : Ne l’ouvrez pas maintenant. C’est peu de chose mais vous pourrez peut être les vendre. Au revoir, Sophie.
Rosamund : Posy ! Non ! Tiens toi correctement. Quel dommage que vous n’ayez pas été à la hauteur. Bonne chance.
Avec un dernier regard pour Posy, Sophie sort de la maison. Elle ouvre le paquet, ce sont des boucles de chaussures. Elle veut retourner les rendre puis se ravise et part d’un pas décidé.
Sophie : Les boucles de chaussures ! Posy.
Au palais royal.
Lady Danbury : Je suis venue vous présenter mes excuses, Votre Majesté. Je vous prie de me pardonner.
Charlotte renvoie ses dames de compagnie et invite Lady Danbury à s’assoir.
Charlotte : Vous pouvez sortir … C’est à vous de jouer. Pourquoi voulez vous m’abandonner ?
Lady Danbury : Comme je l’ai dit, je désire retrouver ma terre natale et je …
Charlotte : Non. Pourquoi voulez vous m’abandonner, moi ?
Lady Danbury : Votre Majesté
Charlotte : C’est hors de question. Vous ne pouvez pas partir.
Lady Danbury : Je sais, c’est difficile …
Charlotte : Je ne vous y autorise pas. Vous ne partirez pas.
Lady Danbury : Soyons raisonnable.
Charlotte : Non. Vous ne partirez pas. Je vous l’interdis.
Lady Danbury : Vous n’allez pas m’interdire de partir.
Charlotte : Bien sur que si.
Lady Danbury : Vous n’allez pas faire ça.
Charlotte : Je vous dis que si.
Lady Danbury : Je vous dis que non ! Pas si nous sommes amies.
Charlotte : Je suis … votre souveraine !
Lady Danbury : Dois je entendre que vous ne me considérez que comme votre sujet ?
Charlotte : Vous êtes mon sujet, Lady Danbury.
Lady Danbury : Cela est assez clair. Mes plus humbles excuses pour avoir oublié ma position. Je devrais y aller.
Lady Danbury s’incline puis elle se dirige vers la porte.
Charlotte : Je suis désolée. Je ne le pensais pas. Je suis désolée. Toutes mes excuses.
Lady Danbury revient sur ses pas..
Lady Danbury : Tout va bien. Votre Majesté, tout va bien.
Charlotte : Agatha, vous ne pouvez pas me laisser toute seule ici. Que va-t-il se passer quand il décèdera ?
Lady Danbury laisse tomber sa cane et prend Charlotte dans ses bras.
Lady Danbury : Je suis là, Votre Majesté, Ne vous inquiétez pas. Votre amie est là.
Lady Danbury croise le regard de Brimsley, brisé de voir sa Reine pleurer.
Sophie essaie de vendre les bouches de chaussures sur le marché..
Marchand : ça sonne creux. Les diamants, c’est lourd. Ça, c’est de la pâte de verre. Ils sont faux.
Sophie : Vous en êtes certain ? Je veux avoir de quoi quitter Londres.
Merchant : Votre collier, en revanche, je peux vous en donner un bon prix.
Sophie : Il n’est pas à vendre.
Merchant : Alors voilà tout ce que je peux vous donner. Tenez, vous devriez avoir assez pour une malle-poste.
Sophie : Merci.
Sophie peut quitter Londres.
Eloise rejoint Benedict dans le jardin, sur la balançoire.
Éloïse : Je peux te tenir compagnie ?
Benedict : Ai-je fait quelque chose pour te déplaire ? Parce que je ne te vois plus beaucoup.
Éloïse : Et tu t’en aperçois enfin ?
Benedict : Eloise.
Éloïse : Le club t’a rejeté, tu n’en fais plus partie.
Benedict : J’étais dans un club ?
Éloïse : Oui, avec moi ! Je croyais que nous serions inflexibles ensemble, contre le mariage, mais … tu es passé dans l’autre camp.
Benedict : Je te rassure, je ne suis vraiment pas près de me marier.
Éloïse : Tu as voulu le faire. Avec la dame au gant.
Benedict : J’ai cru que ce serait possible. Mais … elle n’en a pas eu envie. Pourquoi l’aurait-elle voulu ?
Éloïse : Pourquoi ne l’aurait-elle pas voulu ?
Benedict : Toi et moi nous savons que je suis le mauvais Bridgerton. Très loin d’être un bon parti, je suis celui qui n’est pas sérieux. Le débauché. Le libre-penseur. Tu vas peut être devoir me réintégrer au sein du club.
Éloïse : Allons bon …
Benedict : Ne t’inquiète pas. Je suis juste un peu … J’ai besoin de m’éclaircir les idées. Je vais aller faire un tour.
Éloïse : L’alcool va couler à flots, j’ai l’impression. Je t’en prie ! Ne me laisse pas aux prises avec maman.
Benedict : Notre mère pourrait bien te surprendre.
Après une nuit alcoolisée dans une soirée où Benedict est resté isolé dans un coin, il revient à la réalité, entouré de messieurs pour la plupart éméchés.
Femme de chambre : Excusez moi, Monsieur.
Un homme : Elle est trop rapide pour vous,, Hendricks.
Hendricks : Je l’aurai avant la fin de la nuit.
Hiscox : Bridgerton. Cavender a réussi à nous traîner tous les deux dans l’une de ses fêtes.
Benedict : Il semblerait, où sommes nous ?
Hiscox : Dans le domaine campagnard de Lord et Lady Cavender. Ils sont à Londres pour le week-end. Phil en profite à sa manière.
Benedict : Ah. Je ne vous ai pas vu au cercle ces derniers temps.
Hiscox : Non, j’ai … Vous souvenez-vous de Virginia?
Benedict : L’actrice ? Je pense, oui..
Hiscox : Nous sommes tombés amoureux. Elle a accepté d’être ma maitresse.
Benedict : Une seule femme, ce n’était pas assez pour vous.
Hiscox : Il y a forcément quelqu’un pour vous quelque part.
Un homme : Hiscox ! Bridgerton ! Si vous ne pariez pas au prochain tour, nous devrons décider lequel d’entre vous sera poussé dans le lac avec le pantalon sur les chevilles.
Benedict sort de la maison. Un bruit de voix l’attire. Une servante, Hazel, est aux prises avec plusieurs hommes. Sophie accourt à son secours et jette un verre d'eau au visage de l'un d'eux.
Hazel : Non.
Cavender : Détends toi un peu. Tu es bien trop jolie pour être aussi solennelle.
Hazel : Je ne suis pas de ce genre là, Monsieur.
Cavender : Je suis sur que les tâches à la cuisine peuvent t’attendre.
Sophie : Cours. Enferme toi dans ta chambre.
Cavender : Sale petite trainée !
Sophie : Je hurle si vous me touchez.
Cavender : C’est encore mieux quand elles hurlent …
Benedict se précipite et frappe Cavender qui tombe.
Benedict : Qu’est-ce qu’il y a Cavender ? On n’a plus envie de jouer ?
Ils luttent quelques instants, Benedict plaque Cavender sur le sol.
Cavender : ça suffit ! arrêtez ! ce n’est rien qu’une bonne !
Benedict : Présentez lui vos excuses !
Cavender : Je … Toutes mes excuses Toutes mes excuses.
Benedict : Si vous traitez une femme de la sorte encore une seule fois, je m’assurerai que vous soyez banni de la société. Est-ce assez clair ? Oui.
Cavender : Oui.
Benedict : C’est valable pour vous aussi.
Cavender : Nous ne toucherons jamais à cette femme. Parce qu’elle ne travaille plus ici.
Sophie : Monsieur Bridgerton ?
Benedict : Pardonnez moi, mais … est-ce que nous nous connaissons ? Avez-vous travaillé pour quelqu’un de mes relations ?
Sophie : Non, nous ne nous connaissons pas.
Benedict : Alors comment savez vous mon nom ?
Sophie : Je … Je … Je l’ai entendu. Quelqu’un l’a prononcé tout à l’heure. Excusez moi Monsieur.
Nous revenons au jour des funérailles de Lord Penwood. Sophie n'est plus une enfant. Lady Penwood promet de prendre soin d'elle.
Lady Penwood : Je ne peux pas croire qu’il ne soit plus là. Ce ne sera plus pareil sans lui. En particulier pour vous. Je suis navrée, Sophie. L’avoué ne m’a tenue informée que ce matin. Feu Lord Penwood ne vous a pas incluse dans son testament.
Sophie : Il n’aurait jamais fait cela. Il m’avait promis de toujours s’occuper de moi.
Lady Penwood : Oui, car c’était un homme bon, qui ne supportait pas de se montrer cruel. Mais la vérité de son amour est traduite dans sa succession, et il n’y a aucune mention de votre nom.
Sophie : Non, non. Je sais que mon père m’aimait.
Lady Penwood : Oui. Je comprends que vous vouliez le croire. Votre mère aussi s’était crue autorisée à le croire. Lord Penwood ne vous a jamais dit la vérité ? Comme à moi, il a omis de vous dire certaines choses. Votre mère était une bonne. Une bonne qui s’était laissée aller à devenir une maitresse. Elle est morte quand vous étiez toute petite. Sans aucun titre, ni argent, ni dignité. Et sans mari. Elle non plus n’avait rien hérité de Lord Penwood. Ne vous inquiétez pas, Je vais prendre soin de vous. Je vais vous nourrir, vous habiller et maintenir un toit sur votre tête. Vous travaillerez comme bonne.
Sophie : Mais je suis la fille d’un homme noble.
Lady Penwood : Vous êtes illégitime. Une position de bonne est ce que vous pouvez espérer de mieux. Cela vous rendra invisible. Croyez moi. De cette façon, vous serez protégée. Tant que vous ne révez pas d’outrepasser votre condition. Comme votre mère l’a fait.
Sophie reste seule, en larmes, sur la tombe de son père.
Benedict : Vous allez bien ? Ou allez vous ?
Sophie : Je m’en vais Monsieur, je dois chercher un autre travail.
Benedict : Nous sommes en pleine campagne, au beau milieu de la nuit.
Sophie : Oui Monsieur. La ville la plus proche pour trouver du travail est à sept heures de marche. Je dois me mettre en route.
Benedict : Mais … Permettez moi de vous emmener.
Sophie : Je n’irai nulle part avec vous, Monsieur Bridgerton. Vous m’avez fait perdre mon emploi. J’en avais besoin pour survivre.
Benedict : Vous étiez clairement maltraitée dans cette maison.
Sophie : Les parents de Monsieur Cavender reviennent demain matin. Il suffisait que je tienne la nuit.
Benedict : Et lorsque ses parents seraient partis à nouveau, pensiez vous vous tenir sans arrêt sur vos gardes ? Ce n’est vraiment pas une vie.
Sophie : Croyez vous que j’ai les moyens d’avoir le choix ? Bonsoir, Monsieur.
Benedict : Je vous trouverai une autre situation à Londres. Dans un endroit plus sur.
Sophie : J’ai déjà cherché de ce coté là.
Benedict : Mm… J’ai mes entrées. Faites moi confiance. S’il vous plait, vous ne pouvez pas marcher dans le noir. C’est trop dangereux. Je vous assure que je ne poserai pas la main sur vous. Contrairement à Cavender, on m’a appris à respecter les bonnes. Je … Je ne poserai même pas les yeux sur vous.
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Très cher ami lecteur. Il semblerait que le fils cadet préféré de cette chronique ait été entrainé vers une demeure à la campagne ce week end, afin de mettre un point final à la quête de sa dame mystère …
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Benedict lui tend la main, elle hésite puis accepte de monter en voiture avec lui.
Benedict : Nous ne nous connaissons vraiment pas ?
Sophie : Comment le pourrions nous ? Je ne suis qu’une bonne, Monsieur.
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… Il est certain que cette nouvelle va briser plus d’un cœur à Mayfair. Votre chroniqueuse espère que dans sa retraite, notre festoyeur finira par trouver ce qu’il cherche au plus profond de lui. Seul le temps nous le dira.
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La voiture s’éloigne dans la nuit.
Rédigé par mamynicky