3.06 – Courtiser monsieur Bridgerton
Sur la place du marché, les conversations vont bon train.
Lady Malhorta : La gazette n’a pas été livrée. Personne ne l’a.
Lady Barragan : La Reine a peut être levé l’identité de la commère.
Miss Kenworthy : J’aurais aimé qu’elle commente mes fiançailles.
Miss Barragan : J’aurais aimé qu’elle commente ma nouvelle toilette.
Passant : Je comprends votre déconvenue.
Miss Malhotra : Cressida Cowper ?
Miss Barragan : Cette méchante mordeuse de mollets !
Miss Stowell : Sommes-nous sûres que ce soit elle ?
Miss Goring : Cela est parfaitement cohérent.
Miss Livingston : Je tremperais aussi ma plume dans le vitriol si je devais me retrouve vieille fille comme cette miss Cowper.
Miss Hartigan : C’est un être cruel.
Lady Keswick : La pauvre enfant est terriblement mal élevée.
Lady Livingston : Si j’étais sa mère, je la punirais sévèrement.
Lord Garret : C’est de naissance, bien sûr.
Miss Kenworthy : Je dirais que c’est un génie.
Miss Stowell : J’ai hâte de savourer sa prochaine édition.
Maison Featherington
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Lady Whistledown : Je ne voudrais pas insulter le diable en livrant un parallèle entre lui et Cressida Cowper. Car l’un n’est que mensonge, fourberie, un succube de la pire espèce, et l’autre n’est pas connu de cette chroniqueuse. …
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Pénélope arrache la feuille et la froisse.
Portia : Vous avez de la visite.
Colin : Pen !
Pénélope : Colin.
Colin : Comment vous sentez-vous ? Je me suis inquiété.
Pénélope : Je vais assez bien. Mais vous n’auriez peut être pas dû venir. Et si c’était contagieux ?
Colin : Il n’y a pas d’autre endroit où j’aimerais être. Je sais que vous avez quelque chose à me dire. Mais je ferai preuve de patience tant que vous ne souhaiterez pas me confier vos tourments.
Pénélope : Je ne peux pas en parler pour l’instant. Mais ce n’est certainement pas à cause de vous que je me suis évanouie. C’est à cause de Cressida Cowper qui a dit dans un accès de folie être Whistledown.
Colin : C’est pour le moins incroyable. Quand on sait les horreurs qu’elle a écrites sur vous, sur moi, sur nos familles. Et qu’elle ait pu choisir le jour de nos fiançailles pour tomber le masque.
Pénélope : Cressida a toujours eu l’art de tirer la couverture à elle.
Colin : Pensez-vous vraiment que ce soit elle ? J’avoue avoir imaginé lady Whistledown un peu plus intelligente, perspicace. Je vous laisse vous reposer. Mais avant de me retirer, j’ai quelque chose pour vous. Le bijoutier a tout juste fini de l’ajuster.
Pénélope : Ho, Colin, elle est magnifique !
Colin : Et pourtant, deux fois moins que vous ne l’êtes. D’où vient cette encre ? Étiez-vous en train d’écrire ?
Pénélope : Oui. Essentiellement des lettres. J’ai à cœur de partager notre belle nouvelle.
Colin : Naturellement. Je vous laisse à vos écritures. Bonne journée, miss Featherington. Plus pour longtemps.
Maison des Cowper
Lord Cowper : J’ai promis à lord Greer une jeune mariée, pas une chroniqueuse de potins. Il a reconsidéré sa demande en mariage.
Cressida : Vraiment ?
Lord Cowper : Inutile d’afficher ce sourire béat, mademoiselle. Si vous pensez poursuivre cette activité sous mon toit et ternir la réputation de mon nom vous vous fourvoyez ! Je vous envoie vivre chez votre tante Joanna.
Cressida : Papa, vous ne pouvez pas. Elle vit au Pays de Galles !
Lord Cowper : C’est bien cela. Vous ragoterez tranquillement en vous moquant des moutons !
Lady Cowper : Cressida, il faut revenir sur votre déclaration. Nous pourrons dire que lady Bridgerton vous a servi trop de vin et que vous avez divagué.
Cressida : Vous ne croyez pas ce que j’ai dit ?
Lady Cowper : Je connais bien ma fille. Lady Whistledown est un écrivain intelligent. Vous avez reçu de nombreux dons mais l’intelligence n’en fait pas partie.
Des gardes de la Reine sont introduits par le majordome.
Un garde : Miss Cressida Cowper, vous êtes convoquée au palais sur ordre de Sa Majesté la Reine.
Domaine de Kent
Alice : Nous avons une nouvelle que nous souhaitons partager avec vous, lady Danbury.
Lady Danbury : Oh.
Mondrich : Nous allons vendre le club.
Lady Danbury : Ah. En voilà une bonne nouvelle ! J’ai toujours plaisir à voir les gens suivre mes conseils. Et c’est la bonne décision, monsieur Mondrich. La colère de Sa Majesté se porte ailleurs aujourd’hui, mais cela peut changer à tout moment.
Alice : Évidemment, nous ne souhaitons pas attirer l’attention sur nous en bouleversant les usages.
Lady Danbury : Sottises ! Vous devez attirer l’attention sur votre famille et de la meilleure façon possible, en organisant un bal. C’est important de suivre les règles, mais si vous voulez gagner la partie, vous êtes obligés d’avoir le dessus. Sans cela, vous serez toujours sur la défensive.
Alice : Eh bien …
Mondrich : Divertir les autres est notre seconde nature.
Maison des Bridgerton.
Violet : Lord Anderson ?
Lord Anderson : Lady Bridgerton. Pardonnez mon intrusion. Il se trouve que j’ai oublié mon chapeau.
Violet : Vous ne faisiez donc … qu’un passage furtif ?
Lord Anderson : Oui, certes, et j’imagine que j’aurais pu envoyer un valet, je vous l’accorde. Mais alors, je n’aurais pas eu l’occasion de vous revoir, madame. Afin de vous remercier pour cette agréable soirée.
Violet : Je dois reconnaitre que cette soirée fut particulière.
Lord Anderson : Comment allez-vous ?
Violet : Euh … Hormis une légère migraine, je vais bien. Comment allez-vous ?
Lord Anderson : Vous avez du sentir un certain froid entre ma sœur et moi, n’est-ce pas ?
Violet : C’est possible. Mais cela ne me regarde pas.
Lord Anderson : Je sais que nous nous réconcilierons. Les griefs liés à l’enfance ont souvent la vie dure. Ma sœur est la première née de la famille.
Violet : Et vous étiez le premier garçon.
Lord Anderson : Mais nous voilà adultes. Nous trouverons le moyen de passer ce cap.
Violet : J’ai confiance en vous pour le trouver.
Lord Anderson : Merci. Je vous laisse soulager votre migraine. Mais j’espère vivement vous revoir très bientôt.
Violet : Moi de même.
Benedict : Tu adores les macarons,
Hyacinthe : J’aime le rose, mais j’adore les macarons au chocolat. Benedict. Je veux ces deux-là.
Benedict : Non, non, pas les deux. Tu en as déjà pris trois ce matin.
Hyacinthe : C’est entièrement faux !
Benedict : Tu es descendue, je t’ai vue.
Hyacinthe : J’en ai pris un.
Benedict : Bien sûr que c’est vrai, Gregory t'a vue. Tu es une petite menteuse.
Hyacinthe : Je ne mens pas.
Benedict : Bien sûr que tu mens. Oh !
Hyacinthe : Gregory !
Gregory : Quoi, moi aussi, J’aime ceux au chocolat.
Benedict : Je n’en ai pas eu un seul ! J’ai la solution.
Francesca : Rien n’est mieux que le présent.
Lord Stirling : Votre famille est visiblement très occupée.
Benedict : Laisse-nous régler cela entre nous.
Francesca : Vous devez les interrompre.
Lord Stirling : Je ne pense pas qu’ils m’écouteront. Regardez. S’il vous plait ! Je suis malade de la peste et vous êtes tous condamnés à l’attraper par contamination.
Benedict : Trois macarons banane contre un au chocolat.
Hyacinthe : Jamais de la vie !
Gregory : Sournois.
Benedict : C’est surtout déraisonnable !
Hyacinthe : Allez !
Francesca : Très bien ! Votre attention ! Merci. John ici présent a une très courte annonce à vous faire.
Lord Stirling : Ce sera rapide, en effet. Euh … Nous allons nous marier.
Violet : Oh, Seigneur.
Colin : Félicitations !
Benedict : Bravo. Bravo. Félicitations. Vous méritez un macaron.
Francesca : Ta joie m’enchante, Eloïse.
Violet : Félicitations.
Hyacinthe : Chère Francesca, tu seras la plus belle des mariées. Enfin, à l’égal de Daphné, de Kate et de Pénélope.
Violet : Quelle merveilleuse nouvelle. Vous formez un très beau couple.
Francesca : Merci, maman.
Hyacinthe : Nous devons aller dès aujourd’hui chez la modiste pour votre robe.
Violet : Chaque chose en son temps.
A son bureau, Colin écrit mais rature beaucoup.
Éloïse : Bouderais-tu d’avoir été privé de macaron au chocolat ?
Colin : Savais-tu que c’était lady Whistledown ?
Éloïse : Tu as parlé à Pénélope, ce matin ?
Colin : Oui. Elle est dévastée par les révélations de miss Cowper. Dis-moi que tu n’étais pas au courant.
Éloïse : Non. Je ne savais pas concernant Cressida. Notre amitié était déjà chancelante, mais cet événement y porte un coup fatal.
Colin : J’ose l’espérer. J’imagine que tu aurais trouvé aberrant de te lier d’amitié avec elle si tu l’avais su, compte tenu de tout ce qu’elle a écrit.
Éloïse : Tu as exprimé tellement de colère envers Whistledown. Que comptes-tu faire ?
Colin : Il y a une part de moi qui voudrait se présenter chez elle une fourche à la main. Et si tu me le demandais, je le ferais. Mais en vérité, tout ce qui s’offre à moi depuis quelques temps m’a pour ainsi dire adouci.
Éloïse : Tu penses à Pénélope.
Colin : Je sais que tu ne souhaites pas que j’en parle, mais c’est surprenant de voir la rapidité avec laquelle une seule personne peut soudain compter plus que tout. Veiller sur son bien-être, c’est la seule chose à laquelle je pense. Ainsi qu’à notre avenir à tous les deux.
Éloïse : Peut-être puis-je convaincre lady Whistledown de partir. Afin qu’elle ne puisse plus jamais nous nuire.
Colin : Tu veux aller parler à miss Cowper ?
Éloïse : Avec la chroniqueuse en personne.
Maison Featheringtn.
Eloïse entre dans la chambre de Pénélope, en train d’écrire.
Pénélope : J’ai voulu le lui dire, mais …
Éloïse : Mais vous avez échoué. Et quand l’occasion s’est présentée, j’ai échoué aussi. Parce que je sais maintenant que la vérité détruirait Colin.
Pénélope : Dès que je saurai comment, j’ai toujours le projet de le lui dire.
Éloïse : Non. Pour je ne sais quelle raison, mon frère est convaincu qu’il vous aime. Et s’il savait que vous étiez l’auteur de ces propos calomnieux sur moi, sur notre famille, sur Marina, s’il savait que moi aussi, je me suis tue pour … Ne lui en parlez pas. Pourquoi le faire quand il suffirait de poser votre plume ?
Pénélope : C’est impossible. Qui plus est à présent.
Éloïse : Au contraire, vous avez une porte de sortie idéale, Pénélope.
Pénélope : Vous ne pensez pas …
Éloïse : En se donnant bêtement en spectacle hier soir, Cressida vous a fait un cadeau. Elle ne saura jamais capter ses lecteurs. Laissons cette gazette mourir sous sa plume et personne ne saura rien.
Pénélope : Eloïse, j’y ai mis tout mon être, et depuis si longtemps. Cela représente tant de travail. Je refuse de laisser Cressida Cowper dire cela. Mon cœur serait brisé.
Éloïse : Et le cœur de Colin ? Il sera brisé en apprenant la vérité.
Pénélope : Mais … Lady Whistledown, c’est moi, c’est mon nom. Ce n’est pas le sien !
Éloïse : Votre nom sera bientôt Bridgerton. Impossible de porter les deux noms.
Pénélope : Aussi loin que je me souvienne, mon plus grand souhait était de faire partie des vôtres.
Éloïse : A l’époque j’aurais tout donné pour connaître lady Whistledown. Vous en avez bien profité. Mais ce ne sont que des potins. Tournez la page.
Palais de Buckingham.
Brimsley : Sa Majesté peut vous recevoir.
Charlotte : Alors … c’est donc la demoiselle qui prétend être lady Whistledown.
Brimsley : Oui, Votre Majesté.
Charlotte : Et pourquoi décider de lever le secret ?
Cressida : Je suis là pour recevoir ma récompense, Votre Majesté.
Charlotte : 5000 livres ne doivent pas être une forte somme pour la grande lady Whistledown. Vous êtes rémunérée, il me semble, non ?
Cressida : Mais je suis venue afin que personne ne s’attribue ce qui me revient.
Charlotte : Eh bien, sachez que je suis une femme de parole. Je vous remettrai votre récompense dès que vous m’aurez présenté votre dernière chronique. Celle qui aurait dû être distribuée ce matin.
Cressida : Pardonnez-moi, Votre Majesté. Voyez vous … depuis que cette récompense est lancée, mon imprimeur est sur ses gardes. Mais la prochaine gazette devrait arriver dans peu de temps.
Charlotte : Connaissez votre ennemi, miss Cowper. Je connais lady Whistledown aussi bien que je me connais moi-même. Sa plus grande force réside dans ses talents d’observatrice. Qu’avez-vous observé dans votre vie en dehors de vous-même ?
Cressida : J’observe, oui. Ne serait-ce qu’hier soir, j’ai observé miss Francesca et lord Kilmartin. Tous les deux, toute la soirée à la maison Bridgerton. Mais je suis sûre qu’il est encore temps d’infléchir le choix de miss Francesca vers le marquis.
Charlotte : Hm. Miss Cowper, jamais la véritable lady Whistledown ne proposerait une offre d’assistance aussi sommaire. Sans un rival plus exaltant. Et il m’est bien égal que miss Francesca fasse le choix d’un partenaire médiocre. A moins que vous n’arriviez à publier une chronique convaincante, je ne souhaite plus vous revoir à ma cour, désormais.
Lady Cowper : Cressida, je vous défends de publier la moindre chronique.
Cressida : Je n’ai pas le choix, maman. Elle va me bannir de la société.
Lady Cowper : Votre père vous a déjà bannie de la société.
Cressida : Je n’irai pas vivre chez tante Joanna.
Lady Cowper : Et le jour où la véritable lady Whistledown décidera de reprendre sa plume ?
Cressida : Elle n’a rien publié ce matin. Peut-être l’ai-je découragée ? Que puis-je faire d’autre ? Livrer une chronique pour la Reine est la seule solution si je veux regagner ses faveurs.
Lady Cowper : Si vous publiez et alimentez votre réputation de Whistledown, personne ne vous épousera.
Cressida : Personne, personne ne veut m’épouser.
Maison des Bridgerton
Violet : Je serais ravie d’organiser le petit déjeuner du mariage ici. A moins que votre mère souhaite en être l’hôtesse, lord Kilmartin. Si je n’avais qu’un seul enfant, je pourrais lui disputer cet honneur.
Francesca : Nous devons déjà annoncer nos fiançailles, maman. Chaque chose en son temps.
Lord Stirling : En admettant que ma mère veuille se battre, ce serait surtout pour ne pas être l’hôtesse.
Violet : Nous devrions parler de l’annonce de vos fiançailles. Il me semble qu’en ce qui concerne …
Francesca : Nous avons eu une discussion à ce sujet.
Lord Stirling : J’ai assez vite compris que je n’étais pas son premier choix pour votre fille.
Violet : Uniquement parce que la Reine accorde beaucoup d’attention à Francesca. Et il semble simplement plus sage de … disons, d’attendre les derniers jours de la saison avant d’annoncer vos intentions. Ainsi, nous pourrons tous nous retirer à la campagne pour le mariage et la Reine pourra choisir un nouveau diamant au début de la prochaine saison.
Francesca : Sachez néanmoins que … nous ne souhaitons pas attendre tant. Nous aimerions préparer notre futur foyer.
Lord Stirling : Nous pensons qu’un entretien avec la Reine serait la plus sage des décisions.
Violet : Eh bien, si vous vous en sentez capable.
Francesca : Nous aimerions compter sur vous pour parler à la Reine.
Violet : Oh. Mmh-mmm …
Maison des Featherington.
Portia : J’imagine très bien des rubans jaunes le long de toutes les rampes d’escalier et des fleurs dorées sur la voiture qui parcourt le chemin de l’église jusqu’à la réception.
Mme Varley : C’est d’un chic, madame.
Philippa : Et dans quoi monterons-nous ? Une charrette ?
Prudence : Je n’ai pas eu droit aux fleurs dorées à mon mariage.
Portia : Vous n’épousiez pas un homme doté d’une fortune illimitée.
Finch : Je vous conduirai mon amour.
Philippa : Oh, je préfèrerais un carrosse doré.
Prudence : Je ne vois pas pourquoi Pénélope mérite un tel traitement. Un mariage n’est certainement pas aussi important qu’une grossesse.
Portia : Où est Pénélope ? Elle ne peut pas être encore malade ! Pénélope ?
Philippa : « Pénélope »
Pénélope est dans sa chambre.
Portia : Que faites-vous, seule ici ? Oh, vous lisez de vieilles chroniques de Whistledown.
Pénélope : Je ne me sens pas encore très bien.
Portia : Pénélope. Vous êtes parvenue à conquérir l’affection d’un homme issu d’une grande famille fortunée. Vous disposez de toute votre vie pour ne rien faire. Mais pour l’heure, tant que vous ne serez pas conduite à l’autel pour sceller ce mariage, votre tâche est d’œuvrer pour que monsieur Bridgerton ait le sentiment d’être la personne la plus importante au monde. Vous devez vous consacrer entièrement à votre mari. A ses rêves, ses désirs. Au début, du moins.
Pénélope : Que deviennent mes rêves ?
Portia : Quels rêves ? Une dame n’a pas de rêves. Une dame a un mari. Et si vous avez de la chance et remplissez votre rôle, parfois les rêves que vous caressez prendront forme à travers lui. Votre père a pu se montrer cruel. C’était un homme faible. J’ai accepté de l’épouser par sécurité. Et il ne m’a pas plus offert cela que le reste. Mais il m’a donné trois filles. Et mon plus grand souhait a toujours été de vous voir poursuivre un meilleur destin. Et vous y êtes arrivée. Vous avez de la chance, Pénélope. Ne la prenez pas pour acquise.
Chez lady Tilley Arnold
Lady Tilley : J’ai plaisir à partager une collation avec vous.
Benedict : C’est notre premier repas.
Lady Tilley : Si les scones de ma cuisinière vous plaisent, vous serez conquis par tout un repas.
Benedict : Me poussez-vous dans les bras de votre cuisinière ?
Lady Tilley : Je donne un dîner un soir de cette semaine. Pour vous et moi et mon cher ami Paul. Viendrez-vous ?
Benedict : Mes intentions à votre égard seront évaluées par vos proches ?
Lady Tilley : Il y a peut-être un peu de ça. Après tout, j’ai rencontré votre famille. A votre tour de rencontrer ceux qui me sont chers.
Benedict : Mmmm. Merveilleux.
Lady Tilley : Vous alors.
Benedict et Colin ont emmené lord Stirling au Club de Mondrich.
Colin : A votre santé, lord Kilmartin ! A la joie de vous voir rejoindre bientôt notre famille, je l’espère.
Benedict : Au plaisir de vous avoir parmi nous.
Lord Stirling : Le plaisir est pour moi.
Benedict : Tu es en verve ce soir, dis-moi. C’est l‘amour qui t’apporte cette légèreté ?
Mondrich : Messieurs ! L’une de mes plus fameuses bouteilles de brandy.
Benedict et Colin : Ha !
Mondrich : Je ne peux pas la laisser au nouveau propriétaire.
Benedict : Encore une ? On va souhaiter la fermeture du club toutes les semaines.
Mondrich : Malheureusement, c’est la toute dernière bouteille. Mince ! Je croyais qu’il y avait de quoi servir tout le monde.
Benedict : Allons, ce verre est pour vous, pour fêter votre dernière soirée à la tête de cette noble institution.
Mondrich : Vous voulez dire pour pleurer sur ma dernière soirée. Je refuse votre verre de la plainte.
Colin : Bien. Si c’est le verre de la plainte, il est possible qu’il soit pour moi.
Benedict : Pour toi ?
Colin : Tu as raison. L’amour m’a rendu si léger, si simple que je n’ai pas pu écrire une ligne de la semaine. C’est une torture, un enfer.
Benedict : Mais que dois-tu écrire ?
Colin : Je reprends un manuscrit, mon frère.
Benedict : Oh. Un livre ?
Colin : Oui.
Mondrich : Et quel est le propos ?
Colin : Je vais éditer les récits de mes voyages ou j’aspire à le faire, surtout.
Benedict : Non, non, non, non !
Colin : Pourquoi penses-tu le mériter ?
Benedict : Toi, au moins, tu as une direction dans ta vie, Pendant que moi, je flotte. Sans but. Sans chemin à suivre devant moi.
Colin : Et n’es-tu pas plus heureux que tu ne l’as jamais été ?
Benedict : Ha oui, c’est exact.
Lord Stirling : Je crois que ce verre est à moi. Alors, si j’ai bien compris la règle du jeu, le gagnant est celui qui a le plus de chance ?
Benedict : Non, pitié, épargnez-nous tout récit sentimental sur notre sœur.
Lord Stirling : J’allais vous dire que j’étais de loin le plus chanceux de nous tous car j’ai repéré une autre bouteille.
Benedict : Il a raison !
Colin : C’est exact !
Benedict : Quelle chance incroyable ! Œil de lynx.
Lord Stirling : Oui.
Mondrich : Magnifique. Merci.
Lord Stirling : A monsieur Mondrich et son excellent club !
Benedict : Au club !
Colin : Au club !
Benedict : Parfait !
Colin : Nous devons finir la bouteille. C’est une obligation.
Benedict : Vous êtes notre frère.
Lord Stirling : Non, j’ai assez largement assez bu.
Colin : Il en reste encore assez pour un dernier.
Benedict : A votre santé, Mondrich.
Mélancolique, Mondrich fait du regard un tour de son club.
Devant leur église, les paroissiens discutent avant d’entrer pour la messe.
Paroissien : Ce serait lady Whistledown.
Prêtre : Ce sont les mots du Seigneur. Que Dieu en soit remercié. A présent, j’ai l’honneur de publier les bans du mariage entre monsieur Colin Bridgerton et miss Pénélope Featherington. Il s’agit d’une première demande. Si quelqu’un parmi vous a quelque raison de devoir s’opposer à ce que ces deux personnes se retrouvent unies par les liens sacrés du mariage … qu’il le dise ou se taise à jamais. Très bien. Monsieur Bridgerton et miss Featherington se marieront en ces lieux dans trois semaines. Ce jour, j’ai également l’honneur de publier les bans de lord Charles Cho et miss Emma Kenworthy. Il s’agit de la deuxième demande. Si quelqu’un parmi vous a quelque raison de devoir s’opposer à ce que ces deux personnes soient unies par les liens sacrés du mariage … qu’il le dise ou se taise à jamais. Très bien. Lord Cho et miss Kenworthy se marieront en ces lieux dans deux semaines. C’est avec ces mots que je terminerai aujourd’hui. A présent, allez tous en paix et servez notre Seigneur avec tout votre cœur.
Pénélope : Je vous rejoins dans un moment.
Colin : Je vois que vous avez bonne mine.
Pénélope : Je me sens beaucoup mieux.
Colin : Et bientôt, nous serons officiellement mariés. Si vous voulez toujours de moi.
Pénélope : Colin, comment pourrais-je renoncer ?
Colin : Je sens bien que vous voulez me dire quelque chose.
Pénélope : J’avoue que depuis très longtemps, quelque chose me brûle les lèvres. Je vous ai aimé dès le premier jour. Depuis un temps long et embarrassant. Toutes ces années où je prétendais être votre amie, je l’étais, mais … je vous aimais en secret. Et je vous ai toujours aimé, Colin.
Colin : Je renouvellerai toute ma vie mes excuses de ne pas vous avoir vue plut tôt.
Pénélope : C’est inutile. Il n’y a rien qui puisse me combler davantage que d’être à vos côtés. Colin, que faites-vous ?
Colin : Je danse avec ma future épouse dans l’église où nous allons nous marier.
Pénélope : Vous a-t-on déjà puni dans votre enfance ?
A la sortie de l’église,
Lady Danbury : Mon frère ?
Lord Anderson : Ma sœur ?
Lady Danbury : Puis-je te présenter lady Keswick ? Vous a-t-on déjà présentés ?
Lord Anderson : Non, je ne crois pas que cela a été fait. Lord Anderson. Enchanté. Je me dirigeais vers quelqu’un …
Lady Keswick : C’est moi qui suis ravie. Votre nom est sur toutes les lèvres en ville. J’avais hâte de vous rencontrer.
Lady Danbury : Je vous laisse en tête-à-tête. Faites connaissance.
Lady Keswick : Votre sœur m’a dit que vous étiez veuf, comme moi.
Lord Anderson : Eh bien …
Lady Danbury : Bonjour Eloïse .
Plus loin, Cressida appelle Eloïse d’un geste.
Éloïse : Si vous souhaitez vous repentir, il vous faut entrer dans l’église.
Cressida : Éloïse, j’ai pu m’échapper. Ne dites à personne que je suis là.
Éloïse : J’aurais pensé que vous vouliez attirer l’attention, non ?
Cressida : Je ne suis pas venue pour leur attention.
Éloïse : Pourquoi alors ?
Cressida : Peut être parce que vivre dans le secret condamne à la solitude et je me demandais si vous pouviez vous associer à moi. Vous aimez tant les mots, la lecture du moins, alors pourquoi ne pas m’aider à écrire une chronique ?
Éloïse : Cressida, vous rappelez-vous ce qui a été écrit à mon sujet l’an dernier ? Sous votre plume dans le Whistledown ?
Cressida : Oui, bien sûr. Pardonnez-moi. Je ne sais pas pourquoi j’ai écrit cela. Vraiment. Mais ensemble nous allons réparer ce tort en faisant votre éloge dès notre première chronique.
Éloïse : Je ne souhaite pas être votre collaboratrice. Et je ne peux rester votre amie. Je suis désolée.
Cressida : Est-ce vraiment à cause de Whistledown ? Ce n’est pas surprenant que Pénélope vous ait abandonnée. Vous ne savez qu’agiter votre langue. Vous êtes clairement envieuse de ce que je viens d’accomplir pour moi-même.
Éloïse : Peut-être suis-je envieuse de Whistledown. C’est un sacré exploit. Et après avoir passé une saison à se sentir invisible, je comprends que l’on puisse même être amené à l’écrire. Félicitations pour ce succès arraché avec les dents.
Prudence : Toi, c’est une fille que tu attends. C’est sans doute pourquoi cela ne pétille plus du tout dans tes yeux ces temps-ci.
Philippa : Quoi ? Comment ça ?
Prudence : On dit des bébés filles qu’ils volent la beauté de leur mère. Vous ne le voyez pas, maman ?
Portia : Non, mais regardez comme ils forment un couple des plus charmants !
Finch : Je vous trouve autant de charmes qu’à une boite de chocolats.
Lady Danbury : Je suppose que vous reviendrez pour la prochaine lecture des bans.
Violet : Certes, certes. Ils m’ont demandé de parler à Sa Majesté en leur nom.
Lady Danbury : C’est sans doute préférable. La Reine est friande de divertissement. Et avec ces deux-là … Sont-ils toujours coutumiers des silences prolongés ?
Violet : Ma foi, ils parlent plus à présent. J’ai évolué et j’accepte leur mariage, même si j’ai peur que la Reine me presse de questions.
Lady Danbury : Et comprenne assez vite que vous éprouvez vous-même des doutes.
Violet : Oh mes doutes ne comptent pas si Francesca est comblée.
Lady Danbury : Mais ceux de la Reine comptent plus que tout. Elle peut alors se sentir le droit de s’opposer à leur mariage.
Violet : Ah ! Pénélope, ma chère.
Colin : Lady Danbury.
Violet : Exquise. Vous êtes en beauté. C’était tellement exaltant.
Lady Danbury : Quelle merveille.
Lord Stirling : D’une certaine manière, le portique ferme la vue depuis le square, ce qui est plutôt astucieux.
Le soir, Pénélope range son écritoire avec tout ce qui concerne Whistledown dans sa cachette sous le plancher. Elle brûle toute les anciennes chroniques.
A son bureau, Colin a repris le récit de ses voyages.
Au domaine des Kent, les préparatifs du bal donné par les Mondrich vont bon train.
Alice : Le siège de la Reine devrait être placé plus haut, au milieu de la baie vitrée. Oh, veillez à ce que rien ne masque sa vue quand elle entrera.
Mondrich : Est-ce que tu t’amuses bien ?
Alice : Je me réjouis d’accueillir ici le plus beau bal jamais donné à Mayfair.
Maison des Featherington.
Portia : Des serviettes vert pomme sont d’un bel effet, mais la teinte reste assez discrète, alors j’avoue préférer les argentées. Elles ne peuvent que se marier avec nos serviettes en argent, ou croyez-vous que cela fasse trop ?
Pénélope : Jamais. Offrons le mariage le plus grandiose jamais donné à Mayfair.
Portia : Mmmm ! J’aime vous entendre parler ainsi. Ensuite, la pièce montée. Varley suggérait quatre étages, mais avec tous les invités, il faudra en prévoir cinq.
Chez la modiste, madame Delacroix.
Cliente ; Merci, madame Delacroix.
Mme Delacroix : C’est aimable à vous vu le délai.
Cliente ; Merci encore
Mme Delacroix : Je vous en prie.
Mme Delacroix : Oh ! miss Pénélope ! Cela faisait trop longtemps ! Il a fallu que j’attende que votre coursier dépose votre dernière édition pour apprendre que vous étiez fiancée !
Pénélope : Oui. Je nage dans le bonheur. Pardonnez-moi les dernières semaines sont passées si vite.
Mme Delacroix : Cela me réjouit pour vous. Et en écrivant en cachette la prochaine édition, j’imagine que vous révèlerez à monsieur Bridgerton …
Pénélope : C’est le motif de ma venue. Je laisse miss Cowper s’attribuer le crédit du Whistledown. La chronique annonçant mes fiançailles est ma dernière.
Mme Delacroix : Vous avez travaillé des années à cette gazette.
Pénélope : Je ne peux plus continuer. J’épouse l’homme que j’aime, Geneviève. Je ne laisserai pas passer cette chance. Ma mère m’envoie chercher des échantillons de tissu pour ma robe de mariée.
Mme Delacroix : Vous savez ce que j’aime par-dessus tout dans ce métier ? C’est cet éclat de gloire sur le visage des femmes le jour où elles essaient leur robe. Je ne m’imagine pas arrêter de leur donner ce sentiment. Voyons voir. Nous allons vous confectionner la plus belle des robes de mariée.
Maison des Cowper.
Lord Cowper : J’ai été littéralement jeté à la porte de mon club !
Lady Cowper : Pourquoi ?
Lord Cowper : Pour quelle raison d’après vous ? A cause de votre fille ! Je lui retire sa dot.
Lady Cowper : Monsieur, c’est la priver de toute espérance.
Lord Cowper : Cela m’est bien égal. Quel homme à Londres voudrait d’elle ? Aucun !
Cressida : Maman, que se passe-t-il ?
Lady Cowper : Que faites-vous ici ? Pourquoi n’êtes-vous pas dans votre chambre ?
Cressida : Il n’y a pas d’écritoire dans ma chambre. J’écris pour le Whistledown.
Lady Cowper : Bien. Votre père m’annonçait avoir été jeté hors de son club à cause de tout cela. Et il vous retire votre dot. Cinq mille livres ne constituent pas une somme confortable, mais pour une dot, cela peut suffire à attirer un mari en provenance d’Europe continentale ou de la campagne. Un mari. Nous devons récupérer cette récompense avant que la vraie Whistledown ne se remette à écrire. Veuillez me lire ce que vous avez écrit.
Cressida : « Cher lecteur, c’est moi, lady Whistledown. Aujourd’hui, je vous apporte de nombreux potins de pays du monde entier. Proches ou lointains, de partout. »
Lady Cowper : C’est tout ?
Cressida : Pour l’instant.
Lady Cowper : Oh, seigneur.
Cressida : Maman … cela me terrorise.
Maison des Bridgerton
Éloïse lit un passage de l’une des chroniques de Whistledown qui trainent sur le bureau : « De toutes les garces, mortes ou vivantes, il n’y a pas plus féroce qu’une chroniqueuse. Si c’était possible, cette auteure aimerait bien vous montrer ses dents.» Très malin
Chez lady Tilley Arnold
Paul : Alors, vous êtes le deuxième fils ?
Benedict : Et je fais de mon mieux pour tenir la réputation du mauvais garçon.
Paul : Consacrez-vous du temps à un domaine artistique ? Écrivez-vous ? Aimez-vous le dessin ? Ou la peinture ?
Benedict : Non. Rien de tout cela. Il m’arrive … de danser parfois au bal, oui.
Paul : Ah.
Lady Tilley : Paul est un grand protecteur des arts. Il passe tout son temps à soutenir le monde du théâtre.
Benedict : Je vois
Paul : Nous nous sommes rencontrés au théâtre. Vous savez qu’elle est dans sa loge toutes les semaines ?
Benedict : Non. Je l’ignorais.
Paul : Je n’oublierai jamais notre première rencontre. Après une représentation de «Beaucoup de bruit pour rien», je suis allé dans les coulisses, et là, je l’ai vue sermonner le metteur en scène qui avait, je cite, «éhontément édulcoré la pièce».
Lady Tilley : Devais-je supporter sans rien dire une version abâtardie, aseptisée, du chef-d’œuvre d’un génie ?
Benedict : Mais dites-moi, vous a-t-elle dit qu’il fallait avoir extrêmement peur d’elle ?
Paul : Oui, en ces termes !
Lady Tilley : Méfiez-vous, vous êtes tous les deux prévenus.
Paul : Monsieur Bridgerton a soif.
Benedict : Oh, Bénédict.
Paul : Bénédict. Alors, Bénédict, qui Tilley sermonnait quand vous l’avez rencontrée ?
Benedict : Si je me souviens bien, c’était un aéronaute. Ou plutôt la foule qui interpellait un aéronaute.
Au domaine des Kent.
Francesca : N’est-ce pas que la musique est plaisante, ce soir ?
Lord Stirling : Bonsoir.
Colin : Lord Kilmartin.
Lord Stirling : Eloïse.
Violet et Lord Anderson se cherchent du regard et se saluent.
Lady Danbury : Ah ! Marcus. Voici d’autres charmantes amies que je souhaiterais te présenter.
Lord Anderson : Bonsoir, mesdames. Enchanté.
Lady Danbury : Lady Keswick, lady Gloucester, lady Vikaspuri.
Portia : Je n’ai jamais aimé cette couleur, mais vous la portez avec talent.
Pénélope : Merci, maman.
Philippa : Pleures-tu Prudence ?
Dankworth : Oh, ma chère et tendre.
Prudence : Non. Je suis enceinte. Chacun sait qu’un bébé peut vous faire monter l’eau dans les yeux.
Portia : Où est votre fringant fiancé ?
Mondrich : Monsieur Bridgerton
Colin : Monsieur et Madame Mondrich. J’ai été réconforté d’apprendre que si vous n’aviez plus votre club, vous alliez sans doute accueillir les plus belles fêtes de la saison.
Majordome : Sa Majesté la Reine !
Alice : La voilà !
Charlotte : Aucune surprise. Au mieux, c’est un peu terne.
Alice fait un signe à un valet qui vient mettre en marche un mécanisme. Une colonne placée au centre le la pièce s’ouvre pour révéler une exposition florale. Les invités sont émerveillés.
Lady Danbury : Quelle splendeur !
Charlotte : Pas si mal. Je dirais même pas mal du tout.
Francesca : Maman ?
Violet : Mm ?
Francesca : N’est-ce pas la moment de parler à la Reine ?
Violet : Peut être faut-il lui laisser le temps de se poser.
Francesca : Peut-être faut-il l’aborder maintenant, au cas où elle déciderait soudain de partir.
Violet : Je suis … je suggère d’attendre Francesca.
Francesca : Attendre ! Mais elle n’assiste pas à tous les bals. Si nous ne lui parlons pas ce soir…
Violet : Je parlerai à lady Danbury afin d’obtenir une audience. La situation est suffisamment agitée pour le moment.
Francesca : La Reine n’a-t-elle pas le goût de l’effervescence ?
Violet : Certes, mais il est important qu’elle soit de bonne humeur.
Francesca : Maman, je ne souhaite pas attendre.
Violet : Je le sais, mais je ne veux pas vous causer du tort.
Francesca : En quoi nous causeriez-vous du tort ? Doutez-vous qu’elle approuve notre union ?
Lord Stirling : Je vais regarder de plus près les magnifiques lambris du salon.
Violet : Ce n’est pas cela, Francesca. C’est très intimidant, même pour moi.
Francesca : La Reine vous a reçue plusieurs fois. Vous avez peur de tout gâcher parce que vous ne croyez toujours pas en ce mariage.
Violet : J’ai toujours soutenu votre choix.
Francesca : D’une façon peu enthousiaste, maman.
Violet : Lord Kilmartin est adorable. Mais j’ai quelque …
Francesca : Vous avez quelque quoi, maman ? Tout lien affectif ne doit pas être vécu de façon dramatique ou conquis de haute lutte. Le lien qui nous unit John et moi est aisé. Je l’aime, maman. Même si ce n’est pas l’amour que vous voulez pour moi.
Violet sort de la salle de bal, lord Anderson la suit, mais lady Danbury l’arrête.
Lady Danbury : Laisse ! Je m’occupe d’elle.
Lord Anderson : Je ne tiens pas la conversation à d’autres veuves.
Lady Danbury : Tu es libre de parler à qui te chante. Mais ce n’est pas à toi de courir après mon amie.
Lord Anderson : Tu n’es pas la seule à avoir des sentiments pour lady Bridgerton.
Lady Danbury : Marcus, dois-tu me prendre tout ce qui m’appartient ?
Lord Anderson : Ma sœur, c’en est trop. Quoi que j’aie fait pour déchaîner cette colère, dis-le-moi, que l’on puisse avancer apaisés. Est-ce à cause de père ?
Lady Danbury : La cause est liée à beaucoup de choses.
Lord Anderson : Est-ce parce que père me traitait comme son préféré ? Si c’est pour cela, je n’y pouvais rien.
Lady Danbury : Je me moque éperdument de cela ! Ce qui compte pour moi, c’est que j’avais eu une chance de connaître le bonheur, et qu’à cause de toi, je l’ai perdue.
Lord Anderson : Mais en quoi ai-je contrarié ce bonheur ?
Lady Danbury : La nuit avant le jour de mon mariage, j’avais décidé de m’enfuir pour gagner ma liberté. Crois-tu que je ne sais pas que c’est toi qui m’as trahie en me dénonçant à notre père ? Je l’ai entendu te remercier.
Lord Anderson : Soma …
Lady Danbury : Soma ! … Tu crois que m’appeler par mon nom de jeune fille pour réparer ta faute ? Ton charme peut bien agir sur toutes les veuves de la société, mais sache qu’il me laisse de marbre. Maintenant, si tu veux bien m’excuser, je te prie, j’aimerais rejoindre mon amie.
Chez lady Tilley. Paul et Bénédict discutent sur un balcon.
Paul : Je fréquente peu la société. Tilley, en revanche, aime beaucoup sortir. Je trouve tout ce petit monde très prétentieux. Moralisateur, vraiment.
Benedict : Je n’imagine pas quiconque vous juger pour quoi que ce soit.
Paul : C’est que Tilley n’a pas dû s’étendre sur notre vie.
Benedict : Tenterais-je une question personnelle ?
Paul : Y en a-t-il d’autres dignes d’intérêt ?
Benedict : Eh bien … vous semblez tous deux être assez proches. Je suis surpris que vous n’ayez jamais … Je vous dispense d’y répondre. Visiblement, le vin me rend très grossier.
Paul : Eh bien, le vin vous rend également très charmant. Je devrais aller m’assurer que Tilley n’est pas en train de dévorer tout le dessert.
Benedict : Naturellement.
Bénédict rentre à son tour dans la maison. Il voit Paul et lady Tilley s’embrasser.
Lady Tilley : Le dessert est prêt.
Benedict : Mmm
Lady Tilley : Pardonnez-nous. Nous étions juste …
Paul : Nous parlions de vous, le fait est. Seriez-vous enclin à vous joindre à nous ? A l’étage.
Benedict : Euh … J’oubliais que l’on m’attend quelque part. Veuillez m’excuser.
Bénédict se retire précipitamment.
Le domaine des Kent.
Pénélope : Ce pas de danse est d’une grande platitude comparé à notre valse dans l’église de notre mariage.
Colin : Eh bien, peut être pouvons-nous lui apporter un peu de fantaisie ?
Lady Cowper et Cressida entrent dans la salle de bal, fièrement.
Lady Barragan : Voici lady Whistledown.
Lady Stowell : C’est le diable. Interdiction de lui parler.
Portia : Avoir une fille écrivain à scandales. Vous vous rendez compte ?
Charlotte : C’est l’une des fêtes les plus amusantes à laquelle j’ai assisté.
Brimsley : Dois-je l’amener à Sa Majesté ?
Charlotte : Non. Laissons-la un instant parader.
Colin : Hors de question qu’elle nous gâche la soirée.
Pénélope : Vous avez raison.
Cressida : Que faisons-nous ?
Lady Cowper : Nous attendons. Nous attendons que la Reine nous convoque et gardons un port altier.
Lady Barragan : Devons-nous rentrer et amener nos filles ?
Lady Malhorta : Ma foi, je suis curieuse de voir ce qui va se passer.
Miss Kenworthy : Comprenez-vous maintenant pourquoi je l’aime tant ?
Lord Cho : Je déteste Cressida Cowper, même si en tant que lady Whistledown, c’est un écrivain talentueux.
Colin : Aie
Pénélope : Toutes mes excuses. Je n’ai pas l’habitude de danser autant.
Colin : Ce n’est rien. Je tenais à vous dire que j’ai l’intention de publier mes carnets de voyages. Si vous m’y encouragez.
Pénélope : Quand donc ?
Colin : Très bientôt. Je dois encore retirer certains passages plus personnels.
Pénélope : Pourquoi ? De ce que j’ai lu, ce sont mes passages préférés.
Colin : Eh bien, ces passages seront pour vous.
Pénélope : Peut-être puis-je corriger votre manuscrit ? Si vous le souhaitez. Avant de l’envoyer à un éditeur. J’ai grand bonheur à écrire. Des lettres. D’ailleurs, vous en avez lu.
Colin : Oui, vous écrivez de belles lettres. Mais j’aimerais me prouver que je suis capable d’y arriver seul. Ainsi qu’à vous. J’espère être digne de vous Pen.
Pénélope : Bien sûr que vous l’êtes. Oh !
Colin : Pardonnez-moi. Je m’aperçois que la Reine a convoqué miss Cowper. Le moment semble venu pour lady Whistledown d’assumer ses actes.
Charlotte : Miss Cowper, peut-être n’ai-je pas été assez claire dans mon refus de vous voir à ma cour ou même ailleurs.
Cressida : Votre Majesté …
Charlotte : Étiez-vous invitée ce soir ?
Cressida : Non, Votre Majesté. Je suis venue vous offrir un cadeau.
Charlotte : Mmmm
Des valets entrent et distribuent un exemplaire de la chronique.
Miss Stowell : Elle est de retour !
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Lady Whistledown : Très cher ami lecteur. On dit qu’il n’y a pas de repos pour les méchants. Si cela est vrai, cette chroniqueuse doit être très vertueuse, car en cessant quelques temps de vous observer, j’ai joui pleinement d’un repos bien mérité. Mais soyez sans inquiétude, me revoici, et je reviendrai assez vite avec une chronique complète. Vous connaissez maintenant mon identité, mais soyez en sûrs, je vous connais bien davantage. Cordialement, votre lady Whistledown. Ou devrais-je dire : à vous pour la vie, Cressida Cowper.
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Charlotte : Eh bien, miss Cowper, je suis intriguée. Surprise, mais toujours intriguée.
Cressida : Pouvons-nous parler de …
Charlotte : J’attends avec impatience la chronique de demain. Je compte bien y lire quelques ragots. Nous reparlerons alors de votre récompense.
Pénélope : Elle est …
Éloïse : Nous devons …
Pénélope : Venez avec moi.
Éloïse : Tout est ma faute. Je vous ai convaincue de la laisser s’octroyer le nom de Whistledown, et voilà qu’elle écrit quelque chose de lisible, de cohérent. Et qu’elle l’a même publié.
Pénélope : Calmez-vous.
Éloïse : Nous avons créé un monstre Pénélope. Un monstre qui semble être en guerre avec moi et par extension, avec ma famille. Je les ai mis à nouveau en danger comme l’an dernier.
Pénélope : C’était ma faute.
Éloïse : C’est moi qui ai été imprudente. Comme je l’ai été en invitant cette vipère dans ma demeure familiale. Une vipère qui a presque autant de pouvoir que la Reine. Je n’aurais pas dû me lier d’amitié avec elle.
Pénélope : Eloïse … tout va s’arranger.
Éloïse : Comment ?
Pénélope : Il suffit que je reprenne ma plume. Avec une seule chronique, je peux discréditer Cressida. Ce n’est pas qu’une liste de potins. Whistledown est puissante. Vous rappelez-vous le premier texte que j’ai écrit ?
Éloïse : Vous aviez cité Byron.
Pénélope : Pas celui-là. Celui sur mes sœurs et moi. « Trois demoiselles mises sur le marché du mariage comme de tristes truies par leur mère dépourvue de goût. ». L’allitération était un peu excessive, je l’admets, mais … tout a commencé, parce que je me sentais paralysée, impuissante dans ma maison. On m’a forcée à devancer la saison d’un an et je n’avais qu’à me taire et serrer les dents. L’écriture était le seul moyen de faire entendre ma voix. J’aurais dû utiliser le Whistledown pour donner une voix à toutes celles réduites au silence. J’ai occasionné des dégâts effroyables avec ma plume. S’il vous plait. Laissez-moi la reprendre pour faire le bien.
Éloïse : Vous devez sans attendre sortir une chronique complète. Avant que Cressida ne le fasse.
Pénélope a repris la plume de Whistledown et écrit sa chronique dans une calèche qui la conduit chez l’imprimeur.
Valet de pied : Plus vite.
Cocher : Oh !
Pénélope réveille l’imprimeur.
Pénélope : Mes excuses pour la commande de dernière minute. Il y a eu erreur avec la livraison de soie. Vous aurez une belle somme pour l’urgence.
Imprimeur : On ne refuse rien à lady Whistledown.
Colin a vu Eloïse et Pénélope partir du bal, il les a suivies. Il est devant Pénélope lorsqu’elle sort de l’imprimerie.
Pénélope : Colin.
Colin : Vous êtes … lady Whistledown ?
Rédigé par Mamynicky