3.07 – Main dans la main
Devant l’échoppe de l’imprimeur.
Colin : Vous êtes … lady Whistledown.
Pénélope : Colin.
Colin : N’essayez pas de le nier. Je vous ai entendue avec l’imprimeur. Dire que j’ai couru derrière vous parce que j’étais mort d’inquiétude à l’idée que votre cocher vous ait enlevée pour vous conduire dans cette partie de la ville. Alors qu’en réalité, vous saviez exactement ce que vous faisiez puisque c’est vous, qui avez fait imprimer ce soir.
Pénélope : Je ne suis pour rien dans l’édition de ce soir.
Colin : Et toutes les autres ? N’est-ce pas vous qui êtes lady Whistledown depuis le début ? Tous les mensonges que vous m’avez dits. Toutes les choses que vous avez écrites sur moi et sur ma famille.
Pénélope : Je vous en prie Colin.
Colin : Quelque chose n’allait pas je le savais. Bêtement je me suis cru responsable, comme si j’étais totalement indigne de votre amour. Mais c’était vous, la fautive. Je ne vous le pardonnerai jamais.
Le lendemain.
Vendeurs de journaux : Le dernier Whistledown est sorti ! Le Whistledown !bWhistledown !
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Lady Whistledown : Très cher ami lecteur. Si vous pensiez que la révélation de ma véritable identité réussirait à me ferait taire, détrompez-vous. Je ne crains point l’opprobe, puisque comme vous le savez dorénavant, je vous écris de l’une des maisons les plus honorables de Mayfair. Certes, aucune maison n’est parfaite. Même si certaines aiment le prétendre. Prenez par exemple la demeure des Bridgerton et sa brillante réputation. Votre chroniqueuse se doit de se demander ce qui se passe vraiment derrière ses portes closes.
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Maison des Bridgerton.
Hyacinthe : On peut le lire ?
Violet : Non :
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Lady Whistledown : Il est de notoriété publique que lady Violet Bridgerton ne jure que par les mariages d’amour. Mais l’amour excuse-t-il que plusieurs de ses enfants se soient fiancés de façon quelque peu précipitée ? Peut-être la famille confond-elle l’amour et la luxure ? Et puis il y a le fait que les enfants Bridgerton soient si nombreux. S’est-on jamais demandé pourquoi ? Votre chroniqueuse s’est assurément posé la question. Peut-être est-ce parce que quelques-uns parmi eux sont d’une filiation douteuse ?
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Violet : Ce sont de grossiers mensonges !
Mme Wilson : Le Whistledown est là.
Violet : Nous l’avons déjà, madame Wilson.
Mme Wilson : Un autre Whistledown.
Violet : Gregory donnez-moi ça.
Gregory : Très bien.
Violet : Grâce au ciel !
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Lady Whistledown : Très cher ami lecteur.
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Palais de Buckingham et maison Danbury.
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Lady Whistledown : … Il semble que quelqu’un se fasse passer pour moi. Et je ne puis donc rester plus longtemps sans réagir. Votre chroniqueuse ne tient pas à juger d’actes dictés par le désespoir. Mais aussi commère que je sois, je dis toujours la vérité, et je ne supporte pas le mensonge. Cressida Cowper n’est pas votre chroniqueuse. Si tel était le cas, elle n’aurait pas manqué d’évoquer la lourde dette que lord Blackburn a refusé de rembourser à lord Samson cette semaine. Ni le fait qu’hier, madame Newman a congédié sans ménagement sa bonne parce qu’elle avait eu le front de lui demander un jour de congé. Et je ne mentionnerai même pas les petites marques de cruauté que la femme de monsieur Davidson endure quotidiennement. Si ce n’est que je viens de le faire. Si je vous dis tout ça, c’est pour vous rappeler que votre chroniqueuse, la véritable lady Whistledown, prête toujours attention à ce qui l’entoure. Chose qu’à mon avis, miss Cowper devrait essayer de faire un petit peu plus. …
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Maison Cowper.
Lord Cowper : Vous resterez ici jusqu’à ce que votre tante Joanna vienne vous chercher. En attendant, je vous interdis de sortir de cette pièce.
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Lady Whistledown : … Votre dévouée, lady Whistledown.
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Pénélope range à nouveau son écritoire dans sa cachette sous le plancher.
En promenade.
Portia : C’est une bonne chose que miss Cowper ait mis fin au mystère Whistledown. Comme ça, tout le monde peut se concentrer sur votre futur mariage maintenant. Je veux tous les yeux de la haute société braqués sur vous.
Philippa : Combien d’yeux dirais-tu qu’il y a dans toute la haute société ?
Prudence : Deux fois plus que de gens j’imagine.
Philippa : Vous savez, depuis que Pénélope s’est fiancée, Prudence ne m’a pas traitée une fois de gourde, de bécasse ni de simple d’esprit. Je vais finir par croire que je suis une lumière.
Finch : Vous en êtes une, mon amour.
Philippa : Je veux dire que ça ne tourne pas rond chez elle.
Dankworth : Je suis d’accord. Chaque fois que j’essaie de lui prendre la main, ces temps-ci, elle ne la repousse pas du tout avec la même fougue.
Portia : Le petit déjeuner de mariage le plus sophistiqué que Mayfair ait eu l’occasion de voir. Ce sera notre triomphe, Pénélope. N’avez-vous pas hâte ?
Pénélope : Excusez-moi, maman.
Benedict : Es-tu à nouveau une adepte du Whistledown ?
Éloïse : Ce numéro est très intéressant.
Benedict : Peut-être devrais-je le lire. J’ai besoin de distraction.
Pénélope : Bonjour.
Benedict : Bonjour, Pénélope. Je vais aller m’asseoir pour lire ça. Là-bas. là-bas.
Éloïse : Vous avez réussi. Cressida est totalement discréditée. Je n’aurais jamais cru vous dire ça, mais je me réjouis que vous publiiez à nouveau.
Pénélope : Il est au courant. Colin m’a suivie hier soir.
Éloïse : Dans quel état est-il ?
Pénélope : Il est furieux. Nous sommes censés nous marier cette semaine, mais je doute qu’il m’adresse encore la parole. Eloïse, je suis désemparée.
Éloïse : Je regrette, je ne peux pas vous aider. Je vous remercie pour tout ce que vous avez fait pour moi, mais je me sens déjà de trop entre Colin et vous. Peut être le suis-je depuis le début.
Pénélope : C’est faux.
Éloïse : Vous l’avez d’abord rencontré.
Pénélope : Une toquade idiote qui, avec le temps, s’est changée en amitié véritable, mais … vous êtes la meilleure amie que j’aie jamais eue. Ca a été horrible de ne pas être à vos côtés cette saison. Je ne supportais pas l’idée de vous perdre. Ni l’un ni l’autre. Vous avez raison. C’est à moi seule d’arranger les choses. Pardon.
Éloïse : Alors, bonne chance.
Maison Bridgerton.
Lady Danbury : Quelle chance que la vraie Whistledown se soit manifestée aussi vite. Merci. Le culot de cette demoiselle Cowper.
Violet : Certes, la crise a été évitée. Néanmoins, je dois tout faire pour éviter la prochaine. Puis-je obtenir une audience avec la Reine cette semaine ?
Lady Danbury : Mm. Je crains que son humeur soit assez sombre. Je ne peux que vous déconseiller de parler maintenant à Sa Majesté de Francesca et lord Kilmartin. Ce n’est guère le moment. Elle est un peu irritée que Whistledown se soit encore jouée d’elle.
Violet : Francesca avait raison. J’aurais dû l’approcher au bal quand j’en avais l’occasion.
Lady Danbury : Vous n’avez strictement rien à vous reprocher. Nous luttons sans cesse sans ménager nos efforts, mais le poids du monde ne peut pas toujours reposer sur nos épaules.
Violet : Je ne vous ai encore jamais vue dans un tel état.
Lady Danbury : Pardonnez-moi. Je pourrais peut être essayer de convaincre Sa Majesté de vous recevoir …
Violet : Non, non, c’est inutile. Vous savez, s’il y a une chose que votre frère et vous avez en commun, c’est cette volonté si pleine de délicatesse de toujours aider les autres. Mais vous savez, j’espère, que mon affection pour vous ne dépend pas de votre aide ? Je suis là pour vous, Agatha. Je le serai toujours. Même quand il ne me restera plus d’enfant à marier.
Lady Danbury : Merci, Violet. Ca me touche infiniment.
Colin : Tu le sais depuis longtemps ? Je t’ai vue sortir du petit salon avec Pénélope hier soir, juste avant que je la retrouve.
Éloïse : J’ai essayé de l’obliger à te le dire.
Colin : Tu aurais dû me le dire toi-même.
Éloïse : Et toi, tu aurais dû me dire que tu étais amoureux de ma meilleure amie avant de débouler dans notre maison déjà fiancé ! Je ne l’ai su que l’année dernière. Et j’étais trop meurtrie pour en parler. J’ai essayé de la pousser à te l’avouer. Jusqu’à ce que je me demande … pourquoi te faire aussi de la peine ? Ses chroniques ont été honnêtes cette année. Caustiques, certainement, et mordantes, mais elle n’a rien écrit de méchant sur qui que ce soit. Ou si elle l’a fait, c’était mérité.
Colin : Tu oublies ce qu’elle a écrit sur moi en début de saison ?
Éloïse : Je reconnais que c’était assez dur.
Colin : Tu lui as déjà pardonné ?
Éloïse : Je veux lui pardonner. Tu crois que tu pourras ?
Colin : Je crois que tu devrais t’estimer extraordinairement chanceuse de n’avoir jamais aimé.
Maison Featherington.
Portia : Nous y sommes.
Violet : Oh, cette salle pour le petit déjeuner de mariage ?
Portia : Ça vous parait trop petit ?
Violet : Combien de personnes invitons-nous ?
Portia : Écoutez, laissez-moi vous expliquer comment j’imagine les choses. Je me disais qu’on pourrait envisager un très, très grand buffet …
Pénélope : Colin … Regardez-moi au moins !
Colin : Ma mère s’est étonnée que nous ne nous soyons pas vus ces derniers temps. Et je ne voulais pas éveiller ses soupçons.
Pénélope : Allez-vous annuler le mariage ?
Colin : Je suis un homme d’honneur. Et nous avons été … intimes. Peut-être cela faisait-il partie de votre piège.
Pénélope : Je n’ai pas cherché à vous piéger, Colin. Je vous aime. A quoi ressemblera ce mariage ?
Colin : Cela dépend. J’ai remarqué qu’il n’y avait pas eu de Whistledown ce matin. Allez-vous cesser de publier ?
Pénélope : Hé bien … je n’en sais rien.
Colin : Nous allons célébrer ce mariage et nous verrons ensuite à quoi il ressemblera.
Portia : Et nous aurons un quartet juste là. Ou peut-être même un quintet.
Mme Varley : Je vais voir si le jeune couple a besoin de rafraîchissements pour cette visite relativement longue.
Portia : C’est bien de voir monsieur Bridgerton ici aujourd’hui.
Violet : Oui. Des fiancés devraient avoir envie de passer du temps ensemble avant leur mariage n’est-ce pas ?
Portia : Je vous assure, lady Bridgerton, que j’ignore ce qui se passe.
Violet : Je l’ignore aussi.
Maison Bridgerton.
Servante : Monsieur. Une dame est venue en votre absence. Elle vous a laissé un mot.
Benedict : Merci. « Je vous en prie, laissez-moi vous expliquer. Tilley. »
Maison de lady Tilley.
Lady Tilley : J’avais prévu de … vous parler d’abord en tête-à-tête de ma situation avec Paul. Mais les choses se sont passées autrement.
Benedict : Et quelle est la situation au juste ?
Lady Tilley : Monsieur Suarez et moi avons une relation assez proche de celle que j’ai avec vous. Amicale, informelle, à l’occasion, intime. Et monsieur Suarez a aussi une attirance pour les messieurs. Il s’est dit qu’éventuellement, vous pourriez tous les deux … vous rapprocher.
Benedict : J’ai connu des hommes comme monsieur Suarez, mais personnellement, je n’ai encore jamais été tenté … jusqu’ici.
Lady Tilley : Etes vous tenté par toutes les femmes qu’on vous présente ?
Benedict : Certes non.
Lady Tilley : Notre monde s’étend, autant que nous le sachions, sur des milliers de kilomètres, regroupe je ne sais combien de millions d’habitants, et on veut nous faire croire malgré tout que les seules personnes dignes d’être fréquentées sont les quelques centaines qui habitent dans le périmètre de Grosvenor Square. Nous nous pomponnons et nous nous promenons, nous laissons nos cartes de visite et nous nous marions. Nous respectons les règles et il est rare qu’on s’interroge sur le sens d’un tel conformisme. Tant d’éléments dans la société sont contre-nature. Mais les sentiments entre deux personnes, quel que soit leur sexe, il n’y a rien de plus naturel au monde. Si vous n’avez rien ressenti pour monsieur Suarez, laissez-nous, vous et moi, continuer sans lui. Mais dites-vous bien que mes domestiques sont extrêmement discrets.
Maison Bridgerton.
Mme Wilson : Madame ?
Violet : Mm ?
Mme Wilson : Lord Anderson vous rend visite.
Violet : Oh. Euh … Fort bien.
Lord Anderson : Lady Bridgerton, quel plaisir de vous revoir.
Violet : Plaisir partagé, lord Anderson. Cela fait bien longtemps.
Lord Anderson : Trop longtemps. En effet.
Violet : Voulez-vous une part de gâteau ? Ou du thé ?
Lord Anderson : Oui, avec grand plaisir. Comment allez-vous ?
Violet : Je vais bien. Enfin, Francesca est un peu distante avec moi en ce moment. Vous ai-je dit qu’elle et lord Kilmartin s’étaient fiancés en secret ?
Lord Anderson : Je n’en savais rien. Félicitations.
Violet : Merci. Cela dit, nous attendons la bénédiction de la Reine avant de l’annoncer. C’est malheureusement une attente qui risque d’être longue.
Lord Anderson : Comme l’a dit Aristote : « La patience est amère, mais son fruit est sucré. ». Lady Bridgerton, une fois les affaires de lord Kilmartin et Francesca en ordre, croyez-vous possible que tous les deux, nous puissions envisager d’explorer quelque chose ?
Violet : Je ne suis pas indifférente à l’idée d’une exploration. Mais je ne saurai si je suis prête à la tenter qu’une fois que nos affaires seront en ordre. D’autant plus que je ne suis pas la seule dont les affaires doivent être mises en ordre.
Maison Cowper.
Lady Cowper : Nous avons reçu une réponse de votre tante Joanna. Elle devait partir aujourd’hui pour venir vous chercher. J’imagine qu’elle sera là d’ici une semaine ou deux.
Cressida : Maman, je vous en prie. Vous devez empêcher ça.
Lady Cowper : Il n’y a rien que je puisse faire. Votre père a menacé de m’envoyer aussi à la campagne si j’interviens. Si moi aussi je suis bannie, il n’y aura alors plus aucun espoir de vous ramener dans la haute société.
Cressida : Mais nous avons fait ça toutes les deux.
Lady Cowper : Je vous avais bien dit d’éviter cette demoiselle Bridgerton. Si vous m’aviez écoutée, rien de tout cela ne serait arrivé.
Cressida : Pourquoi fallait-il écrire de telles horreurs sur les Bridgerton, maman ? N’y avait-il pas une autre famille ?
Lady Cowper : Les Bridgerton sont si souvent mentionnés dans le Whistledown qu’il aurait paru étrange de ne pas les citer. Et dans tous les cas, ça ne coute rien de les faire descendre de leur piédestal. Pourquoi cela vous gêne-t-il tout à coup ?
Cressida : J’ai peut-être eu tort de trahir Eloïse. C’est la seule personne qui m’ait jamais considérée comme une amie.
Lady Cowper : Et où est-elle quand il faudrait vous consoler ? Ne vous ai-je pas élevée dans la conviction que dans ce monde, c’est toujours chacun pour soi, quoi qu’il arrive ? En particulier pour nous, les femmes.
Cressida : Si, vous l’avez fait.
Lady Cowper : Vous seriez bien avisée de vous en souvenir.
Club « Le White »
Mondrich : Eh bien ! Vous paraissez assoiffé !
Benedict : Je me rends bien compte que c’est la tradition de boire mais à mon avis si le jeune chevreuil s’enivre trop la veille de son mariage, il court le risque d’être abattu.
Colin : Alors, buvez autant que moi, qu’il y ait d’autres cibles faciles à abattre.
Mondrich : Je crains fort qu’aucun d’entre nous ne puisse vous suivre ce soir.
Benedict : Je croyais que vous n’étiez pas un grand buveur.
Lord Stirling : Habituellement, non. Mais pour ma défense, votre mère ne m’aime pas.
Colin : Non ! notre mère est loin de ne pas vous aimer
Benedict : Je prends le relais. Lord Kilmartin, mère vous adore, littéralement. Mais notre mère est aussi obsédée par les grandes histoires d’amour.
Colin : Oui, c’est vrai.
Mondrich : Que doit-il faire ? Des conseils pratiques pourraient lui être utiles.
Benedict : Franchement, vous devriez être plus audacieux. Faire quelque chose de fou ! Une grande déclaration. Lancer des cailloux contre la fenêtre de Francesca.
Colin : Non !
Benedict : Votre problème c’est que vous essayez trop d’être respectueux.
Lord Stirling : Audacieux ?
Benedict : De l’audace.
Lord Stirling : Si je dois faire preuve d’audace, je vais devoir y réfléchir.
Mondrich : Je devrais peut être songer moi aussi à rentrer. C’est étrange de boire dans le club d’un autre.
Benedict et Colin : Non !
Mondrich : Madame Mondrich et moi avons eu un agenda social chargé cette semaine. Je suis épuisé. Je vous dis à demain, à la première heure. Venez.
Benedict : Pour nous aussi, c’est peut être le signal du départ.
Colin : Vas-y, toi, je vais rester encore un peu.
Benedict : Est-ce que tout va bien ?
Colin : Et toi ? tout va bien ?
Boutique de madame Delacroix.
Mme Delacroix : J’espérais bien que vous passeriez me voir la veille de votre mariage.
Pénélope : Geneviève, Colin sait tout.
Mme Delacroix : Mon Dieu.
Pénélope : Il ignore votre implication.
Mme Delacroix : C’est une bonne chose. Mais comment allez-vous ?
Pénélope : Je suis soulagée, dans un sens. C’était difficile de porter ce secret. Mais maintenant, il me déteste. Et qui pourrait lui en vouloir ? Je m’apprête à épouser l’homme que j’aime et … je ne suis pas sûre d’être digne de lui.
Mme Delacroix : Il vous est arrivé de prendre des décisions inconsidérées par le passé. Vous étiez une jeune fille, inconsciente de son propre pouvoir.
Pénélope : Mais est-ce que ça excuse tout ?
Mme Delacroix : Non. On ne retourne pas en arrière. La seule chose à faire, c’est de rester fidèle à ses choix et d’aller de l’avant. Poursuivrez-vous vos chroniques ?
Pénélope : Cette semaine, je me suis retenue, par égard pour Colin. Mais j’avais essayé d’arrêter avant qu’il ne l’apprenne et … c’était comme renoncer à une partie de moi-même.
Mme Delacroix : Il ne peut y avoir d’amour véritable si on n’accepte pas la personne qu’on est véritablement. A votre mariage, très chère.
Pénélope : Mm.
En sortant de la boutique de madame Delacroix, Pénélope croise Colin.
Colin : Que faites-vous ici ?
Pénélope : J’avais …
Colin : Non. En fait, ne dites rien. Il est clair que je vous ai trouvée en plein milieu de quelque affaire secrète. Je préfère ne pas savoir.
Pénélope : Et au milieu de quelle affaire secrète je vous trouve, seul, la nuit précédant notre mariage ?
Colin : Quel droit avez-vous de me demander ça ? Après tous les secrets que vous avez dissimulés, toutes les choses que vous avez écrites au fil des années, tout le mal que vous avez fait ?
Pénélope : Vous avez raison. Je me rends compte de tout le mal que j’ai fait et je m’en veux énormément si vous saviez.
Colin : Où aviez-vous la tête en écrivant sur Eloïse ?
Pénélope : J’essayais de la protéger. Et maintenant, je sais combien je me suis fourvoyée.
Colin : Et en écrivant sur miss Thompson ? En révélant son secret au grand jour, la détruisant.
Pénélope : Je croyais vous protéger vous.
Colin : Vous auriez dû venir me le dire en face.
Pénélope : Je sais.
Colin : A moins que vous ne me respectiez-vous pas assez ? C’est sûrement le cas vu ce que vous avez écrit sur moi cette année, que je ne savais pas très bien qui j’étais. Qu’aviez-vous donc en tête ?
Pénélope : Je me disais simplement que je ne vous reconnaissais pas. Je ne vous reconnaissais pas dans cet homme stoïque qui n’avait plus besoin de rien ni de personne. C’est le vrai Colin, gentil, affectueux, occasionnellement irritable, c’est lui, l’homme que j’aime. J’aurais dû vous le dire en personne. Il y a tant de choses que j’aurais dû dire en personne. Aujourd’hui, grâce à la confiance que vous m’avez insufflée, je peux enfin y parvenir.
Colin : Alors laissez Whistledown, vous n’en avez plus besoin.
Pénélope : Je n’ai plus la nécessité de me cacher derrière elle, mais je ne peux pas non plus la renier.
Colin : Vous savez le plus humiliant dans tout ça ? Je vous ai laissée commenter abondamment mon journal, dire que j’étais peut-être un grand écrivain. Alors que pendant tout ce temps, vous étiez un auteur publié et connu et apprécié de tout Mayfair.
Pénélope : Colin, je pensais chaque mot que j’ai dit sur votre journal.
Colin : Vous vous mettez en danger en étant ici ce soir, et vous vous mettez en danger en vivant cette double vie.
Pénélope : Je suis prudente, rassurez-vous.
Colin : Vous prenez tous les risques.
Pénélope : Il est inutile de veiller sur moi.
Colin : Alors à quoi diable je vous sers ?
Pénélope : Colin, je vous aime ! Je vous aime.
Ils s’embrassent. Puis Colin raccompagne Pénélope à sa voiture.
Colin : Je vous verrai demain. Allez !
Maison des Bridgerton.
Anthony : Te voilà. Nous hésitions à aller nous coucher.
Kate : Il est très tard, Colin.
Colin : Kate !
Kate : D’où revenez-vous ?
Anthony : Et moi ? je compte pour du beurre ?
Colin : Que faites-vous là tous les deux ? Je croyais que vous n’arriviez que demain.
Kate : Votre mère nous a demandé de venir plus tôt. Pour vous prodiguer quelques conseils conjugaux.
Colin : On ne peut vraiment rien lui cacher.
Anthony : Que se passe-t-il avec Pénélope ?
Colin : Tout va bien entre nous.
Kate : L’odeur de fruit fermenté qui émane de votre personne semble indiquer autre chose.
Colin : C’était simplement festif.
Kate : Une bouteille, c’est un appel à l’aide.
Colin : Je ne souhaite pas m’épancher auprès de vous avec votre mariage parfait.
Kate : Vous croyez que notre mariage est parfait ?
Anthony : Il l’est, non ?
Kate : Nous sommes merveilleusement heureux, mais il nous a fallu du temps pour y arriver. Pour savoir qu’on était destinés l’un à l’autre.
Anthony : Pénélope et vous êtes proches depuis des années.
Colin : C’est vrai, mais je ne suis plus sûr de vraiment la connaître.
Anthony : Que s’est-il passé ?
Kate : Cela ne nous regarde pas. Chacun d’entre nous a ses secrets ou a commis des erreurs une ou deux fois dans sa vie. Forcément, il y a de bonnes raisons à ce que Pénélope vous soit si chère depuis si longtemps. Ce que vous avez appris sur elle réduit-il vraiment tout cela à néant ? Alors vous ne pouvez pas laisser une petite erreur définir toute votre relation de couple. Le mariage, c’est beaucoup de travail. Mais du travail qui en vaut la peine.
Anthony : Notre mariage ne demande aucun travail.
Kate : Vous êtes assommant ce soir. C’est peut être parce qu’il est tard. Je vous verrai à l’église demain. Bonne nuit.
Anthony : J’ai bu une bouteille entière avant mon mariage, le deuxième mariage. C’était extrêmement festif. Trois œufs crus demain au réveil.
Maison Danbury
Lord Anderson : Ce n’est pas la faute de ton valet. Je suis entré en douce. Le soir où tu t’es enfuie, où tu as failli t’enfuir, je n’avais aucune idée de ce à quoi tu essayais d’échapper. J’avais dix ans. Tout ce que je savais du monde extérieur à notre maison, c’est que c’était dangereux pour une jeune fille. Et j’ai pensé que si je pouvais t’inciter à rester encore un peu, cela me laisserait peut être le temps de me racheter auprès de toi.
Lady Danbury : De notre père, tu veux dire.
Lord Anderson : Auprès de toi. Je t’ai entendu tenir des propos désobligeants sur la jeune fille que tu étais. Mais tu étais résolue, déjà à l’époque. Le simple fait d’envisager de t’enfuir ? Tu avais beaucoup de force en toi, un courage que de ma vie, je n’ai jamais espéré avoir. J’ai rêvé si souvent, tu n’imagines pas, de tenir tête à notre père. Pour toi. Pour moi-même. Tu n’es pas la seule à qui on ait fait sentir qu’il n’était pas vraiment à la hauteur.
Lady Danbury : Pourquoi ne m’as-tu rien dit de tout ça plus tôt ?
Lord Anderson : Parce que je n’étais pas seulement en admiration devant toi. J’avais peur de toi.
Lady Danbury : De la redoutable créature que j’ai créée. Je me suis peut-être sans le vouloir, inspirée de notre père.
Lord Anderson : Toi et lui n’avez rien en commun. A part la canne. Mais la tienne est nettement plus raffinée.
Lady Danbury : Ne dis pas de mal de ma canne. C’est toi qui as hérité des bonnes articulations dans la famille. J’ai été affreusement dure vis-à vis de toi. Ma vie est enfin remplie de joie. Et j’ai eu peur qu’en revenant dans ma vie, tu me la prennes.
Lord Anderson : Les joies auxquelles j’aspire, je compte bien que tu en fasses largement partie.
Lady Danbury : Il faut que je parle au valet. Il doit faire barrage aux visiteurs. Viens, nous avons un mariage qui nous attend.
Maison Featherington.
C’est le jour du mariage. Tout le monde s’affaire autour de Pénélope pour la préparer.
Mme Varley : Etes-vous prête pour votre robe ?
Pénélope : Oui, Varley.
Portia : Vous allez être la plus ravissante des mariées.
La récompense promise par la Reine a attiré une file de personnes.
Charlotte : Que vous-est-il arrivé ?
Miss Hartigan : Votre Majesté, je me suis foulé la cheville en pourchassant un livreur.
Charlotte : Je vois. Et qu’avez-vous découvert ?
Miss Hartigan : Il m’a dit que … en fait, il ignore qui est Whistledown, mais la plupart de ses acheteurs habitent Mayfair. Donc à son avis, il y a des chances que lady Whistledown y vive aussi.
Brimsley : Merci. Nous étudierons la question.
Lord Holley : Votre Majesté. J’ai réfléchi des heures et des heures à l’énigme de votre mystérieux auteur, et j’en suis arrivé à la conclusion qu’i est possible que lady Whistledown ne soit en fait pas du tout une dame. Voyez-vous, Votre Majesté, lady Whistledown est un nom de plume, ce qui me porte à croire que c’est peut-être un homme.
Les invités se pressent dans l’église où aura lieu le mariage.
Alice : C’est lady Barragan, dont nous avons décliné l’invitation à déjeuner.
Mondrich : Et à présent, elle va vouloir nous réinviter encore plus.
Anthony : J’adore les mariages.
Kate : Le nôtre était parfait.
Violet : Nous y voilà.
Portia : Etes-vous prête ?
Pénélope : Oui.
Accompagnée de Portia, Pénélope entre dans l’église.
Prêtre : Mes bien chers frères, nous sommes réunis ici sous le regard de Dieu et de cette congrégation pour unir cet homme et cette femme par les liens sacrés du mariage. Voulez-vous prendre cette femme pour légitime épouse pour vivre ensemble dans le sacrement du mariage ?
Renoncerez-vous à toutes les autres, pour ne vous consacrer qu’à elle, jusqu’à ce que la mort vous sépare ?
Colin : Moi, Colin Bridgerton, je te prends, Pénélope Featherington, pour épouse légitime, pour le meilleur et pour le pire.
Pénélope : Moi, Pénélope Featherington, je te prends, Colin Bridgerton, pour époux légitime, pour le meilleur et pour le pire.
Colin : Avec cet anneau, je t’épouse.
Pénélope : Avec mon corps, je te vénère et je t’épouse.
Prêtre : Et en joignant les mains, je vous déclare maintenant mari et femme, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.
Réception chez les Featherington.
Pénélope : Maman, vous vous êtes surpassée !
Portia : C’est à votre goût ?
Pénélope : C’est vraiment magnifique.
Prudence : Toutes mes félicitations, Pénélope. Tu fais sans aucun doute une éblouissante mariée.
Portia : Oh ! ..
Pénélope : Tu veux me dire ce que tu penses vraiment, maintenant ?
Prudence : C’est ce que je pense vraiment.
Pénélope : Je te remercie.
Hyacinthe : C’était vraiment un très beau mariage.
Colin : Merci, Hyacinthe.
Hyacinthe : Et Pénélope est ravissante. Pourquoi es-tu aussi distrait ?
Lady Danbury : Alors ça …
Violet : Ce petit déjeuner est grandiose.
Lady Danbury : Marcus est arrivé avec moi, mais avons très vite été séparés par la quantité invraisemblable d’invités.
Violet : Vous sentez-vous de meilleure humeur ?
Lady Danbury : Oui. Faire la paix est un soulagement. Vous devriez peut être essayer.
Violet : C’est mon intention.
Benedict : Tout va bien ? Je t’ai vue pleurer à la cérémonie.
Éloïse : Le simple chagrin de perdre une autre amie qui se marie. Ou une petite poussière dans l’œil.
Benedict : Alors dis-moi lequel de tes frères et sœurs tu préfères ?
Éloïse : Grégory, de loin.
Benedict : C’est ton droit. Mais je sais qu’il y a assez de place dans ton cœur pour tous les autres. L’amour n’est pas limité, Eloïse. Ton amitié avec Pénélope est une vraie chance. Comme le lien que tu as avec Colin.
Éloïse : Qu’est-ce qu’il y a comme poussière, ici aussi. Excuse-moi. Je vais aller chercher du champagne.
Maison Cowper.
Femme de chambre : Votre thé, mademoiselle.
Cressida : Il faut que vous m’aidiez.
Réception chez les Featherington.
Lady Barragan : Nous espérons de tout cœur vous y voir.
Alice : Nous ferons tout pour être présents.
Mondrich : Oui, oui, bien sûr. Profitez bien de la fête.
Anthony : Une dernière lettre d’Edwina ?
Kate : J’en ai trouvé une à notre retour. Elle me dit que son nouveau mari est un grand lecteur, mais a aussi su l’initier aux activités de plein air.
Anthony : Votre sœur ?
Kate : Difficile à croire, je sais. Elle a même fait du cheval avec lui. J’avoue que je suis jalouse. Vous ne sauriez imaginer tout le charme de notre ville en Inde. Il y a bien longtemps que je n’y ai monté à cheval.
Anthony : J’adorerais voir ça. Le plus tôt sera le mieux, d’ailleurs. Avant la naissance du bébé.
Kate : Maintenant ? J’ai très envie d’y aller avec vous un jour, mais le voyage prend des mois.
Anthony : Donc, si nous partons maintenant, nous aurons le temps de nous préparer sur place pour la naissance. Écoutez, je sais combien vous aimez notre vie ici. Vous êtes maintenant un membre à part entière de notre grande famille. Mais je ne peux m’empêcher de penser qu’il manque quelque chose.
Kate : Qu’en pensera votre mère ? Elle ne sera pas présente pour la naissance de l’enfant.
Anthony : De notre enfant. Lequel sera forcément un Bridgerton. Mais j’aimerais qu’il sache aussi qu’il est un Sharma, qu’il connaisse son histoire. Et il est important pour moi de la connaître pour que nous puissions la partager avec notre enfant, tous les deux. Mère le comprendra. Et ensuite, nous reviendrons.
Kate : Ne me faites pas vous aimer encore plus. Je ne vais pas le supporter.
Pénélope : Merci. C’est gentil.
Portia : Pénélope, êtes-vous satisfaite ?
Pénélope : Très. Si ce n’est que cela fait vraiment beaucoup.
Portia : Vous savez, les mariages ne sont pas faits pour les mariés. Même quand tout va parfaitement bien dans le couple.
Pénélope : Merci. De m’avoir laissée régler ça par moi-même.
Portia : Ce mariage n’allait pas s’organiser tout seul. Je n’avais pas le temps de m’immiscer. Quel que soit le souci, je sais que vous allez le résoudre. Le plus important, c’est que vous soyez mariés.
Pénélope : Pourrions-nous …
Colin : Je …
Pénélope : Pourrions-nous nous divertir ? J’ai passé trop de temps adossée aux murs. Je n’ai … Je n’ai plus envie d’endurer cela.
Colin : Où proposez-vous d’aller ?
Pénélope : Pourquoi pas … au centre.
Colin : J’ai accueilli suffisamment d’invités pour toute une vie.
Pénélope : Nous pourrions peut-être danser.
Colin : C’est un petit déjeuner de mariage. Il fait encore grand jour.
Pénélope : J’en suis consciente. Mais j’aimerais danser avec mon cher mari à la lumière du jour. Si nous l’avons fait dans une église, on peut le faire ici, non ?
Colin : Fort bien.
Lord Stirling : Voulez-vous … danser ?
Francesca : Lord Kilmartin. Allons, vous plaisantez.
Lord Stirling : Pourquoi cela ?
Francesca : Je ne pense pas que vous soyez un grand danseur.
Lord Stirling : Peut-être pas mais peut-être devrions-nous montrer plus d’audace pour nous déclarer notre flamme.
Lord Anderson : Lady Bridgerton. Merci de votre invitation.
Violet : Lord Anderson, je suis heureuse que vous ayez pu vous joindre à nous. Et ce, avec votre sœur.
Lord Anderson : Oui. Toutes nos affaires sont en ordre. Et vous ?
Violet : Je suis persuadée que mes affaires sont en très bonne voie également.
Anthony : Il dépasse la mesure.
Kate : Je le trouve parfaitement dans la cadence.
Anthony : C’est d’un autre dont je parle.
Kate : Notre famille est comblée, on est tous réunis. Ne prenez pas cela pour acquis.
La Reine est annoncée.
Sa Majesté la Reine !
Charlotte : Lady Featherington.
Portia : Votre Majesté.
Charlotte : Tous ceux qui ne sont pas des Bridgerton peuvent sortir. Immédiatement !
Colin : Pénélope ! Vous êtes une Bridgerton dorénavant.
Charlotte : Quelqu’un dans cette pièce a quelque chose à cacher. Et je ne partirai pas avant que cette personne ne se soit manifestée. Plus vous attendez, plus vous renforcez mon irritation. Un pas en avant. Confessez-vous.
Francesca : C’est moi. J’ai bien un secret.
Charlotte : Vous ?
Francesca : Oui. Je suis fiancée à lord Kilmartin. J’ai été très honorée que Votre Majesté cherche à me trouver un mari, à tel point que je n’ai pas eu le cran de vous dire la vérité. Mais j’aime lord Kilmartin. Et j’ai prévu de l’épouser. Avec votre bénédiction, bien évidemment.
Charlotte : Ce n’est pas là un grand mystère, miss Francesca. Vos sentiments amoureux sont parfaitement évidents depuis un bon moment. Vous n’avez nul besoin de ma bénédiction. Mais ce n’est pas la raison de ma présence ici. Je veux parler de Whistledown. Je sais qu’elle est dans cette pièce. J’y étais presque l’an dernier. A deux doigts de la trouver. Et maintenant, au moment où cette demoiselle Cowper publie un tissu de mensonges sur votre famille, aussitôt, Whistledown court chez l’imprimeur. Il va de soi qu’elle soupçonnait ce que miss Cowper comptait publier. C’est ce qui l’a poussée à sortir enfin de son repaire. Et pourquoi ? A coup sûr, parce que c’est l’une d’entre vous.
Anthony : Votre Majesté. Je vous l’assure, si de tels agissements s’étaient produits sous mon toit, je l’aurais su et j’y aurais mis un terme très rapidement.
Charlotte : Fort bien. Tenez votre langue un jour de plus. Je vous la délierai bien assez vite.
Pénélope : J’ignorais si ça ferait du tort à votre famille si je parlais.
Colin : Vous avez bien fait de ne rien dire. Mais à l’évidence, cela vous indique la voie que vous devez suivre. Le temps est venu de poser la plume. Oui ou non ?
Pénélope : Colin, je …
Colin : Elle vous retrouvera, tôt ou tard. Tant que vous resterez Whistledown, ce mensonge planera sur nous tous à tout jamais.
Pénélope : Savez-vous ce que c’est que de n’avoir nulle part au monde où vraiment être soi-même ? Non. Vous ne pouvez pas le savoir, parce que vous n’êtes pas une femme. Vous avez le choix d’être le genre de personne que vous voulez. Les femmes n’ont qu’un seul choix, celui de cacher les parties d’elles-mêmes que le monde refuse d’accepter. Je suis Whistledown. Et je n’y changerai rien.
Colin : Hors de question que j’accepte cela.
Pénélope : Colin, c’est notre nuit de noces.
Colin : Je dormirai sur le sofa ce soir. Je vais chercher notre voiture.
Éloïse : Tout va s’arranger. Vous verrez.
Maison de lady Tilley.
Bénédict attend le retour de lady Tilley, sortie avec Paul Suarez.
Lady Tilley : Cela vous a plu ?
Paul : Oui, c’était un très beau spectacle. Mpnsieur Bridgerton !
Lady Tilley : Benedict.
Paul : Quel plaisir de vous revoir.
Benedict : Et de vous revoir tous les deux. J’ai bien réfléchi à votre offre.
Lady Tilley : Et ?
Benedict : Ma foi …
Bénédict embrasse lady Tilley puis Paul.
Cressida se fait déposer devant l’imprimerie W. Smith & Sons
Imprimeur : Bonsoir, madame. Vous êtes perdue ?
Cressida : Non, je suis venue pour mon paiement. Pour le Whistledown imprimé la semaine dernière. Celui qui vous a été déposé de chez les Cowper.
Imprimeur : On n’a imprimé aucun Whistledown la semaine dernière, ni les semaines d’avant.
Cressida : Merci. J’ai déjà essayé trois autres imprimeurs. Il ne peut pas y en avoir tellement plus.
Imprimeur : Whistledown, c’est pas vous ? J’ai toujours eu envie de la rencontrer. Mon patron, là où je travaillais avant, il imprimait pour elle. Mais il m’a dit qu’elle était rousse.
Cressida : Oh ? Que vous a-t-il dit d’autre ?
Rédigé par Mamynicky