4.01 – La valse
Les Bridgerton sont de retour à Londres pour une nouvelle saison. Violet supervise une armée de domestiques.
Violet : Les plateaux plus à gauche. Non, ces fleurs vont sur le côté.
Domestique : Oui, Madame.
Violet : Madame Wilson ?
Mme Wilson : Une autre fournée est en train de cuire. Les jeunes filles auront besoin de réconfort après quinze jours de voyage.
Violet : Bien entendu. Merci, Madame Wilson.
Madame Wilson descend à la cuisine. La même effervescence qu’au salon y règne.
Mme Wilson : Bien. Il me faut les scones et les napperons au plus vite.
Celia : Les scones sortent du four et les napperons sont repassés et prêts à l’emploi.
Une sonnette s’agite sur le tableau.
John : Notre princesse Hyacinthe est réveillée.
Mme Wilson : J’ai vu une empreinte de semelle dans le hall d’entrée.
John s’empresse d’essuyer ses semelles. La sonnette du Grand Hall s’agite.
Celia : Elles sont là !
Cuisinière : Dépêchons, allons !
Une voiture s’arrête devant la maison des Bridgerton. Eloïse puis Francesca et son mari en descendent.
John : Bienvenue Miss Bridgerton.
Éloïse : Bonjour John. Quel plaisir d’être de retour chez soi.
Lord Stirling : Votre séjour en Ecosse est il déjà oublié ?
Francesca : Rassurez vous, votre magnifique château nous manque, au contraire.
Francesca prend le bras de sa sœur et elles avancent vers la maison.
Francesca : (en chuchotant) Cela dit, je suis ravie d’être à la maison.
La famille est réunie pour accueillir les voyageurs. Dans le salon, Penelope et Colin jouent avec leur bébé, Elliott.
Pénélope : Qui est-ce, c’est papa ? Oh parfait, exactement comme vous l’êtes. Vous êtes parfait, Elliott.
Colin : Oui, comme sa mère. Dans mes bras.
Portia : Je vais prendre Lord Featherington. Nous voudrions éviter que quelqu’un renverse du thé sur l’héritier de notre grand nom.
Violet : Mais les voilà !
Hyacinthe : Juste à temps pour partager le petit déjeuner.
Éloïse : Penelope ! vous m’avez tant manqué !
Pénélope : Eloïse ! Comment était l’Ecosse ?
Éloïse : C’est un désert. Il n’y a personne dans ce pays, j’en étais réduite à parler aux moutons.
Pénélope : Oh, misère !
Hyacinthe : Vous n’avez pas envie de lui manger les joues ?
Dans un coin du salon, Madame Wilson, John et Celia regardent les retrouvailles.
Mme Wilson : Ils sont mignons tant que vous n’avez pas la charge de les surveiller et de les empêcher de crier. Je suis bien contente que la Vicomtesse ait eu son bébé en Inde.
Celia : Madame Wilson ! J’ai hate de voir le petit héritier à leur retour.
John : On avait bien besoin de garçons. Ça devenait trop féminin ici avec le départ de Gregory à Eton.
Celia : Comme si ça t’embêtait !
Mme Wilson : En vérité, je ne compte pas sur miss Bridgerton pour se faire courtiser, mais … si miss Hyacinthe s’y prend bien, elle fera ses débuts d’un jour à l’autre.
Hyacinthe : Maman m’autorise à allonger mes robes !
Francesca : C’est vrai ?
Pénélope : Dis bonjour à Erloïse.
Violet cherche Benedict du regard. Elle s’approche des domestiques.
Mme Wilson : Tout est comme vous le voulez Madame ?
Violet : Absolument, tout est parfait. Du moins, ça pourrait être parfait. Ce serait parfait si … Où est Benedict ?
Elle s’approche de John.
Violet : Faites préparer ma voiture.
John : Tout de suite, Madame.
Quelques instants plus tard, Violet descend de voiture et se dirige vers l’appartement de son fils.
Cocher : Stop ! Ho !
John : Lady Bridgerton ! vous ne préférez pas que j’aille le chercher pour vous ?
Violet : Vous avez du me le ramener bien trop souvent ces derniers mois, John ! Mais il se peut, s’il est tiré de son sommeil aviné grace au visage de sa mère, que pour une fois, il soit à l’heure.
Après avoir traversé un couloir encombré, Violet pousse les portes de l’appartement.
Valet : Lady Bridgerton !
Violet : Je requiers une audience avec mon fils.
Valet : Je regrette, mais la chambre est quelque peu en désordre, Madame. Peut être faudrait il faire venir une bonne d’abord.
Violet : Je vous assure que j’ai souvent été témoin des désordres de mon fils. LA PORTE !
Le valet s’exécute et ouvre la porte de la chambre. Violet se dirige vers le lit et tire les draps. Benedict est nu à côté de deux maitresses.
Violet : Tout compte fait, faites venir une bonne. Ou deux. Benedict Bridgerton. Oh ! bonté divine ! Où est votre chaperon jeune fille ?
Benedict : Comment êtes vous entrée ?
Violet : Doux Jésus, ouvrez donc les rideaux. Il est bien temps que mon fils se lève.
Benedict : Non, non, pitié, ne faites pas ça !
Jeune femme 1 : Il y a trop de lumière
Violet : Dieu du ciel.
Jeune femme 2 : Qui êtes vous ?
Violet : Je suis …
Benedict : Non, vous ne devriez pas …
Violet : Non, non, non, qui je suis n’a aucune importance parce que je m’en vais.
Benedict : Mère !
Jeune femme 1 : C’est votre mère ?
Violet : Nous aurons une discussion tout à l’heure. John ?
Violet sort, John la suit après un geste d’impuissance pour Benedict.
Plus tard, chez les Bridgerton, Benedict travaille avec son secrétaire.
Secrétaire : Une lettre de l’avoué demandant si vous souhaitez continuer les investissements familiaux dans le cuivre. Je me rappelle que le vicomte insistait beaucoup sur la sagesse de cet investissement.
Benedict : Très bien alors !
Secrétaire : Des lettres de vos locataires. Monsieur Boyle veut solliciter un prêt pour renforcer la clôture du bétail.
Benedict : Accordé.
Secrétaire : En êtes vous certain Monsieur Bridgerton ? En général le vicomte refuse ce genre de requête tant que les finances des locataires ne sont pas sûres.
Violet entre dans le bureau, le secrétaire se retire.
Secrétaire : Si vous me cherchez … je serai ailleurs.
Benedict : Mère. Veuillez m’excuser.
Violet : De quoi ? De manquer constamment les événements familiaux, ou d’y arriver en retard ? Généralement en empestant l’alcool ? Ou de profiter de ma nature affable ? Ou d’avoir sombré dans une telle débauche cet été que si j’en crois les apparences, vous vous retrouvez avec non pas une mais deux maitresses ? Benedict, que se passera t’il si l’une d’elles tombe enceinte ?
Benedict : Elles ne sont pas mes maitresses, ce sont de simples connaissances.
Violet : C’est encore pire !
Benedict : Mère, je fais … attention.
Violet : Le fait que vous trouviez matière à en rire … Vous avez encore deux sœurs à marier, Benedict et leur destin dépend de la réputation de la famille. Vous ne prenez pas en compte leur avenir ?
Benedict : Anthony doit le prendre en compte. C’est Anthony le vicomte, sa réputation assure la noblesse à notre nom. Moi, je ne suis qu’un fils cadet.
Violet : Qui devra aussi songer à se marier un jour et devra chercher l’approbation du père d’une jeune demoiselle convenable. Ce qui requiert de vous conduire en gentleman et non … et non en dépravé.
Benedict : Votre langage, mère !
Violet : Vous allez vous abimer la santé si vous persistez dans vos excès.
Benedict : Ma santé me regarde et ne vous inquiétez pas de ma réputation. Il est très improbable que je me marie.
Violet : Benedict Bridgerton !
Benedict : Je vous l’accorde, les demoiselles célibataires et bien nées sont charmantes pour la plupart, mais elles ont toutes le même rêve de mariage. Elles ne font preuve d’aucun entrain, d’aucune joie de vivre, d’aucune … personnalité. J’explore des voies audacieuses en dehors de la bonne société. En faisant cela, je suis fidèle à moi-même. N’est-ce pas le but ? N’est-ce pas satisfaisant pour vous ? Je vous en prie.
Violet : Non, pas du tout. Vous n’avez pas rencontré la bonne personne et vous ne la rencontrerez jamais si vous refusez de vous assagir et de vous joindre à la société. Il suffit, trop c’est trop.
Benedict : Mère !
Violet : Assez, Benedict ! Vous souhaitez être fidèle à vous-même. Soyez ce que vous êtes. Un membre de cette famille. Les yeux de toute la noblesse seront braqués sur nous, les hôtes du premier bal. Alors, par pitié, de grace, ne m’humiliez pas. Et pas de retard cette fois !
Au palais royal, la reine Charlotte, entourée de Lady Danbury et du fidèle Brimsley, bouillonne d’impatience dans la salle d’audience.
Charlotte : Où est-elle ?
Lady Danbury : Vous venez à peine de l’envoyer chercher, Votre Majesté.
Charlotte : Pfff
Lady Danbury : Avez-vous décidé si vous assisteriez au bal de Lady Bridgerton ?
Charlotte : C’est un bal masqué. Je ne vois aucun intérêt à me déguiser en quelqu’un d’autre que moi . De combien de temps a-t’on besoin pour arriver au palais ? Elle est en retard.
Lady Danbury : Voyez vous … votre présence signifierait beaucoup pour Lady Bridgerton. Cela la confirmerait comme nouvelle hotesse du premier bal de la saison.
Charlotte : Pourquoi est-ce Lady Bridgerton qui organise le premier bal et pas vous ?
Lady Danbury : Eh bien …
Valet royal : Lady Whistledown, Votre Majesté.
Penelope entre, serrant son sac contre elle, l’air stressé. Lady Danbury l’encourage d’un sourire.
Pénélope : Votre Majesté.
Charlotte : Madame Bridgerton, vous êtes en retard.
Pénélope : Vous venez de m’envoyer chercher, Votre Majes …
Charlotte : En retard !
Pénélope : Mes … mes plus humbles excuses.
Charlotte : Bien. Nous commençons une autre saison. En tant qu’amies, cette fois. Et il en sera ainsi tant que vous me rapporterez des potins croustillants.
Pénélope : Je vais m’y employer.
Charlotte : C’est parfait. Alors, donnez moi un avant gout avant que la première édition soit distribuée aujourd’hui.
Pénélope : Je … Oui, bien sur, Votre Majesté. Demain soir, nous lancerons la saison mondaine mais les choses pourraient paraitre …
Charlotte : Non, non, Madame Bridgerton. Il faut commencer par le commencement. Comme à votre habitude.
Pénélope : Oui, Votre Majesté. Très cher ami lecteur …
Charlotte : Oh !
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Lady Whistledown : Très cher ami lecteur.
Demain soir, nous lancerons la saison mondaine. Mais les choses risquent de paraitre un peu différentes de ce à quoi notre belle société a l’habitude d’assister. Parce que demain soir, se tiendra le bal masqué de Lady Bridgerton, un événement qui sans nul doute transportera les invités dans un monde de fantaisie …
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Dans sa chambre, Penelope s’apprête, aidée par deux femmes de chambre. Elle écoute avec Portia, Madame Varley rapporter les derniers potins. Colin entre.
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… Bien cachés derrière un masque nous sommes libres d’être qui nous avons envie et libres de faire connaissance avec qui nous le désirons …
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Chez les Bridgerton, les préparatifs pour le bal vont bon train.
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… Ce qui est certain, c’est qu’un bal masqué ne ressemble à aucun autre événement. Préparez-vous, très cher lecteur, car tout peut arriver.
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Benedict sort de la maison pour rejoindre un cercle privé. Il traverse plusieurs salles, Un homme s’approche de lui.
Valet : Un porto ?
Benedict : Merci.
Un homme : Quelle ambiance ce soir !
Benedict : Louis ! Vous avez belle mine.
Louis : Naturellement. Je vous retourne le compliment.
Benedict : Mm-mm. Pas ce soir.
Louis : Non, bien sur. Vous êtes invité à un événement mondain scandaleux, je parie. Je me trompe ?
Benedict : Evénement scandaleux organisé par ma mère. Je viens chercher un peu de plaisir pour me réconforter. Je ne peux rester longtemps.
Louis : Je n’ai pas besoin de vous bien longtemps. On peut être comblé de plaisir en un temps assez bref.
Ils s’enlacent et s’embrassent.
Chez les Bridgerton, on s’affaire dans la cuisine, on décore des gâteaux, on met la main aux derniers plateaux qui seront servis au cours du bal.
Mme Wilson : Ces bouquets vont la haut pour encadrer les musiciens. Mettez les napperons bleus sur les petites tables ainsi que … Oh ! seigneur ! Où cette pièce montée est elle censée aller ?
Celia : Sur la table à desserts près de la porte.
Mme Wilson : Celle que je vous ai précisément demandé d’écarter de la … Pourquoi n’a-t-on pas apporté les carnets de bal en haut ?
John : On a décidé de ne pas les mettre en haut. On a pensé que le but de la soirée était de se cacher.
Mme Wilson : Le but de la soirée est d’essayer de cacher son identité sous un déguisement ou un masque. Même s’ils n’y réussissent guère, ils doivent bien danser.
John : Mais, Madame Wilson …
Mme Wilson : A la place de leur nom ils mettront celui de leur déguisement.
Celia : Est-ce qu’ils vont garder les masques pendant toute la fête ?
Mme Wilson : Jusqu’à ce que l’horloge sonne minuit.
Celia : C’est très exaltant.
John : Exaltant pour eux, oui. Le chaos pour nous.
Les Bridgerton sont prêts pour le bal, à l’exception de Benedict.
Une jeune fille, vêtue d’une toilette argent vient de nouer son masque et sort de chez elle d’un pas décidé. Elle monte en voiture. Devant la maison des Bridgerton, elle regarde les invités déguisés et masqués, qui se dirigent vers l’entrée.
Sophie : Tu peux le faire Sophie. Tu vas y arriver.
Valet de pied : Nous sommes arrivés, madame. (En chuchotant) il y a tout un groupe qui arrive, suis les et entre en te mêlant à eux. Surtout, ne reste pas au-delà de minuit.
Elle sourit au valet puis entre avec le groupe. Elle regarde autour d’elle, émerveillée. John s’approche et lui présente un plateau avec les carnets de bal.
John : Madame ? Madame ?
Sophie : Oh ! oui ? Pardonnez-moi, je suis venue avec tout ce … groupe de personnes.
John : Bien sur. Je suis certain qu’on leur a déjà donné leur carnet de bal.
Sophie : Oh ! Oui, sans aucun doute.
John : Voulez-vous que je vous l’attache, à la place de votre chaperon ?
Sophie : Oh, non. Je l’ai perdu dans la foule. Il y a beaucoup de monde, donc … Merci.
Elle prend un carnet de bal. Plus loin, Lady Penwood et ses filles regardent les danseurs.
Posy : Alors un bal ressemble à cela ? Je l’avoue, je ne m’attendais pas à voir autant d’épaules. A combien de bals devrons nous assister cette saison ? Je crois que je vais adorer la société.
Rosamund : Une jeune fille n’est pas censée bavasser, Posy.
Sophie se glisse parmi les invités. Lorsqu’elle aperçoit Lady Penwood et ses filles, elle s’éloigne rapidement. Plus loin elle regarde avec un air d’admiration autour d’elle.
Sophie : Grandiose.
Violet : Je suis ravie de vous voir et je vous en prie, tachez de vous divertir.
Lady Danbury : Violet Bridgerton. Voila une fête splendide, c’est très réussi.
Violet : Lady Danbury ! Vous n’avez vraiment aucun regret ?
Lady Danbury : Pas le moindre. Organiser le premier bal de la saison a toujours beaucoup compté pour moi, mais croyez moi, je n’ai qu’une hâte, c’est de laisser ma place. Qui attendez vous encore ?
Violet : Benedict. Il semble qu’il soit encore en retard.
Marcus : Bonsoir. Je t’en prie !
Violet : Vous êtes assortis.
Lady Danbury : Mon cher frère, qui crois tu être exactement ?
Marcus : Je suis Zeus. Et toi, serais tu Héra ?
Lady Danbury : JE SUIS Zeus ! A mon avis, les dieux grecs seraient toujours au pouvoir la haut, si Zeus avait été une femme.
Marcus : Je trouve que nous avons plutôt fière allure.
Violet : Je suis on ne peut plus d’accord.
Les Mondrich entrent à leur tour dans la salle de bal.
Alice : La soirée s’annonce très amusante.
Will : En effet. Cependant, si tu croises quelque vipère, empressons nous de rentrer chez nous.
Alice : Ce sont des Bridgerton que je devine sous ces masques ?
Violet : Pardonnez moi, je dois vous abandonner pour trouver mon fils.
Majordome : Son Altesse Royale, la Reine.
Charlotte entre, escortée de Brimsley, ses dames de compagnie et la garde royale.
Violet : Votre Majesté.
Charlotte : Amenez la moi.
Lady Danbury : Votre Majesté.
Charlotte s’installe sur l’estrade préparée à son intention. Brimsley part à la recherche de Lady Whistledown qu’il escorte jusqu’à sa reine.
Brimsley : Pardonnez moi, où puis-je trouver l’honorable Madame Colin Bridgerton ?
Charlotte : Madame Bridgerton, je suis là.
Pénélope : C’est si généreux de votre part de nous honorer de votre présence, Votre Majesté.
Charlotte : Hé bien ?
Pénélope : Votre Majesté, la saison commence à peine. Mais je suis sure que nous trouverons une débutante ou deux que vous pourrez parrainer.
Charlotte : J’en ai assez de ces débutantes. Elles ont été si peu fiables par le passé. Et si nous concentrions nos efforts cette année pour trouver le candidat au mariage idéal pour enflammer la compétition ?
Pénélope : Oh, euh … Très bien. Certainement. Oh, euh … Lord Napier a dit vouloir se marier.
Charlotte : Il est plutôt bel homme.
Pénélope : Malheureusement, il est aussi extrêmement ennuyeux.
Charlotte : Ah ! Qui d’autre ?
Pénélope : Monsieur Frye pourrait convenir.
Charlotte : Si on louche peut être. Et celui là, la bas ?
Pénélope : Le Baron Hamilton .
Charlotte : Non, pas assez fortuné. N’y a-t-il donc personne ici qui soit digne de mon intérêt ?
En quête de Benedict, Madame Wilson descend aux cuisines.
Mme Wilson : Est-ce que quelqu’un a vu Monsieur Bridgerton ?
Benedict arrive devant la maison, John l’attend avec un masque.
Benedict : Bonsoir Mesdames.
Miss Livingston : Bonsoir.
Miss Hallewell : Monsieur Bridgerton.
Benedict : (à John) Tenez. Merci.
John : Je vous en prie.
Violet : Benedict !
Benedict : Bonsoir mère !
Violet : Vous avez deux heures de retard, encire une fois. Vous étiez censé chaperonner Eloïse.
Benedict : Mais j’étais là. Ne m’avez-vous pas reconnu avec mon masque ?
Violet : Que je sache, nous ne servons pas de gin ce soir. Pourtant votre haleine et vos vêtements empestent.
Éloïse : Il est réconfortant de voir que rien n’a changé.
Benedict : Eloïse !
Il la prend dans ses bras.
Éloïse : Comment se fait il que tu sois en retard et en habit froissé alors que j’arrive tout droit des Highlands ?
Benedict : J’ai du passer à mon appartement avant de venir pour me changer. L’élégance et l’exactitude ne sont elles pas démodées ?
Éloïse : Ce même vieux Benedict.
Benedict : Peut être pas ce soir. Ce soir, on peut prétendre être qui on en aura envie
Violet : Du moment que vous prétendez avoir envie de parler au groupe de débutantes face à nous.
Benedict : Mère !
Violet : J’ai préparé ceci minutieusement. Votre présence implique votre retour au bercail, dans la société. Reste à le confirmer aux yeux du monde en bavardant avec les débutantes.
Benedict : Je viens seulement …
Violet : Les débutantes ! C’est un ordre.
Benedict s’exécute et s’approche du groupe de jeunes filles.
Benedict : Bonsoir Mesdemoiselles. Vous êtes particulièrement ravissantes.
Miss Power : Monsieur Bridgerton, votre déguisement est superbe.
Benedict : Croyez vous ? Car vous m’avez reconnu immédiatement.
Miss Power : Oui, je distinguerais la carrure d’un Bridgerton n’importe où. Vos frères et vous, avez tous la même stature.
Benedict : Ah ! C’est vrai.
Miss Power : Et vous êtes le numéro deux. Oui !
Benedict : C’est bien mon nom.
Miss Patridge : Et vous êtes le dernier célibataire. N’avez vous jamais songé à ce que cela change ?
Benedict : Je vois que vous oubliez Gregory. Et d’ailleurs, qui vous dit que je ne suis pas lui ?
Surprises, les jeunes filles se regardent.
Pénélope :Il y a aussi Monsieur Lewis. Cela pourrait être un bon candidat, mais … il dégage une odeur parfois, alors …
Lady Penwood : Lady Bridgerton !
Violet : Lady Penwood ! Bienvenue.
Lady Penwood : C’est une fort jolie fête.
Violet : Oh oui, certes. Vous vous êtes faite bien rare, ces derniers temps.
Lady Penwood : En effet, j’ai préféré me retirer du monde depuis la mort de mes maris. Le premier et le second. C’est triste, mais c’est ainsi.
Violet : Oui. Le Vicomte Li et ensuite le Duc de Penwood. Je vous présente mes condoléances pour tous les deux. Et ces jeunes filles sont vos filles ?
Lady Penwood : En effet. Elles ont récemment fait leurs débuts. Puis je vous présenter mon aînée, Miss Rosamund Li.
Rosamund : C’est une fort jolie fête.
Lady Penwood : Et la cadette, Miss Posy.
Posy : Je trouve votre fête très amusante.
Violet : C’est très aimable, merci.
Lady Penwood : Qu’en est il de vos enfants ?
Violet : Ils vont bien, je vous remercie. Anthony voyage en Inde avec son épouse et Colin et Pénélope …
Lady Penwood : Croyez vous que vous réussirez cette saison ?
Violet : Réussir quoi ?
Lady Penwood : Persuader votre second fils de se marier.
Violet : Je … Je ne saurais le dire. Vous savez combien les jeunes gens peuvent être imprévisibles. Mais, je vous en prie … continuez à vous divertir.
Violet les quitte précipitamment.
Lady Penwood : Avez-vous étudié vos portraits ce matin ? Le voici.
Posy : Qu’il est bel homme !
Lady Penwood : Ne soyez pas frivole. Le plus important est son nom de famille. Il y a des rumeurs de débauche à son propos, mais tout le monde sait qu’un débauché repenti fait le meilleur des maris.
Elles regardent Benedict traverser la salle. Plus loin, Penelope écoute une conversation, un verre à la main. Puis elle rejoint Eloïse.
Lord Fife : Croyez vous que la fée près de Lord Arliss soit sa maitresse ?
Lord Basilio : Il serait bien téméraire de l’amener sous le nez de Sa Majesté. Et sous celui de sa femme.
Pénélope : J’avais cru que la nouvelle de Lord Arliss amenant sa maitresse ici serait le plus scandaleux des potins que j’aurais pu surprendre mais que Miss Eloïse Bridgerton discute fougueusement avec des débutantes, est encore plus scandaleuse.
Éloïse : D’abord, pourquoi Penelope Bridgerton rase t-elle les murs ?
Pénélope : Penelope Bridgerton ne rase pas les murs, Whistledown si. La reine attend d’elle des ragots bien juteux.
Éloïse : Dans ce cas, il faut conseiller à Whistledown d’écrire sur Benedict.
Pénélope : La reine cherche de quel gentleman faire son champion cette année. Ce serait terrible pour la famille qu’elle choisisse Benedict. Elle ne gagnerait pas, ça l’offenserait et votre mère …
Éloïse : Ma mère serait folle de rage et s’enflammerait aux pieds d’une monarque offensée. Dans votre intérêt, j’espère que vous avez surpris quelque chose de mieux.
Pénélope : J’aurais cru qu’après la saison dernière vous en auriez eu assez de prétendre vous intéresser aux débutantes.
Éloïse : Je n’ai pas à prétendre. Penelope, il est vrai qu’il y avait fort peu de monde en Ecosse mais le temps passé au milieu de paysages naturels d’une telle beauté m’a permis de longuement méditer. J’ai pris conscience que je n’avais nul besoin d’être hostile aux prétendants ou aux débutantes. Je peux être plaisante envers eux, cela importe peu parce que j’ai pris une décision. Je serai une vieille fille.
Pénélope : Vous ? Une vieille fille ?
Miss Evans : Eloïse, vous voici !
Éloïse : C’est très gentil à vous.
Miss Evans : Venez donc.
Eloïse s’éloigne avec les jeunes filles, Brimsley fait un signe discret à Penelope qui le suit
Lord Stirling : Que diriez-vous de rester ici pour la saison ?
Francesca : Mais l’Ecosse ? Et puis il y a votre cousine.
Lord Stirling : Cet été j’ai remarqué que vous gardiez vos distances l’une avec l’autre à Kilmartin. Ce qui est fort compréhensible. Nous sommes jeunes mariés et nous avons débuté notre vie conjugale dans une demeure que ma cousine considère autant la sienne que la nôtre. Il me semble que j’aurais du y songer avant de le suggérer. Nous finirons par retourner en Ecosse mais je souhaite faire une contribution au parlement cette année. Nous pourrions arranger Kilmartin House pour en faire notre cocon, ainsi vous seriez plus proche de votre famille.
Francesca : Oui, j’en serais ravie. Merci John.
Benedict traverse la salle de bal en évitant soigneusement les groupes de jeunes filles.
Jeune fille 1 : Benedict Bridgerton est là.
Jeune fille 2 : C’est mon préféré entre tous les frères.
Jeune fille 3 : Où est-il ? Montrez-le-moi. Oh, je le vois !
Jeune fille 2 : Monsieur Bridgerton, Monsieur Bridgerton, par ici !
Benedict se détourne et s’arrête soudain. Il regarde Sophie, le nez en l’air, en train d’admirer le grand lustre de la salle. Lord Napier s’approche. Sophie cache son carnet de bal dans son gant.
Lord Napier : Pardonnez moi, jeune dame, puis je vous demander la prochaine danse ?
Sophie : Monsieur, j’en serais fort honorée. Malheureusement j’ai égaré mon carnet de bal.
Lord Napier : C’est bien malencontreux.
Benedict a tout vu, il saisit un carnet de bal et s’approche de Sophie.
Benedict : Lord Napier, pardonnez moi. Je viens de trouver le carnet de bal de cette jeune dame. Je regrette, mon nom est le prochain sur sa liste.
Sophie : C’est … l’exacte … vérité.
Lord Napier s’en va en soufflant.
Benedict : Comment vous appelez vous ?
Sophie : Pourquoi voler à mon secours ?
Benedict : Il est rare de voir quelqu’un transporté de joie devant un lustre. Vous respirez la joie, elle vous illumine.
Il tend sa main, Sophie y pose la sienne. Benedict l’entraine vers la piste de danse.
Sophie : Sachez le, je me débrouillais très bien toute seule pour repousser ce monsieur.
Benedict : Serait il dépourvu des qualités que vous recherchez ?
Sophie : Les qualités ?
Benedict : Chez un prétendant.
Sophie : Je ne suis pas à la recherche d’un mari.
Benedict : Vraiment pas ?
Sophie : Non.
La musique reprend, les couples commencent à danser.
Sophie : Excusez moi, on m’attend quelque part.
Benedict : Vous ai-je offensée ?
Sophie : Oh non !
Benedict : Je ne veux pas vous importuner.
Sophie : Non, n’ayez aucune inquiétude.
Benedict : Avez-vous perdu votre chaperon ?
Sophie : Non … Elle …
Benedict : Je ne me suis pas présenté, pardon !
Sophie : Non, je ne sais pas danser. C’est la stricte vérité. Je ne sais pas danser.
Benedict : Une dame qui ne sait pas danser ? Cela fait-il partie du personnage que vous jouez ce soir ? L’ingénue vêtue d’argent.
Sophie : J’avoue, c’est vrai, vous avez vu clair en moi. Il est manifeste que c’est mon premier bal masqué. Quel est votre personnage ?
Benedict : A l’évidence, je suis votre maitre de ballet.
Sophie : Pour autant que tout le monde joue un rôle je crains que la compagnie ne soit perplexe en nous voyant en pleine leçon de danse au centre de la piste de bal.
Benedict : Dans ce cas, réfugions-nous sur la terrasse. N’y voyez rien d’inconvenant, je veux seulement éviter ma mère. Naturellement, je peux demander à un chaperon si cela vous met plus à l’aise. Il ne manque pas de bonnes ici.
Sophie : Je devrai vous faire confiance pour ce soir.
Benedict l’entraine à l’extérieur. La reine et Penelope continuent leur investigation. Charlotte aperçoit Benedict qui entraine Sophie. Charlotte remarque l’intérêt des jeunes filles envers Benedict.
Charlotte : Pourquoi pas lui ?
Pénélope : Doit il être gentil ?
Charlotte : Cela va de soi.
Pénélope : Alors, non.
Charlotte : Lui est un excellent choix.
Pénélope : Non, lui, c’est Benedict Bridgerton Votre Majesté.
Charlotte : Excellent. Il est riche, très bel homme et c’est un Bridgerton.
Pénélope : Peut être y a-t-il d’autres gentilhommes …
Charlotte : C’est bien, nous avons assez parlé.
Eloïse remarque une jeune fille masquée, elle se dirige vers elle. Elle lui prend le bras et la tire vers le hall.
Hyacinthe : Aïe ! Vous me faites mal ! Vous vous trompez de personne.
Éloïse : Bien sur.
Hyacinthe : De quel droit ?
Éloïse : C’était fort malin de ta part mais je reconnaitrais ma petite fouineuse de sœur n’importe où.
Hyacinthe : Personne d’autre ne me reconnaitra avec mon masque. Je t’en prie, laisse moi danser rien qu’une danse.
Éloïse : Une seule danse qui serait ta dernière si maman avait le moindre soupçon de ta présence ici. Remonte tout de suite.
Hyacinthe : J’aurais voulu que tu restes en Ecosse.
Furieuse Hyacinthe monte l’escalier. Eloïse vérifie que sa sœur est bien remontée à l’étage et retourne dans la salle de bal. Violet entre dans le hall, Marcus la suit.
Marcus : J’ose espérer que vous me cherchiez ?
Violet : Nul doute, c’est une plaisante surprise de vous trouver.
Après avoir vérifié qu’ils sont seuls, Marcus prend la main de Violet et embrasse tendrement l’intérieur de son poignet. Des invités traversent le hall, ils se séparent précipitamment.
Violet : Lord Anderson, c’est un plaisir de vous avoir.
Marcus : Le plaisir est partagé, Lady Bridgerton.
Dans la salle de bal, les Mondrich regardent la reine.
Will : Veux tu qu’on l’approche ?
Alice : Elle nous a fait un compliment remarquable sur notre bal, la saison dernière. Tu te rappelles ce qu’elle a dit ?
Will : Pas – mal.
Alice : Elle nous apprécie et Lady Danbury est là. Allons présenter nos hommages.
Lady Danbury : Monsieur et Madame Mondrich, Votre Majesté.
Alice et Will : Votre Majesté.
Charlotte : Où est donc passé ce Bridgerton ?
La reine ignore le couple. Lady Danbury chuchote « je suis désolée ». Le couple s’éloigne.
Lady Danbury : Est-ce que la fête vous amuse Votre Majesté ?
Charlotte : Comme les Grecs, vous avez passé la flamme. Lady Bridgerton a organisé le premier bal et je l’ai honoré de ma présence. Ne me remerciez pas.
Lady Danbury : Oui, certes. Je vous suis fort reconnaissante d’avoir choisi d’y assister.
Charlotte : Souhaitons que la prochaine fois, monsieur Bridgerton se montre plus longuement. Ou bien les autres messieurs devront être plus intéressants. Sinon, où est le plaisir ? Je voudrais que vous et moi, nous nous divertissions cette saison.
Lady Danbury : Eh bien, justement, à ce sujet, Votre Majesté, j’avais l’intention de vous en parler. J’avais une certaine raison de laisser à d’autres le premier bal de la saison. A dire vrai, j’envisage de ne plus jouer de rôle important dans la société cette année. Comme vous le savez, j’ai beaucoup contribué à la vie mondaine et à nos jeunes couples. Et j’en ai retiré beaucoup de joie et de bonheur. Et votre amitié … a été le plus grand honneur de mon existence et d’en avoir fait l’objet … j’en apprécie, j’en chéris chaque minute. Mais il est temps que je me retire. Je me languis de voyager, de revoir la demeure ancestrale de mon père. Je n’y suis pas retournée depuis mon enfance, j’avais quatre ans. Aussi, je souhaiterais quitter le pays à la fin de cette saison. Bien sur, nous nous écrirons et je viendrai parfois vous rendre visite. Je compte bien m’en aller. Je désirerais pouvoir partir un certain temps.
Brimsley regarde Lady Danbury, d’un air désolé.
Charlotte : Non !
Sur la terrasse, Benedict conduit Sophie sous un pavillon orné de fleurs.
Sophie : Merci !
Benedict : Est-ce que vous riez de moi ?
Sophie : Non, c’est que tout cela est si … Quel spectacle grandiose.
Benedict : Vous êtes différente des autres jeunes filles. C’est un soulagement.
Sophie : Qu’est-ce qui vous déplait chez les autres jeunes filles ?
Benedict : Ma foi … Je dis seulement … qu’elles sont …
Sophie : Constamment à votre poursuite ? Eh bien, aussi éprouvant que cala soit pour vous, vous devez vous rappeler qu’elles ont passé leur vie entière à se préparer à cette chasse au mari. Des centaines d’heures à devenir des jeunes filles accomplies. Des essayages sans fin, sans comptes les trois heures dédiées à la seule coiffure en vue des six heures qu’elles passeront au bal. Tout cela dans l’espoir que vous pourriez les remarquer.
Benedict : Les remarquer ? Et vous, ne souhaites-vous pas être remarquée ? Vraiment ?
Sophie : Vraiment. J’espère simplement m’amuser un peu.
Benedict : Vous paraissez vous amuser beaucoup. Ou … pas ?
Sophie : C’est une soirée délicieuse, mais en vérité, je … je ne me sens pas souvent à ma place dans les réceptions mondaines.
Benedict : J’ai du mal à le croire.
Sophie : Il se peut que je me sente plus à mon aise en observant les détails d’un événement qu’en y participant.
Benedict : Eh bien, ne craignez rien. Je ne le répèterai pas à ma mère.
Sophie : Votre mère ? Oh ! alors ceci est votre demeure, ce qui fait de vous un Bridgerton ?
Benedict : Mais, vous ignoriez qui je suis, vraiment ?
Sophie : Oui, jusqu’à cet instant.
Benedict : Fort bien. Si je ne peux savoir votre nom …
Sophie : Benedict, je présume ? Vous êtes tel que Whsitledown vous décrit par l’apparence et le caractère.
Benedict : Vous ne me connaissez qu’à travers Whistledown ? Vous venez au bal mais sans savoir danser, vous êtes singulièrement pleine d’assurance, mais vous ne vous sentez pas à votre place ? Qui êtes vous ? Où avez-vous grandi ?
Sophie : Ici, en Angleterre.
Benedict : En ville ou à la campagne ?
Sophie : Entre les deux.
Benedict : Qui sont vos parents ?
Sophie : Mon père et ma mère. Vous avez bien réussi à ne pas me dévoiler une seule chose sur vous. Est-ce votre habitude ? Détourner l’attention sur les autres pour ne pas qu’on puisse voir sous la surface ?
Benedict : Il est parfois rassurant de rester dans des eaux peu profondes. C’est plus chaud, plus plaisant. J’aime la chaleur.
Sophie : Mais il est ennuyeux de nager dans les mêmes eaux jour après jour, même si elles sont chaudes et … plaisantes. Iriez vous en eaux profondes avec moi ?
Benedict : Bien que vous m’ayez convaincu, je l’avoue, au sujet des efforts faits par les jeunes filles ce soir, j’ai le sentiment que leur chasse au mari ne me concerne pas vraiment. Aussi, la raison pour laquelle je reste en eaux peu profondes est que moi aussi, je me sens un imposteur.
Sophie : Mais c’est votre demeure familiale ici.
Benedict : C’est encore pire ici. Il me semble vous devoir une leçon de danse.
Sophie : Pourquoi moi ? Pourquoi souhaitez vous tant danser avec moi ?
Benedict : Parce que je suis un simple mortel et que je ne peux remettre en question ce que le carnet de bal m’ordonne. Bon, très bien. Tout d’abord, je m’incline. Ensuite … posez votre main sur la mienne. Rapprochez vous un peu de moi. Ensuite, un simple pas de base.
Sophie suit ses mouvements en surveillant ses pieds.
Benedict : Un, deux, trois. Un, deux, trois. Un, deux, trois, bien.
Sophie : Vous êtes un bon professeur.
Benedict : Et vous êtes parfaite en prétendue élève.
Sophie : Oh, pardonnez moi.
Benedict : Je vous en prie. Ne vous tracassez pas, voyons. Mes sœurs ont fait mille fois pire. Un, deux, trois. Un, deux, trois. Un, deux, trois. Un deux … impressionnant. Vous dansez déjà les yeux fermés.
Sophie : Je m’efforce de mémoriser ce moment en détail, ainsi, si je veux, j’y reviendrai en pensée.
Benedict : Vous êtes sans doute la personne la plus fascinante que je connaisse. Si je ne puis savoir votre nom ni où vous habitez, comment pourrai-je vous rendre visite demain ?
Sophie : Cela ne sera pas possible.
Benedict : L’ingénue vêtue d’argent qu’on ne pourra jamais revoir.
Benedict baisse son regard et leur lèvres se rapprochent.
Benedict : Non, nous ne devrions pas.
Sophie : Nous ne devrions pas quoi ?
Il sourit, se baisse et l’embrasse sur la joue. Puis il retire le gant de Sophie, effleure ses doigts et porte sa main à ses lèvres. Il l’embrasse dans la paume. Ils se regardent les yeux dans les yeux longuement. Soudain un son de clochette vient de la maison.
Benedict : Votre nom, je vous en prie.
Sophie : Que se passe t’il ?
Benedict : Eh bien, il est minuit. C’est le moment où tout le monde doit se démasquer, vous y compris.
Sophie : Je ne peux pas rester. Mon … Mon chaperon doit me chercher.
Benedict : Ne partez pas, je vous en prie.
Elle se dirige vers la maison, s’arrête puis revient vers lui et l’embrasse. Il se penche vers elle mais elle s’éloigne rapidement.
Benedict : Revenez !
Benedict la regarde partir et s’aperçoit qu’il a gardé son gant. Il rentre dans la salle de bal, les danseurs sont en train de se démasquer.
Violet : Regardez le baron !
Colin et Penelope enlèvent leur masque.
Colin : Je peux vous emmener hors d’ici si vous le désirez.
Pénélope : Il faudra que je finisse par affronter ces gens.
En traversant la salle en courant, Sophie bouscule Lady Penwood.
Lady Penwood : Excusez moi. Regardez donc devant vous.
Sophie baisse la tête et continue sa course vers la sortie.
Lady Penwood : Regardez, c’est Lady Whistledown. Allez lui faire savoir qu’il y a un diamant ici ce soir.
Rosamund et d’autres jeunes filles se précipitent et entourent Penelope.
Rosamund : Madame Bridgerton. Miss Rosamund Li. Je suis raie de faire votre connaissance.
Miss Evans : Ravie de vous rencontrer, bonsoir.
Pénélope : Oh, bonsoir.
Colin : Benedict ! Comment vas-tu ? il y a des siècles que je ne t’ai vu.
Benedict : Je suis pressé.
Benedict se dirige vers la sortie. Sophie est déjà partie. Elle entre dans une chambre modeste. Elle se déshabille et range ses vêtements. Plus tard, rhabillée en uniforme de domestique. Une domestique entre dans la chambre, suivie par le valet qui avait accompagné Sophie au bal
Irma : Alors c’était comment ? Raconte moi tout Sophie. Ou juste une partie. T’es-tu bien amusée au moins ?
Sophie : C’était la soirée la plus extraordinaire de ma vie, Irma. C’était …
Alfie : Elles sont là !
Irma : J’ai tout préparé, exactement comme tu l’aurais fait. Tu n’as rien à craindre.
Voix : Sophie Baek !
Sophie se précipite mais revient sur ses pas.
Sophie : Merci ! Merci, je vous suis si reconnaissante.
Elle s’en va. Elle entre dans un salon, avec un plateau de thé. Lady Penwood et ses filles sont rentrées du bal. Posy sourit à Sophie.
Rosamund : C’est horrible de rester plantée sur ses pieds toute la soirée. Il n’y a rien de plus éreintant que d’être une débutante.
Posy : C’est mieux que de rester à la maison.
Lady Penwood : Sophie. Vous avez du passer une soirée fort plaisante.
Sophie : Ma soirée ressemblait aux autres, Madame.
Lady Penwood : Alors comment se fait-il que vous n’attendiez pas ici avec notre thé ?
Sophie : Mes excuses, madame. J’ai retourné vos matelas, nettoyé vos brosses à cheveux, sorti vos chemises de nuit et le thé est enfin prêt. Pardonnez moi ce retard. Comment était votre soirée ?
Posy : Sophie, savez vous ce qu’est une toge ? J’aurais voulu que vous voyiez cela …
Rosamund : Monsieur Bridgerton s’est considérablement intéressé à moi.
Posy : Tu crois ?
Rosamund : Ou il le fera. Dès que son temps ne sera plus monopolisé par la femme qui l’accaparait.
Lady Penwood : Il n’y a pas lieu de vous inquiéter, Rosamund. Vous êtes ma fille. Qui que soit la personne avec qui il parlait, elle ne peut en aucun cas rivaliser. Vous pouvez disposer, Sophie.
Sophie fait une révérence et ressort, en emportant le plateau du thé.
Dans la salle de danse.
Pénélope : Votre Majesté, je me dois de vous le dire. Je ne crois pas que Benedict Bridgerton soit le bon choix.
Charlotte : Mais il l’est.
Pénélope : Naturellement. Toutefois, la moitié des jeunes filles que j’ai observées ce soir, n’avaient d’yeux que pour lui. Les mamans s’interrogent sur ses intentons pour la saison, mais sachez bien que je connais Benedict.
Charlotte : Vous insinuez que ce n’est pas mon cas ?
Pénélope : Non, je ne dis pas ça. De tous les hommes de la société, je parierais que Benedict Bridgerton est le moins désireux de se marier.
Charlotte : Le moins désireux ? Et vous seriez prête à parier la dessus ?
Pénélope : Oh non, ce n’est pas au sens … Lorsque j’ai dit « parier », je …
Charlotte : D’accord. Pari tenu. Bien ! C’est si exaltant pour nous tous. Alors … combien avez-vous l’intention de miser sur ce pari ?
Pénélope : Ah …
Les invités sont partis, les domestiques s’affairent pour ranger et nettoyer.
Éloïse : Vous cherchez Benedict, je présume’ ?
Violet : Malheureusement, oui en effet. Je crains qu’il ne soit parti tôt. Mais vous, vous avez paru vous amuser ce soir.
Éloïse : En fait, c’est le cas. Et cela devrait continuer ainsi, maintenant que j’apprécie les choses d’un autre point de vue.
Violet : De quel point de vue au juste ?
Éloïse : Celui d’une vieille fille. J’ai décidé de ne pas me marier.
Violet : Oh, Eloïse, ça n’est pas quelque chose que vous pouvez décréter ainsi.
Éloïse : Maman, j’ai fait mes débuts il y a trois saisons sans avoir reçu aucune proposition.
Violet : Oui, c’est un fait. Certaines jeunes dames sont considérées vieille fille si elles n’ont pas eu de demande à votre âge. Mais vous n’auriez eu aucun mal à trouver un mari si seulement vous aviez essayé.
Éloïse : Je n’ai pas envie d’essa yer.
Violet : Mais vous en aurez envie si vous rencontrez la bonne personne. Si je vous ai laché la bride à Benedict et vous, c’est que j’avais déjà fort à faire avec Colin et Francesca. Mais cette saison, vous êtes tous les deux en haut de ma liste pour le mariage.
Éloïse : Je crois qu’il est temps que j’aille me coucher.
En traversant le hall, Violet découvre Benedict assis sur les marches de l’escalier. Elle vient s’assoir près de lui.
Violet : Enfin, vous voila.
Benedict : Mère. Je me suis seulement …
Violet : Merci d’avoir parlé avec les débutantes. Moi-même, j’aurais bien besoin de me reposer. Il y a tellement d’enthousiasme au début de la saison.
Benedict : C’était une fabuleuse soirée.
Violet : Sincèrement ? Avez-vous trouvé de l’intérêt à une jeune fille ?
Benedict : Non.
Violet : Oh.
Benedict : Mais j’ai de la considération pour tout ce qu’elles doivent endurer. Je parle de centaines d’heures de préparation, uniquement dans le seul espoir d’être remarquées.
Violet : On croirait qu’on a fait de vous un homme neuf.
Benedict : Je ne dirais pas cela. D’ailleurs, je vais sortir boire quelques verres. Mais je promets de ne pas me coucher après le lever du jour.
Violet : Hyacinthe Bridgerton, veuillez remonter à l’instant.
Hyacinthe : Quel mal y a-t-il à simplement observer ? Eloïse vous a parlé ?
Violet : Me parler de quoi, à quel sujet ? Revenez ici, jeune fille !
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…Si quiconque garde encore l’espoir que Benedict Bridgerton prenne une épouse cette saison, votre auteur souhaite faire savoir qu’elle ne parierait pas sur les chances que cela arrive.
Mais croyez ce que vous désirez, cher lecteur, votre chroniqueuse sait d’expérience qu’une petite dose de faux-semblants a souvent le pouvoir de transformer la réalité, de nous arracher à la morosité d’une existence monotone. Avec un peu d’imagination, l’impossible semble possible. Les rêves semblent tangibles. Cependant, cher ami lecteur, au final, chacun finit par se réveiller.
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Penelope pose son écritoire, près d’elle, dans leur lit, Colin dort déjà.
Benedict est resté dans l’escalier, le gant de Sophie dans les mains.
Sophie entre dans sa chambre, prend le second gant, le caresse et ferme les yeux, revivant sa soirée. Elle ouvre les yeux, revient à la réalité puis cache son gant sous son matelas.
Rédigé par mamynicky