3.01 – Hors de l’ombre
Des occupants de calèches et des promeneurs se saluent.
Valet de pied : Oh ! Doucement.
Vendeur de journaux : Le Whistledown pour vous ?
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Lady Whistledown : Très cher lecteur, nous avons été séparés bien trop longtemps. Enfin, la haute société londonienne a fait son retourr, tout comme votre chroniqueuse.
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Les dames Featherington descendent de voiture devant leur maison. Pénélope constate avec plaisir, que sa chronique est entre toutes les mains.
Portia : C’est bon d’être chez soi.
Pénélope : Sans aucun doute.
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Lady Whistledown : Alors que la saison mondaine commence, la question qui hante tous les esprits est naturellement : «quelle toute nouvelle débutante brillera d’un plus grand éclat que les autres ?».
La cuvée de cette année semble particulièrement éblouissante. Il y a l’exquise mademoiselle Malhotra, qu’on dit être un bon parti. Mademoiselle Stowell est réputée être une jeune fille des plus accomplies. Les manières douces de mademoiselle Hartigan plairont sans nul doute aux prétendants les plus tendres. On peut se réjouir de l’entrée en lice de mademoiselle Kenworthy qui déborde de confiance en elle et de charisme. Enfin, il y a mademoiselle Barragan, qu’il est difficile de ne pas remarquer dans une foule.
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Dans la boutique de Madame Delacroix
Mlle. Barragan : Elle parle de moi !
Pénélope : Je vois que votre affaire est prospère.
Mme Delacroix : Comme la vôtre.
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Lady Whistledown : Et n’oublions pas, si tant est qu’il nous faille un peu plus de piquant, qu’une autre demoiselle Bridgerton fait ses débuts cette année.
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Maison des Bridgerton
La famille est rassemblée devant la chambre de Francesca.
Gregory : Je n’entends rien du tout.
Hyacinthe : Elle doit savoir que nous écoutons derrière la porte.
Éloïse : Elle va bien.
Benedict : Comme toi l’année dernière.
Violet : Nous ne sommes plus l’an dernier.
Gregory : Francesca est fort silencieuse.
Hyacinthe : Peut-être est-elle réduite au silence par la beauté de ces aigrettes immenses. J’ai hâte d’en porter !
Gregory : Peut-être a-t-elle avalé ces aigrettes immenses !
Anthony : Prêts à partir ?
Kate : Y a-t-il quelque chose que nous puissions faire ?
Violet : Auriez-vous la gentillesse de dire à la personne qui joue, de jouer moins fort ? Cela m’empêche d’entendre.
Kate : Je peux essayer, mais ne serait-ce pas justement …
Benedict : Qui d’autre jouerait du piano forte dans cette maison ?
Éloïse : Certainement pas moi.
Ils descendent dans le salon, Francesca est au piano.
Violet : Francesca ? Vous voilà enfin. Ma chérie. Francesca !
Francesca : Il est inutile de crier.
Anthony : Il faut le dire, ces leçons de piano à Bath ont porté leurs fruits. Tu as bien progressé.
Hyacinthe : Quand es-tu descendue ? Je suis restée devant ta porte toute la matinée.
Francesca : Je me suis levée tôt, habillée et j’ai petit-déjeuner dans le jardin, parce que c’est un jour comme les autres. Si nous y allions ?
Anthony : Nous nous inquiétions pour rien apparemment.
Benedict : Vous avez sans doute reconnu ce qu’elle interprétait ? La Marche funèbre de Mozart.
Violet : Oh, Seigneur !
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Lady Whistledown : En dehors des débutantes, il y a aussi la question de savoir quel gentleman se révèlera être le prix à gagner de la saison. Car toutes nos jeunes demoiselles chercheront sans nul doute un homme fringant sur qui jeter leur dévolu. Quels que soient ceux qui trouveront l’âme sœur cette année ; espérons que leur union provoquera quelques palpitations exaltantes.
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Hyacinthe : Que nous valent tous ces piaillements ?
Anthony : On dirait qu’elles ont repéré une côte de bœuf ?
Benedict : Serait-ce notre frère ?
Violet : Colin ?
Colin : Chère famille, mes excuses pour mon arrivée tardive. J’ai été retenu par les formalités mondaines. Vous ne venez pas m’embrasser ?
Benedict : Tu n’as pas l’intention de te changer ?
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Lady Whistledown : Sachez que le statu quo n’est pas du goût de votre auteure qui s’en lasse vite.
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Colin change de vêtements dans la voiture qui emmène les quatre frères au Palais de Buckingham.
Gregory : Il faut nous raconter toutes tes aventures.
Anthony : Oui, à ton retour la saison dernière, nous savions tout sur tes pérégrinations méditerranéenne à la fin de notre premier petit déjeuner.
Benedict : En effet. Sous quels soleils lointains as-tu pris cette apparence si vigoureuse.
Colin : Je suis allé nulle part et partout. Je vous épargnerai les détails.
Anthony : Je veux savoir. Qui êtes-vous ? Et qu’avez-vous fait de mon frère ?
Colin : Ce voyage a été exactement ce dont j’avais besoin. Il m’a apporté un certain sens des proportions.
Gregory : J’aimerais aussi acquérir des proportions. Quoi ?
Palais de Buckingham – Présentation des jeunes filles à la reine
Majordome : Miss Anne Hartigan. Présentée par sa mère, la très honorable lady Hartigan. Miss Dolores Stowell.
Dolores : Elle m’a détestée.
Lady Stowell : Impossible. Tu étais parfaite.
Majordome : Miss Clara Livingston.
La reine s’ennuie, elle baille.
Brimsley : Voulez-vous un rafraîchissement, Majesté ?
Charlotte : Plutôt un cercueil. L’ennui de cette séance risque de me précipiter précocement dans ma tombe.
Majordome : Miss Alexandra Moore. Présentée par sa mère, la très honorable lady Moore.
Éloïse : Depuis quand te faufiles tu comme cela sans aucune gêne ?
Colin : Depuis quand portes tu autant de froufrous ?
Éloïse : C’est la grande mode cette saison.
Majordome : Miss Natalie Green. Présentée par sa mère, la très honorable lady Green.
Violet : Ce sont vos débuts, Francesca. N’est-ce pas exaltant ?
Francesca : Je suppose qu’entrer dans la société signifie trouver un mari. Il serait plaisant d’avoir ma propre demeure.
Violet : Vous êtes rentrée de Bath depuis une semaine et vous ne songez qu’à nous fausser compagnie.
Francesca : Non. Mais je m’accommoderais volontiers d’un peu de paix.
Violet : Hé bien j’ai peur que la paix étant ce que vous recherchez, vous ne vous sentiez un peu submergée par l’événement. Voyez-vous, même Daphné..
Francesca : Mère, ne vous tourmentez pas ainsi. Si j’arrive à me retrouver dans le chaos de notre maison, je me fraierai un chemin dans la société.
Majordome : Miss Francesca Bridgerton, présentée par sa mère, la très honorable vicomtesse douairière, lady Bridgerton.
Brimsley : La jeune fille Bridgerton, Votre Majesté. Vous avez souvent eu de la chance avec les Bridgerton.
Majordome : Miss Winifred Barragan, présentée par sa mère, la très honorable baronne Barragan.
Maison Featherington.
Prudence : Il n’y a aucun doute, ma chère, notre mariage a été bien plus somptueux que le vôtre.
Albion Finch : Notre mariage m’a semblé parfait.
Philippa : Oui. Les fiancées moins jeunes sont plus faciles à impressionner.
Harry Dankworth : Si c’est pour plaire à ma femme, je l’épouserais une seconde fois, une troisième. Autant qu’il faudra pour faire son bonheur.
Portia : Et dilapider l’argent de notre défunte tante Petunia. Vous n’y pensez pas, Monsieur Dankworth.
Philippa : C’est heureux que tante Petunia soit morte.
Harry Dankworth : Et juste à temps pour notre lune de miel.
Pénélope : J’aimais bien tante Petunia.
Prudence : Ah, tu m’en diras tant. C’était une vieille fille ennuyeuse, le nez toujours fourré dans un bouquin.
Pénélope : Elle n’était pas ennuyeuse. Elle ne s’intéressait pas à vous, c’est tout.
Portia : Assez. Aujourd’hui, nous retrouvons la société conformément à notre rang. Avec nos finances en ordre, et sans un homme pour nous dire ce que nous avons à faire. Apprécions ce moment.
Mme Varley : Si je peux vous donner mon avis, madame.
Portia : Vous le faites de toute façon, Varley.
Mme Varley : Si la tante Petunia est l’héritage, sans vouloir offenser les morts, pensez-vous que quiconque gobera que cette vieille fille qui n’a jamais possédé plus qu’une charrette à âne, aurait eu une fortune à vous léguer ?
Portia : Pour l’amour du ciel, personne à Londres ne sait comment elle vivait. Pour ce qu’ils en savent, aussi bien elle cachait des bocaux pleins de pièces sous les lattes du parquet.
Mme Varley : La vérité s’arrange toujours pour montrer sa vilaine tête. Mais ne prêtez pas attention à moi.
Portia : Ah, vous voilà. A ce que je vois, vous avez enfin renoncé à rêvasser.
Pénélope : En effet. Partons-nous ?
Une réception est organisée dans un jardin du Palais de Buckingham. Les invités se promènent dans les allées.
Lady Livingston : Où est-elle donc ?
Lady Barragan : Ne pas choisir le diamant à la présentation est une chose, mais se dispenser d’apparaitre à un événement arrangé en son honneur en est une autre, somme toute.
Lady Livingston : Nos jeunes filles ce matin laissaient-elles tellement à désirer ?
Lady Barragan : Elles me semblent fort … occupées.
Colin est entouré de jeunes filles
Jeune fille 1 : Et êtes-vous de retour en ville pour une raison particulière ?
Jeune fille 2 : En quête de quelque chose ou … de quelqu’un ?
Colin : Est-ce que je suis là pour trouver une épouse cette saison ? Je crains fort que la réponse ne vous déçoive. Quoi que, s’il y a une chose que j’ai apprise en voyageant, c’est qu’il faut toujours prévoir l’imprévisible.
Cressida : Oh, regardez ! N’est-ce pas Pénélope Featherington, parée de sa robe couleur de …
Éloïse : Cressida !
Cressida : Eloïse ! Enfin vous voilà ! Je vous ai cherchée partout.
Éloïse : Moi aussi. Voulez-vous aller prendre une limonade ?
Cressida : Merveilleuse idée. Je suis totalement assoiffée. N’est-ce pas agréable de rentrer de la campagne ? Toute cette verdure et ces courants d’air !
Éloïse : Vous savez que certains appellent cela de l’air frais.
Cressida : Bien sur. Me lier d’amitié avec vous a été une surprise fort plaisante, mais finalement c’est à Londres que je me sens le plus chez moi. Et la saison sera bien plus agréable avec vous.
Éloïse : Sans doute.
Un groupe de jeunes filles plus loin.
Miss Hartigan : Je rêve de mon futur époux depuis que je suis tout enfant. Il devra être grand et beau, romantique, intelligent.
Miss Livingston : N’oubliez pas de bonne naissance et de belle stature.
Miss Malhotra : J’ai toujours révé d’un homme qui écrirait de la poésie. Mais surtout, ce sera un homme qui me donnera des papillons dans le ventre seulement en le regardant.
Miss Livingston : Et vous miss Francesca ?
Francesca : Un homme … gentil, je suppose.
Miss Livingston : Voilà qui est banal. Vous ne voulez pas d’un homme méchant.
Francesca : Non. Bien sur que non.
Violet : Vous venez de rentrer de votre lune de miel que depuis une semaine et mon fils vous abandonne déjà à votre sort.
Kate : Notre éloignement a fait s’accumuler jusqu’au plafond les paperasseries d’Anthony. Avec un peu de chance, il sera happé par le premier bal.
Violet : Oui, espérons le. Avec deux de ses sœurs qui entrent dans la société cette saison, son travail ne fait que commencer.
Kate : Elle semble plutôt calme, non ? Très posée.
Violet : En effet, mais posée est le contraire de passionnée. J’ai hâte de voir comment elle va se débrouiller.
Kate : Et Eloïse ? J’avoue être interpelée par cette nouvelle amitié.
Violet : Mais j’ai passé mon temps à m’efforcer de l’aider la saison dernière et mon aide à failli la faire rejeter de la société. Aussi, je ne tiens pas à intervenir. Pour l’instant.
Kate : Vous êtes toujours si clairvoyante quand il s’agit de vos enfants. J’aimerais être la vicomtesse que vous êtes.
Violet : Je suis persuadée que vous serez plus qu’à la hauteur. Et pardonnez-moi j’irai m’installer dans un manoir dès que j’en aurai trouvé un. J’avoue que c’est une lourde tâche de lancer à la fois deux filles dans le monde.
Kate : Ne vous inquiétez pas. Chez moi, en Inde, les mamans restent auprès de leurs enfants longtemps après le mariage. Je suis heureuse de vous avoir avec nous.
Lady Danbury : Lady Bridgerton.
Violet et Kate : Oui.
Violet : Oh !
Kate : Diantre !
Lady Danbury : Appréciez-vous les festivités du jour ?
Violet : Oui, beaucoup. Quoique l’absence de Sa Majesté soit très remarquée.
Lady Danbury : Oui. Je crains au fond qu’elle ne se sente un peu réticente, après que son instinct l’ait égarée la saison dernière. Mais bien entendu, ce fut pour le meilleur, au final. Je ne m’inquiète pas outre mesure.
Violet : Vous devriez en faire part aux autres mamans….
Colin : (A un groupe de jeunes filles) Mes voyages ? Il m’est impossible de partager mes aventures avec vous. Si je le faisais, vous pourriez défaillir. Ce qui n’est pas souhaitable. Comment se peut-il que vos carnets de bal ne soient pas encore entièrement remplis ? Vous êtes de tendres boutons de fleurs. Toutes autant que vous êtes. Mes diverses péripéties à l’étranger ne conviendraient guère à des jeunes filles. Si je vous racontais la plus insignifiante de mes aventures, ma foi, je serais forcé de vous épouser.
(A un autre groupe de jeunes filles) Une kyrielle de splendides jeunes filles. Les hommes vont se battre pour vous. Hélas je ne suis pas de taille.
Prudence : Au matin, nous avons découvert qu’il avait fui dans la nuit. Sans emporter son armurerie. Ni moi.
Lady Cowper : Hé bien, souhaitons que celui qui affirmera être le prochain lord Featherington aura plus de scrupules. A moins que le vol ne soit un trait de famille.
Portia : En fait, plus personne ne pourra s’en réclamer, car le dernier lord Featherington a rédigé un document par lequel il léguait son bien à mes jeunes filles. Dès que l’une d’entre elles aura un héritier.
Philippa : Quoi ? Il a fait ça ?
Portia : Si nous prenions des rafraichissements. Peut-être quelque chose de fort.
Colin : Pénélope. Je suis ravi de vous revoir.
Pénélope : Ravi ?
Colin : Sincèrement. J’ai l’impression de m’être absenté des années et non quelques mois.
Pénélope : Je vois que beaucoup de choses ont changé.
Colin : En effet, je vous l’accorde, mais cela faisait fureur à Paris.
Pénélope : Vous êtes fort distingué. Mais à vrai dire vous l’étiez déjà.
Colin : Au bout du compte, il ne s’agit que de vêtements. En revanche, dans d’autres domaines, les choses semblent avoir profondément changé. Je me trompe, ou Eloïse marche bras dessus bras dessous avec Cressida Cowper ?
Pénélope : Comme vous le dites, parfois, le temps passe très vite.
Prudence : Pourquoi ne pas nous avoir dit que l’une de nous sera la nouvelle lady Featherington ?
Portia : Expliquez-moi quel intérêt j’aurais à vous dire de faire un fils ? Vous êtes deux femmes mariées. Dit-on au boulanger de pétrir la pâte ?
Pénélope : Légalement l’un de nos fils deviendra le nouveau lord Festherington. L’une de nous sera simplement la mère du petit baron
Prudence : Une de nous ? Tu crois prendre part à la course ? Mais avec quel mari ?
Philippa : Légalement, quand je serai la mère de l’héritier, la priorité sera de débarrasser la maison de tes livres poussiéreux. Après bien sur avoir changé les affreuses vieilles tentures du salon.
Prudence : Ne t’inquiète pas, je te laisserai tes vieux livres, dans la penderie.
Pénélope : Qui sera vide comme je l’imagine. Qui voudrait vous rendre visite à vous deux ?
Portia : Aucune de vous ne pourra hériter si vous ne rentrez pas chez vous vous mettre au travail.
Philippa : Ne pouvons-nous pas venir prendre du pudding d’abord ? Votre cuisinier est meilleur que le notre.
Portia : Mais c’est votre faute, à vous marier avec des hommes sans titre. Allons.
Portia : Reste à espérer qu’elles prennent leur temps. Je trouve du réconfort en sachant que vous serez toujours là pour prendre soin de moi.
Le lendemain, chez Madame Delacroix.
Pénélope : Je ne porterai plus d’étoffe couleur citron de toute ma vie.
Geneviève Delacroix : Plus de couleurs acidulées bien sûr. Mais quel motif a provoqué ce soudain désir de changement ?
Pénélope : Je ne peux vivre chez moi plus longtemps. Ce n’est pas facile de vivre sous la coupe de ma mère, mais avec mes sœurs ? Vivre au gré des caprices soit de la plus cruelle soit de la plus stupide des personnes que je connaisse. Je dois prendre un époux avant que cela ne se produise. Il est temps.
Geneviève : Ha je vois. Et est-ce que madame aurait un certain prétendant à l’esprit ?
Pénélope : Je dois me montrer raisonnable. Un homme gentil, qui respecte ma vie privée pour des raisons évidentes.
Geneviève : Un nouveau style, voilà ce qu’il nous faudra.
Pénélope : Pourquoi pas quelque chose que les femmes portent à Paris ?
Maison des Bridgerton
Gregory : Je l’adore, mon frère. Où l’es-tu trouvé ?
Colin : Une boutique à Marseille.
Hyacinthe : Mon parfum vient de Paris ?
Benedict : D’où vient ce jeu de cartes si sophistiqué ? N’est-ce pas écrit en espagnol ?
Anthony : Tu as visité la France et l’Espagne ?
Francesca : Mes partitions viennent d’Italie.
Benedict : Combien de pays et de ville as-tu visités en quatre mois ?
Colin : A dire vrai, j’en ai perdu le compte.
Anthony : Non. Pas ici. Va dehors, là où mère ne te verra pas.
Violet : Francesca, où est donc votre sœur ? Eloïse ! c’est l’heure de la modiste. Cette famille sera-t-elle un jour ponctuelle ?
Colin : Un cadeau pour vous, mère.
Violet : Je vous remercie. Elle est ravissante. Vraiment. Mon Dieu ! Nous voilà très en retard. Francesca. Eloïse !
Colin : Eloïse. Je ne te sens guère impatiente de courir chez la modiste.
Éloïse : Ha.
Colin : J’ai quelque chose pour toi.
Éloïse : Ah ! Le voilà.
Colin : C’est un manuscrit. Un texte bavarois rare sur les droits de …
Éloïse : Je suis plongée dans un beau livre. Ca s’appelle Emma.
Colin : Un roman ? Tu ne lisais jamais de romances niaises.
Éloïse : Peut-être mes goûts ont-ils changé ? Les niaiseries sont les écrits que j’ai lus auparavant sur les femmes faisant leur chemin dans la société. Ce livre est plein d’humour et dit la vérité sur les peines de l’amitié. Tout y est plus vraisemblable.
Colin : Et je devine que tes goûts en matière d’amitié ont aussi changé ?
Éloïse : Cressida m’a surprise à la campagne. Elle m’a témoigné de la gentillesse et c’était bien la seule.
Colin : Qu’en est-il de Pénélope ?
Éloïse : On s’est simplement éloignées. Lady Whistledown m’a presque détruite la saison dernière. J’ai perdu la bataille et n’ai aucun goût pour la guerre. Aussi ai-je choisi le camp des vainqueurs. Un peu comme toi à ce que je vois. Ou est-ce vraiment le nouveau toi ?
Colin : Un homme ne saurait révéler ses secrets.
Éloïse : mmmm. Un homme bien seul.
Chez la modiste.
Pénélope : Pouvez-vous me retrouver dans la voiture, Rae ?
(à Eloïse) : J’espérais bien vous rencontrer.
Éloïse : Je n’en avais guère l’impression, lorsque vous vous cachiez cet été à la campagne.
Pénélope : J’évitais la société parce que je craignais que vous ne vouliez pas me voir.
Éloïse : Et peut être aussi parce que vous redoutiez que je révèle votre secret.
Pénélope : Et j’apprécie que vous ne l’ayez pas fait. Eloïse, je m’en veux de ce qui s’est passé.
Éloïse : De ce que vous avez fait ? Ou parce que j’ai découvert que c’est vous qui écriviez ces abjections ?
Pénélope : Ce n’est pas clair à vos yeux, mais j’essayais seulement de protéger …
Éloïse : Je n’ai nul besoin de vos explications. Je n’ai pas révélé votre secret, uniquement parce que je ne tiens pas à revisiter le passé. Maintenant vous avez votre vie et j’ai la mienne.
Pénélope : Avec Cressida ? Etes vous vraiment amie avec elle ?
Éloïse : Je vous souhaite bonne chance, Pénélope.
Au club de Will Mondrich.
Benedict : Je n’ai rien contre un bon verre en plein milieu d’après midi, mais à quelle occasion ?
Anthony : Je voulais te remercier d’avoir pris soin du domaine pendant ma lune de miel. J’ai été fort surpris de voir que tout avait été si bien géré.
Benedict : Ma foi, je ne sais si je dois me sentir ému ou offensé.
Anthony : Peut-être les deux ?
Benedict : En vérité, j’étais ravi d’avoir un but. Alors que depuis ton retour, je ne suis plus certain de savoir que faire de ma carcasse.
Anthony : Je suis persuadé que Mère a une liste de jeunes filles à te suggérer.
Benedict : Mon frère, par pitié, détourne son attention.
Anthony : Quant à toi, je t’ai invité pour te féliciter de tes nombreuses admiratrices.
Colin : Je ne suis pas sûr que cela doive me réjouir.
Mondrich : Messieurs, pardonnez-moi pour l’attente. Les affaires sont bonnes.
Benedict : Heureux de le constater. Vous joignez-vous à nous ?
Mondrich : Excusez-moi mais ma femme est ma priorité.
Alice : Monsieur Dundas est ici pour discuter, Will.
Mondrich : Monsieur Dundas, puis-je vous offrir un verre ?
Dundas : Non. Non, Merci. Je serai bref. Maintenant que je vous ai ensemble. Avez-vous souvenance, madame Mondrich, de votre grand-tante, lady Kent ?
Alice : Kent, oui. Je l’ai vue une fois dans mon enfance. Une femme très froide.
Dundas : Elle l’est encore plus maintenant, j’en ai peur.
Alice : Oh, elle est morte ? Nous a-t’elle laissé quelque bien ?
Dundas : Elle ne vous a rien laissé à vous. Elle a laissé à votre fils Nicholas tout son bien. Quoique vous ayiez plusieurs cousins plus étroitement apparentés à elle, vous seule avez un enfant mâle. En tant que tel, Nicholas sera le prochain baron de Kent.
Mondrich : Finalement, nous aurons besoin d’un verre.
Maison Bridgerton
Violet : Ne courez pas ! Elle va vous entendre.
Anthony : Hmmm ! Ignorez-les.
Kate : Inutile d’essayer.
Anthony : Croyez-moi. Ce qui se passe ici est plus important que ce qui se passe dehors. Nous faisons un héritier.
Kate : Vous êtes au courant que ce que nous faisons ne nous permettra pas de faire un héritier ?
Anthony : Il faut bien commencer quelque part.
Kate : C’est ma première semaine en tant que vicomtesse dans ma nouvelle maison. Ce soir a lieu le bal de lady Danbury. Je dois faire bonne impression.
Chez Lady Danbury, règne une grande effervescence pour les préparatifs du bal des quatre saisons.
Maison Featherington.
Pénélope : Je vais essayer une coiffure un peu différente, ce soir.
Prête, Pénélope se dirige vers la maison de lady Danbury où de nombreux invités ont déjà investi la piste de danse.
Kate : Oh, lady Danbury, vous vous êtes surpassée encore une fois.
Lady Danbury : Comme vous le savez, le premier bal de la saison n’est pas une mince affaire. Je ne le prends pas à la légère.
Cressida : Je me demande ce que lady Whistledown va pouvoir écrire. La saison mondaine s’annonce tout à fait terne.
Éloïse : Je suis sure qu’elle trouvera quelque chose. Ou qu’elle l’inventera.
Les Featherington font leur entrée. La nouvelle toilette de Pénélope attire tous les regards.
Valet : Pardon, mademoiselle. Puis-je prendre votre manteau ?
Pénélope : Oui, faites donc.
Cressida : Je ne crois pas que cela sera nécessaire.
Prudence : Je me trompe ou tout le monde nous regarde ?
Harry Dankworth : Ils sont jaloux que vous soyez mienne, ma chère. Bonsoir.
Albion Finch : Ce n’est pas nous qu’ils regardent, ma chérie.
Philippa : Elle dépense ma fortune avant que je ne puisse la réclamer. Voilà son intention.
Portia : Eh bien, si elle veut porter une couleur aussi mélancolique, c’est son droit.
Colin : J’ai dit à la comtesse que dans mon pays, nous ne faisons …
Lord Leiber : Miss Featherington. C’est un plaisir de vous voir.
Lord Cho : Quelle robe superbe vous portez là.
Pénélope : Vous, pareillement, monsieur. Pas la robe, naturellement. Je parle du plaisir. C’est un plaisir de vous voir, messieurs, dans vos beaux habits de soirée qui n’ont rien … d’une robe, en vérité.
Éloïse : Vous appréciez réellement la broderie ?
Jeune fille 1 : Naturellement, voyons. C’est absolument fou, tout ce que l’on fait avec.
Éloïse : Comme quoi, par exemple ?
Miss Hartigan : Puisque vous le demandez. Il y a le point de tige, classique et éprouvé. Le point droit, le point de devant, le point de chainette …
Miss Hallewell : Le point de nœud, si l’on se sent téméraire. Oh oui !
Pénélope : J’aime la lecture. Énormément. Peut-être même trop. Ma mère me dit souvent : « oublie un peu tes livres. » Non pas qu’il y ait quelque chose de mal à lire bien entendu. Je ne suis pas sure de ses raisons. Et vous autres, vous aimez tous lire ?
Miss Hartigan : Le point d’épine, le point mouche. Le point de chainette câblée.
Miss Kenworthy : Quel est votre préféré, miss Eloïse ?
Éloïse : Mon préféré ? Le point de changement.
Cressida : J’avoue qu’il ne me dit rien.
Éloïse : C’est celui qui permet de changer de conversation pour parler d’autre chose que de la broderie. C’est une …
Jeune fille 1 : Oh ! une boutade. Très spirituelle.
Lord Barnell : Il me semble …
Pénélope : Ah … Pardonnez moi. Je vous en prie, vous disiez, lord Barnell ?
Lord Barnell : J’allais dire … Peut-être devrions nous prendre congé de crainte de vous importuner davantage et de donner à lady Whistledown matière à commérages.
Reine Charlotte : Et celle-là. Qui est-ce ?
Lady Danbury : Elle, Votre Majesté, c’est miss Pénélope Featherington. C’est sa troisième saison dans la société. Mais il y a quelques débutantes charmantes qui attendent que Votre Majesté les distingue si vous daigniez leur faire cette faveur.
Reine Charlotte : En vertu de quoi leur ferais-je une faveur ?
Lady Danbury : En vérité, il y a une certaine anxiété parmi les mamans du fait que vous n’avez pas encore choisi de diamant.
Reine Charlotte : Un diamant est précieux précisément parce qu’il est rare. J’ai choisi un diamant au bal et les anxieuses mamans espèrent un diamant chaque année. J’ai donné un bal du zèbre une fois. Est-ce qu’elles espèrent un nouveau zèbre chaque année ?
Lady Danbury : En Vous avez raison, en effet. Vous n’avez choisi de nommer le diamant qu’une fois. Il me semble que c’était lady Whistledown qui avait nommé le diamant la première année. C’est fou ce qu’elle avait vu juste pour la duchesse.
Lord Barnell : Miss Francesca, dites-nous, quelles sont vos passions ?
Francesca : Je pratique le pianoforte.
Lord Houghton : Voilà qui est magnifique.
Lord Fife : Et quels sont vos autres centres d’intérêt ?
Francesca : Le pianoforte occupe la majeure partie de mon temps.
Lord Houghton : Ce que Lord Fife voudrait savoir, c’est qui êtes-vous en dehors de vos passe-temps.
Lord Fife : Oui. Que désirez-vous ? Qu’est-ce qui … provoque votre dédain ?
Lord Barnell : Qu’est-ce qui vous fait frissonner ?
Francesca : Je … Je crois que mon frère souhaite me parler. Vous voudrez bien m’excuser une minute.
Francesca : Mon frère, j’ai besoin d’un moment toute seule.
Anthony : Bien sûr.
Violet : Seigneur. Francesca a-t-elle un malaise ?
Anthony : Elle a seulement besoin d’un moment à elle, ce qui est aussi mon cas. Et je profiterai de ce moment pour danser avec ma superbe épouse.
Violet : Amusez-vous, je vous en prie.
Kate : C’est de l’intrusion.
Francesca : Pénélope.
Pénélope : Vous devriez retourner sur la piste de danse.
Francesca : Vraiment ?
Pénélope : Lorsqu’on fait tapisserie, il est ardu de se détacher du mur. Malgré tous nos efforts.
Francesca : Au moins le mur ne me demande pas ce qui me fait frissonner.
Pénélope : N’avez-vous pas apprécié de converser avec ces gentlemen ?
Francesca : J’espérais converser. Je ne m’attendais pas à être examinée comme une espèce d’insecte rare se tortillant sous un microscope.
Pénélope : Vous n’aimez guère attirer l’attention ?
Francesca : Pas vraiment, non.
Pénélope : Cela fait de vous un exception. Il semble que chaque Bridgerton soit né pour attirer l’attention. D’une manière ou d’une autre. Je suis différente de mes sœurs, moi-même. Cela peut rendre les choses difficiles.
Francesca : Mais ils sont merveilleux. Chacun à sa façon.
Pénélope : Je sais. Vous avez de la chance. Et vous avez de la chance d’avoir autant d’attention. Même si cela voua agace. Certaines d’entre nous en manquent cruellement.
Lord Cho : Miss Francesca. Une danse ?
Francesca : Avec plaisir, monsieur. (A Pénélope) : Vous devriez retourner sur la piste de danse. Il est ardu de quitter le mur lorsqu’on fait tapisserie.
Lord Debling : Vous vous sentez bien, miss Featherington ?
Pénélope : Oui, excusez-moi. Le froid m’a saisie.
Lord Debling : Le froid de la crème glacée ou de l’expression de la charmante jeune fille qui ricane ?
Pénélope : N'y faites pas attention. On m’a décoché un nombre incalculable de regards blessants. Le sien était des plus médiocres. Lord Debling, n’est-ce pas ?
Lord Debling : Et pourquoi ai-je le sentiment qu’à votre tour, vous savez vous montrer blessante, si telle est votre décision.
Pénélope : Moi ? Eh bien, je, je suppose que … Non, je ne crois pas. Euh … Excusez-moi, je dois, … Oh !
Cressida : Je suis tellement maladroite, c’est affreusement gênant ! Mes excuses les plus sincères.
Lord Debling : Bonté divine, ce sont des accidents qui arrivent. Miss Featherington, je vais trouver une bonne pour vous aider.
Cressida : Nous vous en serions reconnaissantes.
Lord Debling : Miss Cowper.
Cressida : Quel dommage, vous auriez du choisir une étoffe plus solide. Évidemment, un tissu moins bon marché ne se serait pas déchiré.
Éloïse : Je suis sincèrement navrée.
Colin : Il y eut peut-être quelques soirées tardives. Pénélope ? Elle n’avait pas l’air bien, n’est-ce pas ?
X La fille Featherington ? Pourquoi vous soucier d’elle ? J’aimerais savoir ce qu’il s’est passé durant ces soirées.
X Quoi qu’il se soit passé, Bridgerton, je l’avoue, vous êtes bien plus divertissant cette saison.
Colin : Excusez-moi. Juste un moment.
Colin : Pen.
Pénélope : Colin. Que faites-vous dehors.
Colin : Je suis sorti prendre l’air. Pourquoi partez-vous si tôt ? Surtout dans une robe aussi ravissante.
Pénélope : Ne vous moquez pas je vous en prie.
Colin : Me moquer ? Je vous assure que je suis très sérieux. Cette couleur vous va fort bien.
Pénélope : Bonne nuit, monsieur Bridgerton.
Colin : N'avez-vous pas de chaperon ?
Pénélope : Les vieilles filles n’ont pas besoin de chaperon.
Colin : Vous n’êtes pas une vieille fille.
Pénélope : Les Je suis sur le marché du mariage depuis trois ans sans une proposition. Comment appelez-vous cela ?
Colin : Quelque chose ne va pas, peut-être ? Je veux dire, entre nous. Je vous ai écrit cet été, comme je le fais toujours. Vous n’avez pas répondu. Certes, peu d’amis m’ont répondu, mais s’il faut vous le dire à voix haute, vous me manquiez.
Pénélope : Je vous manquais ? Je vous manquais mais jamais au point de me courtiser, n’est-ce pas ?
Colin : Pénélope, je …
Pénélope : Je vous ai entendu, au bal donné par ma mère la saison dernière, dire à vos amis que jamais vous ne courtiseriez Pénélope Featherington.
Colin : Peut-être devrions nous en parler quelque part, en privé ?
Pénélope : Parce que je vous fais honte ? Bien sur que vous ne me feriez pas la cour. Je suis la risée de la haute société même en changeant toute ma garde-robe. Seulement je ne soupçonnais pas que vous, entre tous, pouviez être aussi cruel.
Maison des Featherington
Madame Varley : Il y a un gentleman qui souhaiterait vous voir, madame.
Dundas : Lady Featherington, heureux de faire votre connaissance.
Portia : Bonjour, monsieur …
Dundas : Walter Dundas, esquire. Je travaille pour la Couronne, je tiens à m’assurer que nos lignées se perpétuent en douceur dans nos grandes familles.
Portia : Je vois. Et à quoi devons-nous votre visite ?
Dundas : J’ai été informé que votre cousin Jack Featherington avait récemment quitté la ville avec toute votre fortune.
Portia : Oui, monsieur. Mon cousin, cet aigrefin. Cet homme était un horrible menteur.
Dundas : J’ai en ma possession un document signé de son nom, octroyant ce domaine à celle de vos filles qui aura mis au monde un héritier mâle.
Portia : Ah oui, ce document. Il est parfaitement légal. Même une horloge cassée est à l’heure deux fois par jour.
Dundas : C’est une situation assez inhabituelle. L’une de vos filles attend-t’elle un enfant ?
Oh, justement, je m’attends à recevoir la nouvelle à chaque instant.
Dundas : Je vois. Actuellement, la Couronne n’a connaissance d’aucun autre héritier mâle vivant. Ce serait vraiment une tâche fastidieuse de transférer le domaine à une autre famille. Beaucoup d’agitation pour les Featherington et la belle société, et franchement, pour moi également. Mais si je devais découvrir que ce document fort commode est en fait falsifié avant que l’une de vos filles n’ait un héritier, l’agitation s’avèrerait nécessaire.
Eh bien, alors … il est heureux que le document ne soit pas falsifié et que mes filles aiment tendrement leurs époux.
En effet, c’est heureux. Je vous rendrai visite très bientôt. Mmmm. C’est une bien belle demeure. Au plaisir.
Eloïse et Cressida, suivies de leur gouvernante, font une promenade au parc.
Cressida : Dieu merci, je n’ai pas beaucoup de rivales cette saison. A part Francesca qui a suscité un certain intérêt, je suppose. Mais la manière dont j’ai traité Pénélope a envoyé un message clair. Vous ne trouvez pas ?
Éloïse : Je pense que le message a été reçu par tous grâce à votre ruse.
Cressida : Vous désapprouvez ? Je croyais que nous n’aimions pas Pénélope.
Éloïse : Ce que vous avez fait était cruel et fort inutile. Vous évoquez souvent à quel point il vous est difficile de trouver un mari. Mais ne serait-ce pas plus facile si vous affichiez moins de … rudesse ?
Cressida : Oui, il m’est difficile de trouver un mari. Il m’est encore plus difficile de trouver une amie. J’en ai eu très peu depuis mes débuts. Pas d’amies proches. J’en avais, enfant. Mais la saison mondaine s’interpose entre les jeunes filles, en nous montant les unes contre les autres. J’en ai sans doute été victime. Une fois, ou deux peut-être.
Éloïse : Ou même trois. Mais vous dites vrai. La société ne cherche guère à forger des affections entre nous. Je croyais être la seule à l’avoir remarqué.
Cressida : J’ai essayé d’être votre amie lors de votre première saison. Mais vous avez rejeté mes approches. Je ne peux pas vous en blâmer. Je n’ai pas toujours été tendre. Mais quoi que Pénélope ait fait pour perdre votre amitié, vous avez raison. Elle ne mérite pas mon attention, ni la vôtre. Ne pensons qu’à nous-mêmes. Nous sommes bien plus intéressantes.
Éloïse : J’aurais tendance à penser comme vous.
Maison des Bridgerton
Kate : Vous voilà enfin. Comment se sont passées vos réunions ?
Anthony : Sans comparaison avec notre couche. Si nous y retournions ?
Kate : Il y a une affaire dont nous devons discuter d’abord. Votre mère.
Anthony : Oui, je sais. Elle trouve tous les moyens possibles pour retarder son déménagement. Je vais lui parler aujourd’hui.
Kate : Justement. Si vous n’en faisiez rien ? Votre mère apprécie tellement son rôle de vicomtesse, et moi, j’ai déjà passé des années à veiller sur Edwina et à gérer la maison Sharma. Je ne vous ai jamais vu plus heureux que loin d’ici et de vos devoirs vis-à-vis de ce domaine. Alors, pourquoi ne pas penser à nous d’abord, pour une fois ? Et prolonger la lune de miel ?
Anthony : Etes vous sûre de vous ?
Kate : Oui. Nous avons la vie entière pour être vicomte et vicomtesse. Pour l’instant, le seul devoir qui me tienne vraiment à cœur, c’est de faire un héritier ou deux. Laissez votre mère rester plus longtemps.
Anthony : Je n’ai plus envie de parler de ma mère une minute de plus.
Violet : Ma chère. Dites-moi comment était votre soirée ? Avez-vous apprécié votre premier bal ?
Francesca : C’était … satisfaisant.
Violet : Ma chérie. Songez aux bals comme si vous jouiez en duo. Lorsque vous jouez avec quelqu’un, il y a une certaine vulnérabilité qui, je l’admets, peut être effrayante, du moins j’imagine. Mais le jeu en vaut la chandelle. Si vous trouvez la personne avec laquelle vous ressentez une surprenante harmonie …
Francesca : Les bals ne m’effraient pas, maman. Ni la perspective d’un mari. L’amour entre père et vous et celui que vivent Daphné et Anthony est fort enviable mais il est aussi fort rare. Je ne crois pas avoir besoin de ressentir des papillons ni de surprenante harmonie pour suivre votre métaphore.
Violet : Mais vous ouvrirez votre cœur, si l’amour frappe à votre porte ? Oui ?
Francesca : Attendons de voir ce qu’il se passera.
Madame Wilson : Madame ? La vicomtesse est à votre recherche.
Dans le jardin des Featherington.
Rae : Un visiteur, mademoiselle.
Colin : Excusez mon intrusion.
Pénélope : C’est bon, Rae.
Colin : Je viens m’excuser pour mes remarques désobligeantes de l’an passé. Cela me peine de vous voir blessée.
Pénélope : Dans ce cas, mieux valait ne pas venir.
Colin : J’ai beaucoup changé depuis la saison dernière. Je n’ai pas honte de vous, Pénélope, loin s’en faut. C’est l’inverse qui est vrai. Je cherche votre compagnie à chaque événement social parce que je sais que vous allez stimuler mon esprit et me montrer le monde comme je ne l’aurais pas imaginé. Vous êtes brillante et sensible et … Je suis fier de me prévaloir de votre amitié.
Pénélope : C’est tellement vexant de vous voir revenir dans la société avec tant d’aisance. Quand chaque année, je prie pour enfin être à mon aise sur le marché du mariage et ce sentiment ne se matérialise jamais.
Colin : Eh bien, si c’est un mari que vous cherchez, alors … Laissez moi vous aider.
Pénélope : Oui, mais comment ?
Colin : J’ai visité 17 villes l’été passé. Depuis, ce que je sais, c’est que le charme peut s’apprendre.
Pénélope : Colin, vous n’allez pas me souffler comment agir à chaque événement mondain.
Colin : Ce ne sera pas nécessaire. Vous aurez des leçons. Et vous les maîtriserez vite, j’en suis certain. Il n’y a rien que je veuille plus que regagner les faveurs de la seule personne auprès de laquelle je me suis toujours senti sincèrement apprécié. Qu’en dites-vous ?
Pénélope : Dois-je vous serrer la main ?
Colin : C’est peut être inhabituel, mais ne sommes-nous pas amis ?
Pénélope : Amis.
Colin : Je vous reverrai bientôt.
Une voix : C’est le Whistledown ?
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Lady Whistledown : Très chers amis lecteurs, lorsque le vent du changement tourne, cela peut être soudain, violent et fatal. Surtout pour ceux qui n’y sont pas préparés. Il semble à votre chroniqueuse que notre bonne société se transforme au gré du vent changeant sans aucun doute.
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Une voiture s’arrête devant un manoir. Les serviteurs sont en rang sur le perron. La famille de Will Mondrich descend d’un carrosse. Un majordome s’avance et s’incline devant le jeune Nicholas.
Lord Kent. Bienvenue dans votre nouvelle demeure.
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Lady Whistledown : Tandis que d’autres s’accrochent résolument à ce qu’ils connaissent déjà. C’est le cas de notre reine qui se doit toujours de choisir un diamant. Votre chroniqueuse se demande si son hésitation est un symptôme de fermeté ou de peur. S’il s’agit de la seconde hypothèse, s’énorgueillir de ses précédents succès ne lui sera d’aucun bénéfice, car nos débutantes sont prêtes à jouer le jeu cette saison. A vous d’engager, Votre Majesté.
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Palais de Buckingham
Charlotte : Il semblerait que lady Whistledown ait envie de s’amuser.
Brimsley : Ah. Comptez-vous vous amuser aussi, Majesté ?
Charlotte : Je suis friande de jeux. D’autant plus que c’est presque toujours moi qui gagne.
Maison des Featherington.
Pénélope : Le Whistledown est arrivé tôt.
Prudence : Je suis en train de le lire. Sois patiente.
Philippa : Te connaissant, je suis persuadée que l’article du jour t’intéressera, Pénélope. Lady Whistledown a plein de choses à dire sur tes précieux Bridgerton. Sur Colin, en fait.
Pénélope : Quoi qu’elle écrive sur lui, elle se trompe.
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Lady Whistledown : Oserai-je le dire, votre chroniqueuse est prête à jouer, également. Je ne crains pas le changement, je l’étreins. Naturellement, il y a ceux qui l’étreignent trop fort et poussent le changement jusqu’à l’excès.
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Maison des Bridgerton
Colin : Bonjour, Eloïse.
Éloïse : Bonjour, Colin. Mais où étais-tu ?
Colin : Nulle part. Qu’est-ce que tu lis ?
Éloïse : Rien. Le Whistledown. Tu y es mentionné.
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Lady Whistledown : Naturellement, il y a ceux qui l’étreignent trop fort et poussent le changement jusqu’à l’excès, comme monsieur Colin Bridgerton, qui semble avoir embrassé une toute nouvelle personnalité. Reste à savoir s’il est devenu ce nouveau personnage ou si ce n’est qu’un subterfuge pour attirer l’attention. D’ailleurs, monsieur Bridgerton le sait t’il lui-même ?
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Éloïse : Qu’en penses-tu ?
Colin : Je me moque de ce que cette femme pense de moi. Mais détruire miss Thompson, je veux dire, lady Crane, et ensuite, avoir failli te détruire la saison dernière … Je ne suis pas prêt de le pardonner.
Éloïse : As-tu une idée de qui elle peut être ?
Colin : Aucune. Mais si jamais je découvre son identité, je m’efforcerai de détruire sa vie coute que coute.
Rédigé par Mamynicky